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1. Général de Konn. — 2. Cùncnd de Werder. — 'à. Général de iManteuHel i. (jénéral de Blunientlial.

COMUATTAN-ÏS.

clans l'après-midi, dès que je saurai que les 3° et 4' corps sont arrivés à notre hauteur en totalité. Des ordres, du reste, seront donnés ultérieurement. »

Pour expliquer ces contradictions fatales, le maréchal Bazaine a prétendu qu'elles lui avaient été dictées par une observation du maréchal Le Bœuf, lequel jugeait préférable d'attendre l'ennemi sur place, jusqu'à ce que les troupes en arrière aient rejoint, plutôt que d'aller à lui. Cette excuse ne peut être acceptée, parce que d'abord un commandant en chef est maître et responsable de ses actes; parce qu'ensuite le maréchal Le Bœuf, tenu dans l'ignorance de la situation et n'en connaissant que le peu qu'en disait l'ordre du 15, croyait la route de Verdun déjà occupée par l'ennemi, tandis que Bazaine savait au contraire que cette route restait libre', et que le danger pour nous (il le disait lui-même) était du côté de Gorze, sur la gauche du 6"= et du 2° corps \ Cette situation lui imposait donc l'obligation de continuer sans retard une retraite déjà trop tardive, et d'éviter tout nouveau délai. Mais l'attraction que la place de Metz exerçait sur son faible caractère était si grande qu'il ne pouvait, en réalité, résister au désir de ne pas s'en éloigner. A l'abri de forts et de murailles, il se croyait probablement sauvé, maître de ses actions et libre d'agir à sa guise ; il pouvait dégager son sort de celui du souverain, dont le trône chancelant paraissait près de s'abattre, et attendre les événements, sans s'exposer aux difficultés d'une campagne dont la conduite dépassait de beaucoup ses moyens. Ces tristes calculs n'ont réussi qu'à le perdre, et nous avec. lui.

Début de Faction en avant de Rezonville. — Il était neuf heures et quart environ. Les hommes mangeaient leur soupe, et les cavaliers de la division de Forton, bien que placés en avant-garde de toute l'armée, conduisaient leurs chevaux à l'abreuvoir ', quand tout à coup une assez vive canonnade éclata sur les hauteurs situées au sud de Vionville, et une pluie d'obus s'abattit dans le camp de cette division. C'était la 5" division de cavalerie allemande, qui, s'étant avancée pour surveiller nos mouvements, avait- constaté notre quiétude et jugé à propos de la troubler. Quatre batteries, soutenues par quelques escadrons de hussards, avaient pu venir s'établir à l'est de Tronville, sans rencontrer une seule patrouille française, ouvrir le feu à 12 ou 1,300 mètres et porter le désordre dans le personnel de convoyeurs civils qui, suivant l'usage d'alors, conduisait les bagages de la division de Forton. Ces hommes, saisis de frayeur, se mirent à fuir dans une inexprimable cohue, laissant leurs voitures se débander au hasard, et coururent pêle-mêle jusqu'à Rezonville, derrière les bivouacs du 2' corps. A la faveur de cette surprise, les

1. Eli réalité, la r.mto de Mars-la-Tour était liion, depuis le 15 au soir, barrée par la '>" division do cavalerie allemande. Mais ce n'était certes pas là une force suffisante pour nous empêcher do passer.

2. Voir le rapport du général de Rivières (Procèn Bazaine). — « Nous pouvons affirmer que des émissaires français furent envoyés à Rezonville par le maire de .Gorze, dans la journée du 15, pour annoncer l'ocoupation de ce village. « (Colonel Canongk, loc. cit.] tome II, page 111.)

.'{. Les avant-postes de la division de Forton avaient été placés en deçà du bois do Tronville, k 50U mètres à peine des bivouacs, et dans une position d'où ils ne pouvaient rien voir.

batteries ennemies gagnèrent du terrain, se portèrent jusqu'à ^'ionvilIe, et de là tirèrent sur les camps même qu'occupaient vers Rezonville les 2° et G° corps.

Aussitôt ceux-ci coururent aux armes. Le général Frossard, plaçant ses troupes sur deux lignes, les conduisit, sous le feu, à leurs positions de comliat, et les forma ainsi qu'il suit : 1° Dans la division Bataille, la brigade Pouget s'étendait entre Vionville et Flavigny, tenant ces deux points par le 12° bataillon de chasseurs et le 'IS' de ligne, le 8° déployé en arrière ; la brigade Fauvart- Bastoul était en bataille à gauche de la brigade Pouget; — -2" dans la division Vergé, la brigade Letellier-Valazé prolongeait vers le bois de Vionville la ligne formée par la division Bataille; la brigade Jolivet et la brigade Lapasset formaient, à gauche de la ligne un crochet défensif sur la hauteur, cotée 311, face au bois de Vionville, la première à droite, la deuxième à gauche, celle-ci ayant en première ligne le 8i° et une batterie, en deuxième le 97° et le 3° lanciers. Toute l'artillerie divisionnaire se trouvait en avant de la ligne, devant ses troupes respectives ; l'artillerie de réserve avait pris position en arrière, à l'est de Flavigny, près de la route.

