‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 15 sur 262 · RrsTow, loc. cit., page · texte numérisé non relu

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LARMÉE FRANÇAISE EN 187 0 47

étaient d'ailleurs, en général, trop pauvres de sang pour fournir les efforts qu'exige une grande guerre. Écoutons, là-dessus, un auteur étranger qui a étudié de très près notre organisation de cette époque.

« En 1866, dit le colonel fédéral Riistow, les quatre escadrons de guerre d'un régiment pouvaient difficilement renfermer plus de 350 chevaux. Dès l'automne de 1866, on s'occupa de combler ces vides. Des achats de chevaux, commencés au mois d'août, sur une grande échelle, n'ayant pas donné les résultats attendus, un décret du 4 avril 1867 supprima les musiques des corps de troupes à cheval, pour donner quelques chevaux de plus aux combattants.

« A la même époque, on fit un essai pour employer une partie des chevaux de la grosse cavalerie aux attelages de l'arlillerie, et les pertes occasionnées par là à la grosse cavalerie devaient être réparées au moyen de chevaux de gendarmes.

« Les achats de chevaux commencèrent donc au mois d'août 1866, et :23 millions et demi de francs furent affectés à cet objet dans le budget extraordinaire de 1867. Pendant l'affaire du Luxembourg, de grands marchés- de remonte eurent lieu par toute la France. Comme on était pressé, on acheta un certain nombre de chevaux médiocres, et parfois à des prix exorbitants.

« On acheta également des chevaux en Hongrie, et des convois de ces animaux traversèrent l'Autriche et la haute Italie, du mois de juin au mois de décembre 1867, malgré les dissentiments sérieux qui devaient exister alors entre la France et l'Italie.

« Des achats de chevaux eurent lieu en outre en Angleterre et en Irlande, en Hollande et en Allemagne '. »

Mais cette remonte improvisée fut loin de répondre aux espérances qu'on avait fondées sur elle. Les chevaux hongrois, en particulier, se montrèrent difilciles et maladifs. D'autres, venus d'un peu partout, étaient tellement médiocres qu'il fallut s'en débarrasser quand la question du Luxembourg fut résolue pacifiquement, « de sorte que l'effectif des chevaux de la cavalerie française ne s'éleva pas à beaucoup près autant qu'on le croyait à l'étranger. Cet accroissement d'effectif ne fut réellement pas de plus de 30,000 chevaux (y compris ceux de trait 1 do])His le mois d'août 1866 jusqu'à la fin de 1867 '. »

En résumé, à la déclaration de guerre, « les 6S régiments de cavalerie pouvaient mettre en campagne environ 31,500 chevaux, en en laissant dans les dépôts à peu près 1-2,000, dont la moitié au plus étaient propres au service, tandis que le reste ne l'était plus ou ne l'était pas encore ^ »

En admettant, comme proportion nécessaire, que la t|uanlitc de cavalerie à attacher aux armées doive être environ du cinquième de l'infanterie, on voit que le nombre de chevaux disponibles ne permettait pas, à beaucoup près, d'atteindre ce chiffre, et que, eussent-ils été mieux instruits, nos cavaliers auraient éprouvé dans hnir service d'avanl-garde de bien grosses difficultés. Ajoutons enfin (pic les

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