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Ibid

252 BATAILLE DE SPIC'HEREN

Le conseil était bon sans doute ; mais mieux eût valu un ordre, que le maréchal était en droit de donner et qui eût eu pour résultat de grouper, sur une position meilleure et plus resserrée, les forces réunies des 2° et S" corps.

Sur ces entrefaites, à une heure 26 minutes, le général Frossard, voyant le danger grossir, expédiait à Saint- Avold un quatrième télégramme : « Je suis fortement engagé, tant sur la route et dans Je Lois que sur les hauteurs de Spicheren ; c'est une bataille. Prière de faire marcher rapidement votre division Montaudon vers' Grossbliedersdorff et votre brigade de dragons sur Forbach. » Satisfaire à cette demande n'était pas bien compromettant : aussi, à deux heures 30 minutes, le maréchal donne-t-il des ordres dans ce sens. Puis il ne bougea plus.

Il est surprenant, en vérité, que le maréchal n'ait pas compris que sa place était, non pas à Saint-Avold, mais à Spicheren, sur le champ de bataille, et le rapporteur du conseil de guerre lui a amèrement et justement reproché cette erreur. « Rien ne retient le maréchal à Saint-Avold, a-t-il dit; la voie ferrée peut le conduire en vingt minutes à Forbach. Où pourrait-il mieux se rendre compte que sur le champ de bataille des péripéties de la lutte et des dispositions à prendre? N'estil pas à craindre, en agissant autrement, qu'au lieu de diriger les événements, il ne soit emporté par eux? Pressé de questions, le maréchal se borne à répondre qu'il a jugé plus utile sa présence à Saint-Avold, centre de ses opérations\ »

Cependant les divisions Metman, Castagny et Montaudon ont reçu leur ordre de mouvement. Voyons de quelle manière elles l'ont exécuté.

V La division Montaudon. — Vers une heure de l'après-midi, le général Montaudon avait reçu, à Sarreguemines, un télégramme du major général, daté de Metz, l'avisant que le général Frossard était aux prises avec l'ennemi et qu'il devait luimême s'attendre à être attaqué à son tour. Le commandant de la i'° division fit aussitôt lever le camp, porta ses troupes sur une position au nord de la ville, entre la Sarre et la Blies, et partit de sa personne en reconnaissance. Sur ces entrefaites, arrivait, à deux heures 40, l'ordre du maréchal de se porter sur Grossbliedersdorff; on courut après le général, et on ne le rejoignit qu'à trois heures et demie seulement'. Aussitôt les troupes furent ramenées en ville, traversèrent la Sarre, et se mirent en route; mais ces divers mouvements avaient demandé une heure et demie, et il était cinq heures du soir quand la tête de colonne put déboucher de Sarreguemines; elle avait 14 kilomètres à parcourir pour rejoindre le 2" corps. Pensant alors qu'il valait mieux prendre le chemin de traverse, le général Montaudon, au lieu de marcher sur Grossbliedersdorff, coupa à gauche et se dirigea sur Ruhling. La nuit le surprit comme il venait de dépasser ce village, et il dut s'arrêter, n'ayant parcouru que 4 liilonti'lrcs on trois Jjeuresf

2" Division Castagny. — Le général Castagny avait été, dès le 1 ai)i'il, mis à la

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