‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 120 sur 262 · La Guerre moderne, toim; II, page · texte numérisé non relu

La Guerre moderne, toim; II, page

vague, non une connaissance exacte. Aussi ne sut-il pas prendre un parti avec fermeté, et l'imposer au maréchal, qui faisait preuve d'une singulière indolence. Dès les premiers désastres, le commandement, démoralisé par les événements, se contenta de les subir; d'incertain et hésitant qu'il était au début, il devint passif, et ce fut là notre malheur. Car, les Allemands l'ont reconnu eux-mêmes, jusqu'au U4 août, nous n'avions aucun motif de désespérer du succès. « Obligé de franchir la Moselle sur des points très éloignés les uns des autres, ont-ils dit, l'ennemi pouvait commettre des fautes (e^ il en a commis), qui, habilement exploitées, auraient pu, pour un jour et sur un point, assurer la supériorité aux Français. Or, un succès remporté sur une partie de l'armée allemande contraignait l'autre à s'arrêter'. »

L'occasion se trouva donc perdue de ressaisir la victoire, et grand fut l'étonnement des Allemands quand ils s'aperçurent que non seulement l'armée française ne prenait pas l'offensive, mais encore ne bougeait pas de ses positions. Le généralmajor de Sperling, chef d'état-major de la V armée, ne pouvant s'expliquer une pareille inaction, voulut se rendre un compte plus exact de la situation et parcourut à cheval, le 13, la ligne des avant-postes prussiens, depuis Laquenexy jusqu'à Retonfey. Partout devant lui nos troupes demeuraient immobiles. Il s'empressa d'en aviser le chef d'état-majur général, à Herny, et celui-ci en éprouva une satisfaction dont la phrase suivante, de la Relation allemande, n'est que l'écho affaibli : « En différant leur passage sur la rive gauche de la Moselle, contrairement à ce que l'on avait supposé jusqu'alors, les Français abondaient dans le sens de l'étatmajor allemand, dont les plans devenaient ainsi d'une exécution ])lus facile. » Aussitôt M. de Moltke, qui savait libres d'autre part les ponts de la Moselle-, lança des ordres pour que la IP armée franchît la rivière dès le lendemain ; mais comme il pouvait s'attendre à une affaire entre les [troupes du général -de Steinmetz et les mJtres, qui restaient en présence les unes des autres, il s'arrangea de manière que l'aile droite de la 11° armée put," le cas échéant, voler au secours de la l'\ et prescrivit, en conséquence, le 13, à neuf heures du soir, les dispositions que voici :

Ordres pour le 14. — « lï après les nouvelles reçues jusqu'alors, de forts contingents ennemis étaient encore aujourd'lmi à Servigny et à Borny, en deçà de Metz. Sa Majesté ordonne ce qui suit :

« La P" année demeurera demain, 14 août, dans ses positions sur la Nied ; des avant-gardes seront cliargées d'observer si F ennemi se replie ou s'il se porte offensivement en avant. En prévision de cette dernière éventualité, il est essentiel que demain les IIP et IX° corps, de la IP armée, s arrêtent respectivement à

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