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Général Deligny, Armée de Mets (1870), page

seconde les intentions de celui-ci. De là résulte la nécessité d'une entente complète et incessante entre le commandement et le chef d'état-major '. » Jamais un seul instant cette entente n'exista entre Bazaine et le général Jarras. Bien au contraire, le maréchal affecta constamment vis-à-vis de son chef d'état-major une défiance telle que celui-ci fut parfois le dernier informé des projets d'opérations. — « J'espérais, a écrit le général, que le maréchal Bazaine, qui jusqu'alors m'avait témoigné de la bienveillance, faciliterait ma tâche : ce fut là mon erreur. En effet, dès le commencement, le maréchal m'a systématiquement tenu à l'écart, sans me faire part de ses projets, si ce n'est au moment où il me donnait ses instructions pour transmettre ses ordres à l'armée, de telle sorte que je n'avais pas le temps de les étudier et de proposer ensuite les mesures de détail qui pouvaient me paraître nécessaires ou utiles-. » Dans de telles conditions, le service ne pouvait évidemment pas fonctionner...

EscarnioucJios aux avant-postes. — Cependant, bien qu'ayant abdiqué le commandement suprême, l'Empereur voulut user encore une fois des droits de sa couronne pour faire achever le mouvement qu'il avait commencé vers Châlons. Il pressa donc le maréchal de franchir la Moselle et lui écrivit, le l'2: « Plus je pense à la position qu'occupe l'armée et plus je la trouve critique; car, si une partie était enfoncée et qu'on se retirât en désordre, les forts n'empêcheraient pas la plus épouvantable confusion. Voyez ce qu'il y a à faire, et, si nous ne sommes pas attaqués demain, prenez une résolution. » C'est que les forces ennemies commençaient à nous serrer de près, et l'aventure arrivée au 6° corps montrait que le flanc droit de l'armée du Rhin était déjà, à cette date, singulièrement menacé.

On sait, en effet, que ce corps d'armée avait reçu, le 10|aoùt, l'ordre de se porter sur Metz. Il prit immédiatement le chemin de fer, et dès le 1-2, deux de ses divisions, la V et la tJ°, arrivèrent à Metz: l'une s'établit près de Monligny, entre Seille et Moselle, l'autre à la Grange Mercier et dans les forts de Saint-Quentin et de Plappeville. La "2° division quitta Cliàlons ce môme jour. Quant à la 4', qu'on avait jusque-là maintenue à Paris, elle arriva à Metz dans la nuit du 12 au 13 et s'établit près de Woippy. Son artillerie, formée au camp de Châlons, en partait le 12 pour la rejoindre à Metz. Mais ces transports ne s'étaient pas tous effectués sans encombre, et il s'en fallait que le 6° corps se trouvât au grand complet; il avait dû laisser en arrière, sans espoir de les retrouver, sa division de ca\alerit>, toute l'artillerie de réserve et celle des 2" et 4° divisions (moins une batterie), la réserve du génie, ses services administratifs, enfin trois régiments, !cs 14", :20° et 31°, de la 2° division. \'oici comment ce fâcheux événement s'éliiil prniliiil.

Déjà le 12 au matin, on arrivant à Dieulonard, les Iraiiis (pii ainciiaient la l" division (lurciiL s'arrêter parce ijne des ulilans slatinunaicnt sur l;i \nic et s'occu- ])aicnl à la délriiirc. Aussitôt qu(>l(jues hommes des 10" et iOD" de ligne (U'scen-

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