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Combattants
distance, ne se trouvait plus en sécurité, et bien que le fort Saint-Quentin ait rapidement, avec quelques coups de canons de gros calibre, obligé cette batterie à la retraite, on jugea prudent de faire partir pour Gravelotte l'Empereur et son fils. Us y arrivèrent dans la matinée, et, vers une heure de l'après-midi, le maréchal Bazaine vint les y rejoindre à son tour. « Je trouvai l'Empereur se promenant dans son quartier, a-t-il écrit ; je lui souhaitai sa fête en lui offrant un petit bouquet cueilli dans le jardin de mon logement. Après m'avoir remercié, l'Empereur me demanda à haute voix : « Faut-il partir? » Surpris d'une telle question, je répondis que je ne savais rien de ce qui se passait devant nous, et j'engageai Sa Majesté à attendre. Cette réponse i)ariit lui plaire, et se tournant vers les officiers de sa maison, il leur dit, de façon à être entendu de tous : « Messieurs, nous restons, mais que les bagages restent chargés ! » — Les troupes, tristes et abattues, continuaient ;'i drUlcr sur la rouie devant l'auberge; pas une acclamalinn, pas un vivat ne fut prul'éré à la vue du souverain et de son fils \ «
Ainsi, le 15 à midi, le maréchal, de son propre aveu, ignorait ce qui se passait devant lui, et hésitait encore, malgré que tout fût bien convenu entre lui et l'Empereur, sur le parti qu'il prendrait. En tout cas, comme l'a dit le général de Rivières, il avait évidemment la pensée de ne pas poursuivre immédiatement sa marche sur Verdun, et ses conversations avec l'intendant Wolf et le commandant Sers ne laissent pas de doute à cet égard''. Alors, pourquoi gardait-il le silence vis-à-vis de ses troupes^ et vis-à-vis de l'Empereur! Pourquoi n'avouait-il pas franchement, comme il l'a fait plus tard, son désir de « rester prêt à donner la main à Metz ^ », si ce n'est pour ne pas fournir à Napoléon III un prétexte de demeurer à l'armée? Nous verrons tout à l'heure combien le projet de ne pas s'éloigner de Metz était ancré dans sa pensée, puisqu'il n'attendit que le départ définilif du souverain pour le mettre à exécution.
B. MouvENHiXTs DE LA IP ARMEE ALLEMANDE. — Rcvenous maintenant un peu en arrière, et examinons par quelle série de mouvements l'armée du prince Frédéric- Charles atteignit les positions sur lesquelles nous allons le trouver le 16 au matin. De la r° armée, il n'y a en effet point à parler, puisqu'elle conserva ses emplacements précédents, et se borna à quelques déplacements de détail, qui amenèrent le 15 au soir la ligne de ses avant-postes sur un arc de cercle partant de Malroy, sur la Moselle, ])our aboutir à Jury, eu passant par Sor\-igny et Marsilly.
Dès le li, le rominaiidaul ilc la IT' armée, arrivé de Pont-à-Mousson, s'était mis en devoir de lancer le plus li'il i)ossible ses troupes au delà de la Moselle;
1. Ex-maréchal Bvz.vine, ÉpiaodeH de la (juc.rre de 1>^~J) et le blocus de Meli, Mailri.l, Gaspard, 1883, page 72.
2. A l'intendant Wolf, qui lui demandait quelle direction prendi'ait l'armée, il répondait: .■ Je n'en sai.s rien ; si j'avais tout mon monde réuni, je serais disposé à me jeter sur l'ennemi pour le refoulei' vers Pont-à-Mousson. ■• Au commandant Sers, il se plaignait des embarras que causait l'indécision do riMuperour et exiirijnaii son mécontentement d'être obligé de passer la Meuse, ajoutant que s'il était libre, il ne la passerait pas. (Procès Bazaine, audience du 24 octobre 1873.)