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3. Ce détachement conipicnait deux bataillons, deux escadrons et une batterie.
BATAILLE DE REZONVILLE 319
ligne qui occupaient les villages, ainsi que le 8° de ligne, qui gardait l'intervalle entre les deux.
Le général de Bûddenbrock, aussitôt le déploiement de sa division à peu près terminé, lance la première ligne en avant: mais le feu dirigé sur celle-ci par la brigade Pouget est tellement violent que son offensive est arrêtée net. Il faut, avant de tenter une nouvelle attaque contre nos positions, les écraser à coups de canon; et c'est ce que font 20 batteries allemandes, sur lesquelles 17, soit 102 pièces, prennent pour objectif les deux villages': bientôt ceux-ci deviennent intenables ; les régiments de la brigade Pouget, cruellement éprouvés, diminuent progressivement l'intensité de leur feu; se glissant alors par les bois de Tronville et le ravin qui remonte vers \'ionville, quatre régiments ennemis abordent à la fois le village par le sud, l'ouest et le nord et forcent enfin les nôtres à l'évacuer, après avoir subi, eux aussi, des pertes énormes'.
Cependant la gauche de la 12' brigade, en arrivant au bois de Tronville, avait été accueillie par les feux nourris du 6° corps, qui maintenant était tout entier arrivé ^ Cette brigade formait une ligne très mince, et par suite très exposée à être culbutée au moindre mouvement offensif des troupes du maréchal Ganrobert. Heureusement pour elle, le général de Bûddenbrock s'aperçut aussitôt du danger qu'elle courait, et la fit soutenir par un bataillon, tandis qu'il transportait à Vionville toute son artillerie divisionnaire, jusque-là maintenue à l'aile droite. Mais il ne restait plus une seule réserve au IIP corps, déployé sur un front démesuré. Le général d'Alvensleben dut faire appel à la cavalerie ; et les deux divisions de cette arme qui se trouvaient sur le champ de bataille (5° et 6') se formèrent alors en deux groupes, qui vinrent respectivement se placer, en se défilant à l'abri des plis du terrain, derrière les 5° et 6° divisions d'infanterie (aux environs de la statue de Sainte-Marié).
Vionville était pris, mais il fallait en déboucher maintenant. Notre artillerie, repliée le long de la voie romaine, avait ouvert son feu, et suppléait par l'admirable énergie des cadres, à l'insuffisance de son matériel. Le village de Vionville, qu'elle avait pris pour objectif, était tellement écrasé de projectiles « que Je seul moyen de s'y maintenir était de pousser de T avant* ». Le général de Bûddenbrock ordonna donc à ses troupes de déborder Vionville et de s'emparer de Flavigny; mais il fallait pour cela traverser un plateau découvert, et à peine ses soldats s'y étaient-ils montrés qu'ils engageaient avec le 3' de ligne une action violente, dont les péripéties sanglantes annihilaient rapidement l'action de leurs officiers.
1. Lo 2" corps no disposait, pour répondre à cotte masse d'artillerie, que de 72 pièces et 18 mitrailleuses. Le feu des batteries allemandes, qui avaient pour elles plus de portée et de précision, pouvait donc prendre sans difficulté le dessus. Au surplus, lo 2' corps, diminué de la division Laveaucoupet, no comptait que 23,000 hommes, contre les 29,0(X) Prussiens du III» corps et du détachement Lvncker.
2. C'est là que fut grièvement blessé le colonel de Bismarck, commandant la 12° brigade, confondu, par quelques journaux de Paris, avec le chancelier lui-môme.
3. La division Tixicr venait de se poster sur la lisière du bois situé au sud de Saint-Marcel. Mais la division Levassor-.Sorval était toujours en réserve.