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La Guerre franco-allemande, page

340 BATAILLE DE REZONYILLE

en avant pour prendre part au combat et nous assurer la victoire' ». Mais sa 1" brigade vient très malheureusement se heurter aux cavaliers en retraite de la division Legrand, et est entraînée par eux avant d'avoir pu donner. En même temps une sonnerie de « ralliement » part de la brigade de France et, comme elle est mal comprise, augmente encore la confusion. Il faut que la brigade Maubranche se déploie à son tour à l'est du ravin de Grizières pour faire tourner bride aux escadrons allemands, que peuvent alors fusiller les tirailleurs du 98' embusqués dans la ferme, et des pelotons du 2'' chasseurs d'Afrique, réfugiés dans le petit bois de Ville-sur- Yron.

La terrible mêlée était terminée ; la cavalerie prussienne se replia vers Villesur-Yron, Mars-la-Tour et Tronville, tandis que la nôtre regagnait Bruville. C'était, depuis les grands chocs de cavalerie du premier Empire, la plus rude rencontre qu'on ait encore vue ; et pourtant elle n'eut, de part et d'autre, que des résultats médiocres. Car malgré tout, si le 4* corps avait marché de l'avant, aussitôt la plaine déblavée, la gauche prussienne eût été certainement enfoncée, quoi qu'en aient dit les Allemands^ Ce dernier effort, le général de Ladmirault voulait le faire ; il en fut empêché, non pas par la cavalerie ennemie, mais par l'ordre donné de se borner à tenir sur les positions, et aussi par le manque de troupes fraîches : « Il était alors sept heures du soir, a-t-il dit à Trianon, je voulais poursuivre cet avantage ; j'avais eu près de 2,000 hommes mis hors de combat; je n'avais que deux divisions en ligne, la division de Cissey qui avait pris part à cette attaque, et la division Grenier, qui avait toujours été engagée^ Ma troisième division, général de Lorencez, partie le 15, n'arrivait pas; j'envoyai aide de camp sur aide de camp pour presser sa marche ; elle n arriva quà dix Iwiirea du soir ! ... ' »

Dans ces conditions, attaquer était difficile, surtout à cette heure tardive, et sans espoir d'être soutenu. Le commandant du 4' corps garda donc purement et simplement les positions que la cavalerie ennemie n'avait pas réussi à lui enlever, et fit bivouaquer ses troupes sur la croupe qui s'étend à l'est de Grizières. Quant au X" corps, entraîné par la retraite des escadrons, il avait dû replier au sud de la route tous ceux de ses éléments qui se trouvaient encon^ au nord. Il s'établit alors sur deux lignes, entre Tronville et le chemin de Buxières à Mars-la-Tour, mettant en arrière les deux brigades (37' et 38") les plus mallrailèes, et plaçant près de Tronville son artillerie de corps. Dans ce mouvement, la 20" division évacuait le bois de Tronville, dont nous eûmes le tort de n'occuper ([uc la lisière nord; aussi, une fois la nuit venue, l'ennemi s'empressa-t-il d'y renvoyer du inonde et de jeter ses avant-postes dans tous les taillis où nous n'étions pas.

La nuit tombait déjà sur le champ de bataille abreuvé de tant de sang. A notre

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