La Guerre /ranco-aUemande, page
vement les Prussiens. Il ne s'arrêta même que sur un ordre du maréchal, qui lui prescrivait de franchir la Moselle sans délai'.
Ainsi, de ce côté, nous restions incontestablement maîtres du champ de bataille; au centre, nous tenions toujours la croisée des deux routes et la ferme de Bellecroix; voyons maintenant ce qui s'était passé à droite.
ArrJvée de la 28° brigade et de la d8° division. — Là, vers sept heures et demie, des forces assez considérables, appartenant à la 28° brigade allemande, et venues par la route d'Ars-Laquenexy à Grigy, s'étaient déployées au sud de la Grange-aux-Bois ; notre flanc droit, tout à fait découvert, était ainsi menacé d'autant plus sérieusement que, quelque temps après, d'autres troupes ennemies apparurent vers Mercv-le-Haut, sur les crêtes évacuées le matin même par le 2° corps. C'était l'avant-garde de la l'" division de cavalerie, qui arrivait de Mécleuves, où son chef, le général de Hartman, l'avait concentrée aux premiers bruits du canon, et celle de la 18° division (du IX° corps), qui était partie de Buchy à cinq heures, après avoir marché toute la journée. Ces forces trouvèrent heureusement devant elles la division Montaudon, qui s'était déployée derrière le bois de Borny, et la l"" brigade de voltigeurs de la garde (général Brincourt), que le maréchal avait envoyé chercher et qui avait pris position à la droite de la division Montaudon, entre celle-ci et le fort Queuleu. Elles purent cependant occuper Grigy et la Grange-aux-Bois, et établirent des batteries sur la hauteur de Mercy ; mais le fort de Queuleu éteignit bien vite celles-ci avec de grosses pièces et les obligea à se retirer. Ce fut d'ailleurs là la seule part que les forts de la rive droite aient prise à l'action qui s'était déroulée sous le feu de leurs canons -.
Fin de la bataille. — La nuit était complètement tombée. Sur toute l'étendue du champ de bataille, le feu cessait insensiblement, et les troupes des deux armées, paralysées par l'obscurité, s'arrêtaient sur l'emplacement même où elles se trouvaient ^ Bientôt le silence ne fut plus troublé que par les hourras des Allemands auxquels leurs chefs voulaient absolument inculquer l'idée de la victoire, et les fanfares des musiques militaires, qui jouaient l'hymne Heil div in Siegerki-anz* .' Aussitôt le maréchal Bazaine donna à toutes ses troupes « l'ordre de reprendre leur marche sur Metz et de franchir la Moselle, en occupant, par échelons, les dernières crêtes qui protègent les deux routes de Sarrebourg et de Sarrelouis. Le mouvement s'effectua sans que l'ennemi songeât à l'inquiéter \ » Mais cependant il ne put commencer immédiatement, par suite de la nécessité où l'on était, dans les corps qui avaient combattu, de remettre de l'ordre dans les unités, de s'occuper des blessés et de remplacer les munitions consommées. Jusque vers tloux heures du