Le maréchal Canrobert avait en même temps disposé son corps d'armée à droite, mais un peu en arrière du 2' corps; la division Lafont de MUiers, formée sur deux lignes, entre la route et la voie romaine, avait à sa droite le 9° de ligne, seul régiment de la division Bisson ayant pu atteindre Metz. La division Tixier s'était portée à Saint-Marcel, pour former liaison avec le A" corps aussitôt qu'il arriverait. Entîn la division Levassor-Sorval formait réserve, au nord-est de Rezonville, et s'était déployée parallèlement à la route, pour surveiller notre gauche. Toute l'artillerie s'était mise en batterie, dans les lignes mêmes.

Enfin les deux divisions de cavalerie de Forton et de Valabrègue s'étaient réfugiées derrière le 6° corps, près de la route de Rezonville à Villers-aux-Rois, leur droite au Bois-Pierrot.

Le terrain sur lequel allait se dérouler cette lutte mémorable est circonscrit par la route de Gravelotte à Jarny, par une ligne brisée allant de Gravelotte à Mars-la- Tour à travers Gorze et Buxières, enfin par le cours du Fond de la Cuve, petit affluent de l'Orne. Incliné d'une façon générale de l'est à l'ouest, il est assez fortement mamelonné et coupé de ravins profonds, dont la partie inférieure, vers les pentes qui donnent accès de Gorze sur Rezonville et Gravelotte, est bordée de bois épais, ceux de Vaux, des Oignons, de Saint-Arnould, de Vionville et des Prêtres. La prudence eût conseillé d'exercer sur ces bois une surveillance rigoureuse, mais on n'en fit malheureusement rien. A partir des crêtes sud du plateau, le terrain est assez découvert, sillonné de chemins nombreux, et traversé, de l'ouest à l'est parallèlement à la grande route, par une ancienne voie romaine qui vient se perdre un peu à l'ouest de Gravelotte. Le fort de Saint-Quentin, par ses vues étendues, pouvait apportera la défense de nos positions l'appoint de sa grosse artillerie, et, en outre, l'offensive allemande devait, pour se produire, franchir au préalable des défilés encaissés. Elle eût donc été assez facile à contenir, pourvu toutefois qu'on fit occuper par des avant-lignes les crêtes sud des plateaux, afin d'avoir des vues dans les ravins boisés qui offraient aux Allemands les moyens de se dissimuler, entre Tron-

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ville et Gorze. L'attaque ne pouvait, en tous cas, se développer que successivement, et dans des conditions assez dangereuses. Tout concourait donc à favoriser nos efforts, le terrain, la supériorité numérique et les conditions d'impossibilité ou allait se trouver l'armée ennemie de se porter tout entière au secours de ceux de ses corps qui seraient engagés, ^'oyons quel parti le maréchal a su tirer de cette occasion inespérée de revanche, que la fortune venait si généreusement lui offrir.

Combat sur Je front du 2" corps. — Aussitôt déployé, le 2° corps avait ouvert une violente fusillade sur les cavaliers du général de Rheinbaben ; malgré le renfort qu'apportait à ceux-ci, dans le même moment, la 6^ division de cavalerie accompagnée de sa batterie à cheval, ils furent rapidement obligés de reculer jusqu'à la ferme de Saulcy, ayant leur artillerie presque désorganisée. Fort heureusement pour eux, les tètes de colonnes de la b° division d'infanterie, qui suivait la 6° division de cavalerie, ne tardèrent pas à déboucher du ravin de GorzeV

