La Guerre franeo-allemamle, page
A l'examiner dans son ensemble, ce dispositif était évidemment ingénieux. Il affectait cette forme en équerre, chère à M. de Moltke, gfâce à laquelle le flanc droit de la II" armée se trouvait théoriquement protégé par la l", et réciproquement. Si, en effet, l'armée française attaquait la IP armée, celle-ci faisait front par un àdroite, et la F" assaillait notre flanc gauche. Si, au contraire, nous nous portions contre le général de Steinmetz, alors la II" armée jetait sur notre flanc droit les IIP et IX^ corps. Enfin, si nous essayions de remonter la rive gauche de la Moselle pour nous porter contre le prince Frédéric-Charles et l'attendre au passage de la rivière, celui-ci pouvait, en cas de nécessité, se replier sur l'armée du Prince royal, « tandis que la P° armée, laissant des troupes en observation devant Metz, serait en position de franchir la Moselle au-dessus et dans le voisinage de la place, et de se porter sur les derrières de l'adversaire'. »
Tout cela était parfaitement exact, une fois le mouvement terminé. Mais, pendant son exécution, en était-il de même? L'état-major prussien, en justifiant dans une longue digression apologétique les mesures adoptées, a bien soin de passer sous silence les dangers auxquels l'armée de Steinmetz restait exposée durant la marche du 13, tandis que le prince Frédéric-Charles exécutait de son côté une longue marche de flanc. Ce danger n'était cependant point imaginaire, et M. le général Derrécagaix l'a fait ressortir d'une façon lumineuse : « Si l'armée de Metz, a-t-il écrit, avait attaqué la 1" armée, le \S, vers trois heures de l'après-midi, elle aurait trouvé les troupes prussiennes fatiguées par leur étape et encore en formation de marche. Le temps de se déployer, d'engager le combat et de le soutenir, leur eût bien demandé deux heures, avant qu'on put songer à prévenir les corps voisins.
« A quatre heures et demie ou cinq heures, les IIP et 1X° corps auraient été sur le point de linir leurs marches. Leius tètes de colonnes auraient eu à parcourir 18 et 22 liilomètres en plus, s il leur avait fallu atteindre la gauche du champ do bataille-. Elles auraient donc eu à franchir, avant la nuit, une dislance égale à l'étape de la journée.
(( Pouvaient-elles arriver à temps? Et n'y avait-il pas ce jour-là, pour l'armée française, une de ces occasions que les hommes de guerre expérimentés ne manquent jamais de saisir? Il est permis de le croire, surtout quand on songe qu'elle disposait alors d'un effectif de 176,000 hommes, et que la P° armée prussienne ne pouvait mettre en ligne plus de 90,000 hommes \ »
Mais notre cavalerie n'était ni assez entreprenante, ni assez habile pour fournir, par ses renseignements, des bases fermes aux décisions du commandemcnl. De tous ces mouvements, qui tendaient à nous tourner par la droite, tandis que nous serions maintenus de front, l'Empereur avait bien, comme on l'a vu, une intuition
t. La Guerre franco-allemande.
2. Do Bocliv, point d'arrivée du III" corps, à Panpo, oxtrc'iiic :;aui'li(' do la I''' année, il y a au moins trois heures ut demie de marche. Do Ilerjiy, où se serait trouve le IX.'' corps, à l'ange, il y on a [dus de quatre.