Lieutenant-colonel Bonie, loc. cit., page
2. " Cette rencontre de cavalerie, la plus importante de toute lu ranipa^nc par ses vastes proportions, avait d('!fiiiitivement écarté le pressant danger (jui menaçait encore la gauclie iirussicnno quelques instants auparavant. •> {La Guerre franco-allemande, page (iOO.)
;}. 11 ne faut pas oublier non plus que les deux divisions, en roule depuis neuf lieures du mai m avaient parcouru 32 kilomètres pour atteindre le champ de bataille. 4. Procès Basaine, audience du 21 octobre 1873.
BATAILLE DE REZONVILLE 341
droite, la lutte pouvait être considérée comme terminée, et le silence s'étendait sur les sillons où des centaines de cadavres étaient entassés pêle-mêle. Si nous n'avions pas tiré de la situation tout le parti désirable, cependant nous étions restés incontestablement les maîtres du champ de bataille, abandonné par la totalité du X° corps prussien. Maiy, malgré l'heure avancée et les ténèbres grandissantes, le centre et la gauche de notre ligne continuaient encore à se battre avec acharnement.
Situation du centre. — Là, depuis deux heures de l'après-midi, les grenadiers de la Garde et la brigade Lapasset opposaient une invincible résistance aux tentatives réitérées que faisait l'ennemi pour atteindre la chaussée. En dépit de la supériorité marquée de ses pièces, celui-ci subissait, du fait de la mousqueterie, des pertes énormes, et s'épuisait petit à petit, au point d'éteindre presque complètement par instants sa fusillade; seule, la longue ligne d'artillerie postée entre Flavigny et le bois de Vionville réussissait à soutenir l'action. Nos soldats, énervés par cette défensive improductive, cherchaient à s'échapper en avant, et espéraient toujours voir arriver entin l'ordre d'une attaque générale, appuyée par cette sonnerie de la charge, qui trouve toujours tant d'écho dans leurs cœurs. Loin de songer à les pousser, le maréchal semblait au contraire s'ingénier à les retenir ! « En face des forces prussiennes, dit la Relation allemande, les Français occupaient les hauteurs d'une pente douce qui avoisinent Rezonville. Défendues les unes et les autres par une infanterie armée de fusils à tir rapide, ces positions étaient tellement fortes que, selon toute apparence, elles devaient défier toute offensive directe. D'autre part, du côté des Prussiens, on ne disposait pas de forces suffisantes pour tenter des mouvements latéraux d'une certaine étendue, et quant aux Français, nous avons déjà fait ressortir que leur commandant en chef, regardant comme sa tâche principale d'assurer contre toute attaque tournante ses communications avec Metz, s abstenait d'utiliser ses nombreuses réserves pour frapper un coup décisif contre la gauche prussienne ' . »
Tentatives des Allemands sur notre gauche. — La situation n^sta telle jusque vers cinq heures, moment où des renforts arrivèrent à la droite des Allemands. La 16° division (du VHP corps), qui, par suite d'ordres dont il sera question plus tard, avait quitté son cantonnement vers midi, et franchi la Moselle au pont de Novéant, arrivait en effet à Gorze vers trois heures et demie et débouchait, à cinq heures, de la lisière nord du bois de Saint-Arnould. Là se trouvaient deux bataillons du régiment des grenadiers du corps, à bout de forces, manquant de cartouches et privés de tous leurs officiers supérieurs; le 7:2° se déploie aussitôt en avant d'eux, à cheval sur la route de Rezonville et se lance à l'attaque des hauteurs, que défendait le .T grenadiers; il est en un instant désorganisé, perd son colonel tué et un major blessé, et doit reculer en désordre vers le bois, où il est recueilli par le iO" qui arrive derrière lui.