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La Guerre franco-allemande, page

320 BATAILLE DE REZONVILLE

Fractionnés en ligne de colonnes de compagnie , ils cherchaient en vain à ^■a£?ner du terrain; mais leurs unités se confondaient pèle-mèle, et devaient se rallier au hasard pour coordonner leurs efforts. « C'est en vain, dit la Relation allemande, qu'on tenterait une description fidèle de cet engagement furieux'. » De notre côté, le général Bataille, l'épée à la main, encourageait par son exemple l'héroïque résistance de ses soldats, et s'acharnait, malgré les vides énormes qui se produisaient dans leurs rangs, à les maintenir dans le malheureux hameau de Flavigny, transformé parles projectiles allemands en un monceau de ruines, à travers lesquelles couraient des hestiaux épouvantés. Mais, vers midi et demi, le général, grièvement atteint, était emporlé du champ de bataille ; ses hommes décimés et assaillis par trois régiments qui cherchaient à les envelopper, fléchirent. A la faveur des trouées sanglantes qu'avait faites son artillerie, l'ennemi put enfin s'emparer de l'abreuvoir, pénétrer dans le village en cendres et en refouler sur Rezonville les courageux défenseurs. La brigade Valazé, déployée à l'est de Flavigny, essava bien de tenir tête au flot des assaillants; mais menacée d'être tournée par sa droite, et pi'ivée de son chef, que venait d'atteindre une grave blessure, elle dut suivre dans sa retraite la division Bataille. Seules les brigades Jolivet et Lapasset réussirent à garder leurs positions.

Retraite du 2" corps. — Ainsi, trois sur cinq des brigades du 2° corps étaient en retraite. Ce résultat était dû uniquement à la supériorité de l'artillerie prussienne, car, de l'aveu même des Allemands, le feu de notre infanterie avait creusé dans leurs rangs des vides considérables, et leurs batteries, en particulier, étaient très durement éprouvées. Mais il n'en existait pas moins, et l'ennemi pensa aussitôt à en tirer tout le parti possible en lançant sur notre infanterie en retraite deux de ses régiments de cavalerie. Il ne réussit qu'à les faire maltraiter sérieusement, car nos troupes « conservaient assez d'attitude pour continuer leur mouvement en bon ordre' ». Les dragons de la garde et les hussards de Brunswick, qui avaient tenté cette audacieuse attaque, durent se replier sans délai.

La perte de la ligne Flavigny-Vionville, avec son bouquet de bois central, nous privait d'un point d'appui précieux, et donnait à l'offensive ennemie une base sérieuse. Cependant la situation de l'armée française présentait encore des ressources imporlanles, et rien n'était compromis. Nous tenions en effet, ])ar les brigades Lapasset et Jolivet, les crêtes situées à l'est de Flavigny, la lisière nord du bois de Saint-Arnould et le débouché des déiilés de Gorze. Le G' corps était maintenant déployé au nord de Rezonville ; le 3° arrivait se placer à la droite du 6°. Déjà, vers Doncourt, apparaissaient les têtes de colonnes de la division Legrand, avant-garde du 4° corps. Enlin, la Carde tout entière était massée vers Gravelolte, et la division du Barail couvrait notre extrême droite eu avant de Bruville. Le

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