‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 118 sur 262 · Ihn · texte numérisé non relu

Ihn

Quant à la F" armée, elle ne bougea pas ; seule une reconnaissance de cavalerie s'avança jusqu'au confluent des deux Nied. La distance qui séparait ses corps, toujours groupés au nord de Saint-Avold, de l'extrême droite de la IP armée, à Faulquemont, dépassait 15 kilomètres, et l'on n'avait, pour boucher ce trou, qu'un se«/ régiment, les grenadiers du corps, laissé à Saint-Avold pour la garde du grandquartier général. Cette situation présentait un danger réel, en cas d'une attaque de l'armée française. D'autre part, les renseignements arrivés au grand quartier général faisaient connaître que nous avions pris position sur la Nied, française, pour y accepter la bataille. i\l. de Moltke jugea qu'il devenait urgent de concentrer ses troupes davantage, et lança, à sept heures du soir, l'ordre suivant :

« Il paraît assez probable qu'une notable partie de l'armée ennemie se trouve en avant de Metz, sur la rive gauche de la Nied française. Il devient donc nécessaire de concentrer davantage la F" et la IP armée, et S. M. le roi s ordonné ce qui suit :

« Cette concentration aura lieu sur le IIP corps, à Faulquemont. La I" armée portera demain, de lionne heure, deux corps sur la ligne Boulay-Morange, un corps vers Boucheporn.

« La II" armée dirigera le IX" corps sur Longeville, à I ouest de Saint-Avold: le ir corps fera avancer vers ce dernier point tout ce qu'il aura de disponible^ Le X° corps viendra derrière le IIP. La garde, le IV' et le XIP appuieront vers la gauche de la position indiquée ci-dessus, de façon à pouvoir la renforcer, ou à continuer dans la direction de A'ancy, suivant le cas. «

Journée du 12. — Le mouvement s'exécuta dans la matinée du 12. Mais, dès l'après-midi, M. de Moltke était avisé que non seulement il n'avait plus à craindre d'offensive de notre part, mais que nous avions abandonné la ligne de la Nied ; que nous nous concentrions sous Metz, à l'est de la ville ; que le pays, au-dessus de cette place et jusqu'à la Moselle, était au contraire complètement dégagé et que les principaux points de passage de la rivière n'étaient même pas gardés. Il n'hésita plus un instant à reprendre la marche en avant.

« Autant que b'S renseignements recueillis permettent d'en juger, télégraphia-t-il aux commandants en chef, la masse principale des forces ennemies se retire, par Metz, au delà de la Moselle. Sa Majesté ordonne ce qui suif :

« La P° armée se portera demain, IS août, sur la Nied française. Je gros sur la ligne les Étangs-Pange, et fora occuper la gare de Courcclles. La cavalerie poussera des reconnaissances et franchira la Moselle en aval. La P" armée couvrira ainsi la droite de la IP.

« La IP armée gagnera la ligne Buchy-C/iàteau-SaUns, placera ses avantpostes sur la Seille et cherchera à s'assurer, si cela est possible, des ponts de la

1. Le 11'= corps, laissé d'abord en Allemagne, venait seulement Je rejoindre la H'' armée; il avait commencé, le 9 août, à débarquer à Neiinkirclien.

Moselle à Font-à-Mousson, Dieulouard, Marbache, etc. La cavalerie fera des reconnaissances au delà de la Moselle.

« La Iir armer continuera son mouvement sur la ligne Nancy-Luncville. «

Ainsi, le mouvement enveloppant décidé le 8 août se dessinait maintenant d'une façon très nette. La T" armée, marchant sur nos traces, allait se déployer sur la Nied, tandis que la IP, gagnant la Moselle, tournerait notre aile droite. Cependant les marches de l'armée allemande ne s'exécutaient pas sans difficultés ni souffrances. « Diverses circonstances, dit à cet égard l'état-major prussien, avaient concouru à rendre la situation particulièrement pénible. Les routes étaient défoncées par des pluies persistantes ; cheminer latéralement était impossible. L'installation des hommes et des chevaux en avait été rendue si difficile qu'il devenait indispensable de bivouaquer fréquemment. La marche en pays montagneux n'était pas familière à des hommes originaires de la plaine ; on avait à supporter tantôt de grandes chaleurs, tantôt des pluies incessantes. Tout cela exerçait une action si fâcheuse sur l'état sanitaire des troupes, qu'une division, par exemple, qui n'avait pas encore vu le feu, comptait 582 malades \ »

Journée du 13. — Le roi était venu en personne ranimer l'ardeur un peu éteinte de ses soldats, et marchait à cheval, au milieu de ses colonnes, sur la route centrale de Faulquemont à Metz. C'est ainsi que s'opérèrent les mouvements du 13 ; ce soir-là, les différents corps allemands occupaient les positions suivantes, qu'il est utile d'indiquer pour expliquer l'engagement du lendemain.

r° Armée

I" corps, à Courcelles-Ghaussy.

VIP corps, à Pange ; la distance de ce point à Courcelles ne dépassait \ms 8 kilomètres.

VHP corps, formant la réserve générale, à Varize, à 5 kilomètres en arrière.

Les avant-postes s'étendaient de Sainte-Barbe jusqu'au delà de Laquenexy, par Retonfey et Ogy. La 3° division de cavalerie patrouillait au nord-est de Metz.

IP Armée

Deux corps, les IIP et IX°, cantonnés à Béchy et Herny, avaient pour mission de soutenir la P° armée, si elle était attaquée. Un autre, le X°, occupait Nomény sur la Seille, et Pont-à-Moussonsur la Moselle. Le IV° corps était à Chàteau-Salins, la garde entre le IV corps et le IX°, le XIP en réserve derrière celui-ci. Quant à la cavalerie (5° et 6° divisions), elle occupait la ligne Pontoy-Pont-à-Mousson, afin de « dérober la marche delà IP armée aux vues de Metz », et ses patrouilles s'avançaient jusqu'en vue même de la place.

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