Ibid., i)a-o
le bataillon prussien qui formait la tète de la colonne d'attaque perdit en un instant son chef et ses quatre commandants de compagnie. En vain ce bataillon est-il soutenu par de nouvelles troupes, qui gravissent les pentes derrière lui ; nos fantassins tiennent bon, malgré des pertes énormes, et contiennent le flot des assaillants. Malheureusement, peu après six heures, le 19" de ligne, qui n'a plus de cartouches, est obligé de se replier sur Borny. Il est immédiatement remplacé par le ~[\ de la brigade Arnaudeau, jusqu'alors tenu en réserve. Mais les Allemands, qui ont vu le mouvement, profitent immédiatement du léger désordre qui en est la conséquence inévitable et se précipitent sur le petit bois de sajiins qui borde le chemin vers son milieu; ce bois était depuis le commencement de la balaiUe défendu avec un admirable courage par le 15° bataillon de chasseurs, et tous les efforts de la lu-igade de Goltz étaient venus s'y briser. Se voyant assailli à la fois de front et de flanc, le 15" bataillon recule et laisse les fantassins du général Osten- Sacken prendre pied dans le taillis. Mais ce succès est de courte durée; nos chasseurs reviennent bien vite à la charge; les 4U' et 71° criblent le bois de projectiles, si bien que, « battues de trois côtés par le feu de l'ennemi, les compagnies qui l'occupent sont refoulées avec de grandes pertes, et viennent se heurter, dans leur retraite précipitée, au 2° bataillon du 73" qui les suivait et dont elles arrêtent du même coup le mouvement' ».
Le général de Osten-Sacken rallie ses troupes dans le ravin, puis, avant reçu de nouveaux renforts, les ramène sur le petit bois. Celte fois, attaqué par près de 6,000 hommes, le bataillon de. chasseurs se voit menacé d'un enveloppement complet. Il a perdu presque le tiers de son effectif; la majorité de ses officiers est hors de combat. Toute résistance devient impossible ; le bois et le chemin creux sont occupés par l'ennemi, (|ui s'empresse de les garnir dans la crainte d'un retour offensif, et leurs défenseurs se replient sur la réserve de la brigade Navrai, (|iii les recueille un peu en avant de la ferme de Sébastopol. C<ette chaude aclion, pendant laquelle a coulé tant de sang, n'a pas duré [An^ d'une heure, de cinq heures trois quarts à six heures trois quarts.
Recul des troupes du 3° corps. — (l'est alors que le maréchal Bazaiue, effravé des ravages que produisait dans nos rangs le tir de l'infanterie prussienne embusquée dans le bois el sous les couverts-, eut la malencontreuse idée de reporter ses troupes en arrière. Il espérait probablement ainsi obliger l'ennemi à sortir des fourrés, pour nous poursuivre, et s'avancer à découvert; il ne réussit qu'à produire un désordre qui faillit nous devenir fatal, liien n'est plus dangereux, en effet, (pu; de faire opérer à des troupes engagées un mouvement de recul, à moins qu'elles no soient soutenues en arrière par des forces déjà en position, qu'elles démasquent en se retirant; l'effet moral produit par les manœuvres de ce genre est touj(.)urs funeste, et quels que soient les avantages tactiques qu'on compte en retirer, ils ne conqieu-