La Guerre franco-allemande, page
2. Le général Decaen avait été, le 12 août, iiominô an conimaiideiiK'iit du 3'' cor]is, vacant par suite (le l'cli^vation du maréchal au commandement suprême, et remplacé à la tête de lu 4° division par lo général Aymard.
initiative et de son seul instinct de soldat, allait à rencontre de ses projets ultérieurs, et son intervention se borna à l'ordre donné au général Decaen « de prendre ses dispositions de combat pour repousser victorieusement l'attaque' .»
Arrivée du I" corps. — Cependant le général de Manteuffel , répondant à l'appel du général von der Goltz, expédiait en hâte sur le champ de bataille les troupes de son corps d'armée-. Une batterie légère, prenant les devants, vint, un peu après cinq heures, s'établir au sud-ouest de Montoy ; presque en même temps, deux autres batteries prenaient position à l'ouest de la Brasserie de Noissevillc, à cheval sur la route de Sarrebruck, tandis que des masses d'infanterie apparaissaient sur les crêtes qui dominent Montoy. Aussitôt le 11° bataillon de chasseurs et le 44° de ligne dirigèrent sur les arrivants un feu meurtrier qui les contint sur la rive droite du ravin de Lauvallier. La 3° brigade prussienne, qui, au fur et à mesure de l'arrivée de ses divers éléments, les avait déployés à droite de la 26° brigade, sur le double éperon compris à hauteur de Montoy entre les deux routes de Sarrelouis et de Sarrebruck, essaya vainement à plusieurs reprises de gravir les pentes ouest du ravin, afin de nous chasser de la crête que nous occupions.
Tous ses efforts échouèrent devant la solidité de nos soldats et les effets terribles du fusil Ghassepot. Malheureusement , nous subissions dans le même temps des pertes regrettables. Le colonel Fournier, du 44°, un brave et vigoureux soldat, dont le courage était presque légendaire, tombait mortellement frappé, après avoir eu son cheval blessé sous lui. Le général Duplessis, atteint d'une balle qui lui brisait le bras, était obligé de quitter le champ de bataille et de remettre le commandement de sa brigade au colonel de Courcy. Enfin, le général Decaen, placé depuis deux jours à peine à la tète du 3° corps, recevait une blessure grave, aux suites de laquelle il ne devait pas tarder à succomber^ Le maréchal lui-même, que sa bravoure calme d'autrefois n'avait pas abandonné, formant avec l'inertie de son commandement un singulier contraste, le maréchal fut atteint peu après, en parcourant la ligne de feu, d'un éclat d'obus au-dessus du sein gauche, qui déchira une de ses épaulettes et le contusionna assez fortement'.