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La ( i nerre Jraitco-alleinande, page

réussir; la division Grenier tout entière dut reculer jusqu'au village', et bien qu'elle dirigeât de là une violente fusillade sur les assaillants, elle ne put les empêcher de pénétrer dans le vide qui existait entre elle et le S° corps.

La situation devenait inquiétante; toute l'artillerie du I" corps prussien, en position entre Poixe et la route de Sarrebruck, tonnait maintenant de ses 50 bouches à feu contre les abords de Mey, où la terre était littéralement labourée par les projectiles; des fourrés situés en avant partait une fusillade continue, qui nous faisait subir de lourdes pertes, et des masses nouvelles, se glissant à l'abri des longs ravins, menaçaient de couper en deux notre ligne. Le général de Ladmirault sentit que le moment était venu de tenter un suprême effort: dirigeant directement sur Mey la division de Cissey, qui débouchait par le fort Saint-Julien et le château de Grimont, il envoie la tête de la division Lorencez sur la route des Étangs vers Villers-l'Orme menacer la droite ennemie. De son coté, le général Grenier rassemble entre le bois et le village de Mey tout ce qu'il a de disponible. Le colonel Lion, du 13° de ligne, son drapeau à la main, groupe autour de lui, à la faveur d'une haie élevée, un bataillon formé d'éléments réunis au hasard, et fait ouvrir le feu à volonté contre le bois. Le 20° bataillon de chasseurs s'élance hors du village et menace le flanc sud de celui-ci, que les 1" et 6° de ligne de la division de Cissey attaquent par le nord. Enfin le général Grenier fait sonner la charge; tout ce monde se rue sur le petit bois, en chasse l'ennemi, et le refoule en désordre, dans une nuit noire, sur les vignes et le ravin de Nouilly. Des fractions des l'" et 2° divisions prussiennes qui, à la faveur du succès passager de l'aile droite, s'étaient avancées jusqu'au moulin delà Tour, furent entraînées dans cette débâcle, et il fallut que le lieutenant-général de Bentheim se jetât au-(le\ant des fuyards pour les arrêter', Il était huit heures du soir.

Cependant le mouvement de la division Lorencez sur la route de Bouzonville inquiétait les Allemands; on dirigea contre celle-ci le tir des pièces postées entre Servigny et Poixe, et, l'obscurité aidant, on parvint à l'arrêter; en même temps, le général de Bentheim réunissait en deux grosses masses ce qu'il avait pu contenir des fuyards, se mettait à leur tête, l'épée en main, et, remontant les pentes du ravin de Lauvallier, se portait en face des troupes du 4° corps que la nuit avait déjà empêchées d'ailleurs de pousser plus avant. Les deux adversaires restèrent donc en présence, et le feu s'éteignit peu à i)eu. Cependant, vers neuf heures et demie, l'arrivée sur le chanq) de bataille des diverses fractions du l" corps qui n'avaient pas encore pris part à la lutte, sembla devoir ranimer l'action. Le général de Ladmirault, inquiété par des coups de fusil (|ui pailaient des vignes de Servigny et des terrains découverts au nord de Nouilly, lit exécuter par la division de Cissey, dans cette dernière direction, une vigoureuse charge à la baïonnetlt; qui refoula déliniti-

1. I,n relation du grand ùtat-iuajor aUoiiiaiid (pa^'e '1«1) |irotond ijuc les troupes prussiennes se Sont emparées du village de Mey « au milieu de l'oljscurite devenue complète». C'est une erreur absolue; le bois de Mey a été perdu quelque temps par nous, mais lo village n'a jamais cessé de nous appartenir.

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