La Guerre fi-nnco-allpinande, jiage 587. •.i. Ibid
'1. Ibiil., pa^'o .588.
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(). Ils mai'cliaient depuis neuf iieures du matin, par une ciialeur torride.
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peine, le 16° prussien est le premier contraini à la retraite, et ses débris essayent de franchir à nouveau le ravin. Mais alors les bataillons du général de Cissey accourent jusqu'à la crête, foudroient de leurs feux les fuyards et, se jetant à leur suite, engagent avec eux un furieux corps-à-corps. On se larde à coups de baïonnette; on se lue à coups de revolver. L'acharnement est- tel ijue personne, à ce moment, ne serait capable de remettre un peu d'ordre dans celle massr confuse qui s'agite, grouille, tourbillonne, et sur laquelle semble planer une buée sanglante. — Entin, les Allemands, aux trois quarts détruits, cèdent la place ; leurs débris remontent péniblement le revers du ravin' et s'enfuient dans nu inexprimable désordre, privés de la presque totalité de leurs officiers.
La brigade Wedell, qui comptait 95 officiers et 4,546 hommes, laissait sur le terrain 7-2 officiers (dont le général grièvement blessé) et 2,54'2 soldats. Comme fa écrit l'état-major prussien, « elle était anéantie presque totalement- ».
C'est dans le cours de cet engagement terrible que fut conquis un des drapeaux du 16"' régiment prussien ^ Le sous-lieutenant Chabal, du 57"- de ligne, pour l'arracher à l'officier ennemi qui le portait, dut en briser la hampe, dont le tronçon resta seul aux mains de son défenseur, comme pour attester de sa courageuse résistance. Le glorieux trophée, d'abord remis au général de Cissey, resta longtemps exposé sur l'esplanade de Metz, réconfortant les blessés qui gisaient là, sur leur lit d'ambulance, et donnant aux vieux soldats de Crimée et d'Italie comme une vision de leur ancienne gloire. Celui-ci au moins avait été pris sur le champ de bataille, les armes à la main, et non pas traîtreusement arraché à des gens désarmés, victimes du plus odieux subterfuge !
Il est aujourd'hui suspendu à la voûte des Invalides, plus précieux certainement à lui tout seul que les 45 drapeaux livrés aux Allemands le Hl octobre, par un soldat indigne dont cet acte suffirait seul à justifier la terrible condamnation ''.
Charge du 1" dragons de la garde prussienne. — Cependant le désastre essuyé par la brigade Wedell avait jeté l'alarme dans l'état-major allemand, qui voyait sa gauche enfoncée et son centre à bout de résistance. Il fallut donc, jjour la seconde fois de la journée, faire appel à la cavalerie, et lui demander « de sauver ses frères d'armes en danger" ». Le général de Voigts-Rhetz ordonna à la brigade de cuirassiers de la garde et à la 5" division de cavalerie, qui se trouvaient près de
1. " Cot engagement terrible, dit la Ilelation allemande, suroédant à une niarclio àv 1.") kilduiotres, avait épuisé nos soldats, dont beaucoup se trouvaient à bout de forces. Plus de 300 hommes, hors d'état de remonter l'escarpement du ravin, tombèrent aux mains de l'ennemi. »
2. La Guerre franco-allemande, page .591. La proportion des tués aux Idessés était des 31. ■i. Chai|ue régiment d'infanterie prussienne possède trois drapeaux, un par bataillon.
'1. La perte du drapeau du 10" est expliquée par l'état-major allemand comme suit : < Du drapeau du 2= bataillon du lil", on n'avait pu sauver que le bas de la hampe, fracassée par un projectile ; les Français emportaient à Metz la partie supérieure et la Hamme, probablement arrachées par un éclat cl' obus.» (PagoOOO, en note). Mieux eût valu avouer francliementla vérité que chercher à atténuer par des suppositions aussi invraisemblables un malheur qui n'entache en l'ien la bravoure des troupes prussiennes, étant données surtoutles circonstances dans lesquelles il s'est produit.