Croyant seulement avoir affaire à une arrière-garde, le général de Stiilpnagel dirigea sa division vers Flavigny et essaya de se déployer pour nous couper la route; mais la fusillade qui l'accueillit était si intense qu'il reconnut bien vite son erreur. Il lui fut impossible de prendre position et il dut sans tarder reculer vers la ferme d'Anconville. Son avant-garde, formée de troupes de la 9° brigade, réussit cependant à gagner les bois de Vionville et de Saint-Arnould, et, à la faveur des couverts, put soutenir le feu; en même temps l'autre brigade, la 10", s'établissait à Anconville et dans le bois des Prêtres, tandis que l'artillerie de la b" division venait se mettre en batterie à l'angle nord-ouest du bois de ^'ionville. Une lutte extrêmement violente s'engagea alors entre la division Vergé, soutenue par huit batteries (dont deux de la réserve et deux de mitrailleuses), et la division de Stûlpnagel, qui n'avait avec elle que cinq batteries (une batterie à cheval de la 6° division de cavalerie et son artillerie divisionnaire). Les Allemands subirent là des pertes considérables et restèrent, malgré tous leurs efforts, impuissants à déboucher; à leur droite, la brigade Lapasset leur opposait, de son côté, « une résistance acharnée^ «, et seule, la supériorité sinon numérique, du. moins matérielle, des batteries prussiennes leur ])crmetlait de se maintenir. Un bataillon du 48" voulut essayer de gagner notre liane droit ; il ne réussit qu'à se l'aire tourner lui-même, et éprouva des pertes telles qu'il dut reculer, complètement désorganisé, jusqu'au bois de Gaumont'. Un autre bataillon du même régiment se jeta alors au-devant de nos troupes lancées à la poursuite du premier ; il vit à cet instant tomber mort un officier supé-

1. On se rappelle que le III'' corps (général d'Alvenslebcn II) avait onlr.' de nuirclier sur Vionville pt Mars-la-Toui'. La .5'" division quitta Novéaiit à sept heures et demie ilu luaiiii et se dirigea sur Gorze. Lu Vf division, avec laquelle se trouvait le innnnandant du l'orps d'armée, partit d'Ai-naville à cinq heures et marcha sur Mars-la-Tour. pai' i Invil le et Huxiéres. Lili- n'atteignit le champ de haiaille qu'après la 5'-.

2. La Guerre francoal/pmanilc, page .">:J1. :i. Ihi,!.. page r,:J2.

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rieur' et eut tous ses officiers, y compris son chef, hors de combat; ses débris gagnèrent à grand'peine l'abri d'un petit vallon*.

Le général de Dœring, commandant la 9° brigade, s'était porté vers la gauche, pour reformer ses bataillons, et parer aux dangers de la situation; à peine était-il arrivé sur le mamelon situé au sud de Fiavigny, qu'il reçut une balle en pleine poitrine, et fut emporté expirant.

Le général de Schwerin, commandant la 10°, chercha alors à grouper autour de lui ce qu'il put; quelques renforts lui arrivèrent, grâce auxquels il s'établit sur le dos de terrain au sud de Fiavigny; il prit alors position, avec ce qu'il avait de troupes, à cheval sur le chemin de Buxières à ce dernier village. D'ailleurs, si les efforts de l'infanterie prussienne n'obtenaient pas des résultats bien s-ensibles, l'intervention de plus en plus efficace d'une artillerie qui grossissait d'instant en instant, causait dans nos rangs des ravages sanglants. Déjà les batteries de la 6" division et toute l'artillerie de corps, devançant la colonne de gauche du IIP corps, étaient venues se joindre à celles de la 5° et des deux divisions de cavalerie; une puissante ligne de bouches à feu couronnait ainsi, du bois de Tronville à celui de Vionville, la série des hauteurs, et, comme l'a dit la Relation allemande, frayait la voie à l'infanterie qui s'avançait aux deux ailes. Sous cette avalanche de projectiles, les soldats du 2° corps commençaient à perdre de leur force de résistance et à reculer insensiblement. Il élait plus de onze heures, et depuis neuf heures trois quarts ils soutenaient seuls la lutte, le 6° corps n'ayant pas encore terminé son déploiement; à la vérité, ils empêchaient encore l'ennemi de déboucher des bois de ^'ionville et de Saint-Arnould, et lui faisaient subir des pertes telles que presque tous ses officiers supérieurs étaient hors de combat ^ Mais, plus à l'ouest, les effets de l'artillerie allemande avaient été assez meurtriers pour provo([uer quelques flottements et rejeter dans Fiavigny les troupes déployées en avant du hameau. Bref, il était temps de secourir le 2° corps.

Dispositions prises par le maréchal Bazaine. — Mais le maréchal Bazaine ne paraissait pas se soucier de cette situation; uniquement préoccupe de proléger sa ligne de retraite sur Metz et de parer, le cas échéant, à une attaque sur sa gauclie, il massait de ce coté tout ce qu'il avait de forces disponibles. C'était d'abord la division Levassor-Sorval, maintenue, nous l'avons déjà dit, au nord de Bezonville; c'était ensuite la (iardo, ([ui occupait les ajioi'ds de (Iravcloltc, et que le maréchal disposait de la façon suivante :

Entre Gravelotte et le bois des Oignons, la division de gi'cnadiers.

1. Le 5« officier supérieur du régiment. Il n'a pas de commandement spécial, et reste à la di.<posilion dn colonel. Son titre officiel est « Etatsmâssige Stabso/JUier ».

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