Procès Basaine. Audience du 7 octobre 1873. — Rapport
2. Encore un résultat déplorable de ce dualisme dans le l'uin mandement, qui s'exeivait l'k ia fois de Saint-Avold et de Metz.
disposition du général Frossard par le maréchal Bazaine. Comme, le 6, il entendait distinctement le bruit de la canonnade de Spiclieren, point dont il n'était éloigné que de 19 kilomètres, et qu'il ne recevait aucun ordre, il prit sur lui, vers midi, de faire marcher sa division de Putlelange dans la direction du champ de bataille. 11 avait déjà atteint le village de Guebenhausen, quand il fut rejoint, à une heure, par le capitaine de Locmaria, qui lui apportait l'ordre du maréchal prescrivant do se porter à Farchswiller et Theding. 11 continua donc sa roule. Mais, ayant envoyé en éclaireurs son aide de camp avec deux escadrons, il fut bientôt prévenu que le bruit du canon avait cessé de se faire entendre. Sans chercher à se renseigner davantage, il fit rebrousser chemin à ses troupes et reprit la ruulo de Puttelange'. Cependant, comme vers six heures et demie il allait atteindre ce bourg, le bruit d'une forte canonnade frappa de nouveau son oreille; pour la seconde fois, il lit demi-tour, et reprit la route de Forbach. Peu d'instants après, il rencontrait un officier de l'état-major du maréchal qui lui communiquait l'ordre de se porter au secours du général Frossard. Il était troj) lard, car, à la nuit close, la division Castagny n'avait pu atteindre que le village de Folkling, à S kilomètres du champ de bataille, et à 6 kilomètres de Forbach. D'ailleurs on apprenait là la défaite du 2° corps ainsi que sa retraite sur Sarreguemines, et la division Castagny n'avait plus qu'à regagner son i)oint de départ. Elle y arriva le 7, à l'aube, après avoir marché toute la nuit.
il" Division Metman. — Celte division était partie dès midi et demi, de Marienthal, pour surveiller entre Bening et Merlebach les débouchés de la Bosselle. Marchant avec une inconcevable lenteur, elle ne put atteindre ce dernier village qu'à trois heures, et encore avec sa première brigade, l'autre ayant été maintenue à Macheren par le maréchal. Puis, là, elle attendit jusqu'à sept heures et demie du soir, heure où lui parvint une dépêche du général Frossard qui demandait du secours. Le général Metman partit aussitôt et arriva à Forbach à neuf heures. Mais le "2° corps était déjà en pleine retraite et la ville se défendait seule, ainsi que nous l'avons raconté plus haut. Le général Metman craignit iirohablement d'engager ses troupes fatiguées à cette heure lardive et dans l'obscuiité, cl il les mit eu idule vers Puttelange, qu'il atteignit le 7 au malin.
4° Brigade de Juniac. — Besle la brigade de dragons de Juniac, que le maréchal Bazaine avait fait partir de Saint-Avold à onze heures et demie. Arrivée à Forbach vers deux heures, elle se mit à la disiiosiliou du commandant du -2'' corps, qui, ne sachant où l'utiliser, crut devoir la renvoyer à Bening, (pi'ellc (piilta à deux heures du matin ■.
Considérations générales. — Ainsi donc, trois divisions d'infanterie et une brigade de cavalerie avaient été mises en mouvement ; mais, par suite de l'absence
1. Procès Bazaine. Déposition du général do Castagny. Audience du 27 octolire 1873.