La Guerre franco-allemande, page
.3. I. fêtais sur le champ de bataille, a dit au conseil de guerre deTrianon le général de Caslagny, et je remarquai que le maréchal était un peu irascible. Il me dit : « C'est insensé défaire un feu •i comme cela ! Vous n'y songez pas! Brûler autant de cartouches! •• Ce fait tendrait à prouver que le maréchal n'avait pas accei)té volontiers la bataille, et désirait (|u'elle ne jirit que le moins d'importance possildc, i)our no pas contrarier la retraite sur Verdun. Mais alors, pourquoi n'a-t-il pas, au début, empêché qu'elle prit ce développement excessif? Tant de contradictions sont véritablement étranges. 11 semble que jusqu'ici le maréchal, apathique et inerte, ait été la proie des événements. Bientôt, débordé par eux, il cherchera à les maîtriser; mais, trop médiocre capitaine pour subjuguer la victoire, il trébuchera alors dans ces compromissions équivoques où ont sombré à la fois et la fortune de la France et son propre honneur !
Combattants
du 13' de ligne, elle petit bois qui est situé au nord-est de ce village par le 5' bataillon de chasseurs (commandant Carré); entre ces deux points se tenait le 3'' bataillon du 13°, le 2° restant en réserve au nord, contre le bois. Le 43" de ligne (colonel de Viville) était massé à gauche du 13°, le couvrant de ce côté. Enfin, l'artillerie de la division (commandant de Larminat) s'était mise en batterie entre « les deux régiments, sa droite à l'angle nord-est du bois. Quant à la 2° brigade Jj (général Fradier), elle formait une seconde ligne, débordant fortement la gauche de la première.
Ces troupes avaient devant elles l'avant-garde de la 2' division prussienne qui, nous l'avons vu, arrivait par Noisseville et Nouilly. Elles étaient à peine postées que des groupes ennemis, se glissant à couvert par des ravins, débouchèrent sur le plateau de Mey et marchèrent contre elles ; une fusillade nourrie éclata aussitôt, et les tirailleurs prussiens durent reculer en désordre à travers les vignes qui couvraient les pentes des coteaux. Mais bientôt des renforts leur arrivèrent et ils revinrent à la charge sous la protection d'une puissante artillerie qui s'étalait maintenant jusqu'au village de Servigny ; cinq compagnies du 44''prussien, sur lesquelles nos pièces et nos mitrailleuses, toutes occupées à contre-battre les batteries allemandes, ne pouvaient pas tirer, se glissèrent dans le ravin, débordèrent Nouilly et vinrent se déployer face aux défenseurs du bois de Mey, sans réussir à les déloger. Le combat sur ce point prit très rapidement une extrême violence, mais se continua cependant jusque vers sept heures sans amener de résultats immédiats.
Ari-ivée de la 25" brigade. — Sur ces entrefaites, d'autres éléments du VIP corps avaient fait leur apparition sur le champ de bataille. Informé vers quatre heures un quart que la brigade de Goltz était déjà sérieusement engagée, le général de Zastrow, bien qu'il « regardât comme peu conforme à l'esprit des dispositions du commandant en chef de la P armée d'entreprendre une attaque sérieuse dans la direction de Metz^ », n'avait pas hésité à envoyer aussitôt vers le théâtre de l'action la 14° division, avec toute l'artillerie de corps, et s'était dirigé lui-même vers Colombey. Arrivé là, il se rendit immédiatement compte de la gravité de l'affaire, et, prenant le commandement de l'aile gauche, il lança sur le ruisseau de Colombey la 25° brigade, qui avait suivi d'elle-même la 26° (celle du général de Goltz). Puis il fit prévenir la 14° division, encore en arrière, que sa 28° brigade devait appuyer l'aile gauche du général de Goltz, tandis que la 27° resterait à sa disposition,- en réserve générale.
Il était un peu plus de cinq heures et demie. La 25° brigade, conduite par son chef, le général de Osten-Sacken, s'engagea dans le ravin de Coincy et gravit les hauteurs de gauche du ruisseau de Colombey. Là, elle se trouva face à face avec la lirigade Nayral qui venait de se déployer à son tour, phujant deux bataillons du 41" dans le chemin creux bordé de peupliers qui joint Colombey à la ferme de Bellccroix, le 3° en réserve derrière, et le li)° de ligne à droite, couronnant la crête dans la direction de la ( li'aiige-aux-Bois. Une « action furieuse - » s'engagea aussitôt, dans la([uclle