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C'est-à-diro pai' lo II" corps

du Rhin. Il est juste de reconnaître que si les combinaisons de M. de Moltke pouvaient passer pour aventurées, rien n'avait été négligé cependant pour les faire réussir. D'ailleurs la fortune, qui depuis le commencement de la guerre semblait vouloir combler les Allemands, devait, dans cette journée mémorable, leur donner un témoignage plus éclatant encore de sa faveur, en stérilisant comme à plaisir les efforts désespérés que tentaient avec tant de bravoure nos pauvres et valeureux soldats, abandonnés par un chef dont l'indifférence alla, cette fois, jusqu'au crime.

Tentative avortée contre Toiil {16 août). — Mais avant d'entamer le récit de cette terrible lutte, il nous faut revenir un moment en arrière, et signaler une tentative exécutée, dans la journée môme du 16 août, contre la place de Toul, par le ly corps allemand. On se souvient que ce corps, commandé par le général d'Alvensleben I", avait reçu l'ordre de continuer sa marche vers la Meuse et de làter la place en passant. Le 10 au matin, des patrouilles de cavalerie purent s'avancer dans le faubourg du Nord (Saint-Mansuy) et se renseigner sur le nombre, très restreint, des défenseurs de la ville. Sur leur rapport, l'avant-garde du corps d'armée, appuyée de trois batteries, se rassembla à Francheville, et tit au préalable ouvrir le feu par son artillerie, postée sur les hauteurs du Nord'.

Mais celle-ci, bien que contre-battue seulement par six pièces, ne produisait dans les murailles que des dégâts insignifiants, et tout à fait insuffisants pour amener la reddition de la place. Le général d'Alvensleben voulut alors procéder par intimidation et fit diriger le tir sur la ville elle-même, tandis que l'infanterie tenterait de franchir le fossé de vive force. A cet effet, il lança d'abord en avant la compagnie de pionniers, dont quelques hommes réussirent, malgré la fusillade, à s'approcher du front nord, et reconnurent que la place était inattaquable de ce côté. Néanmoins le 93' essaya de l'assaillir; il franchit le pont du canal et quelques-unes de ses compagnies arrivèrent jusqu'aux fossés, mais il perdit en un instant un de ses chefs de bataillon, un capitaine et un nombre d'hommes suflisant pour l'arrêter. « Pousser plus loin était impraticable, dit la Relation allemande, car les ponts-levis étaient remontés et, sur tout le front nord et nord-ouest, il n'existait pas de point où l'on pût franchir les fossés du corps de place pleins d'eau et larges presque de 40 pieds. »

Pendant ce temps, un autre bataillon (du -21°) avait marché, le long de la voie ferrée, sur le faubourg ouest. Avec des diflicultés considérables et au prix de très lourdes pertes, il s'avança aux abords de la gare, puis poussa deux compagnies jusqu'aux hauteurs du faubourg Saint-Èvre. A ce moment, la place était presque complètement enveloi^pée, car outre l'infanterie (|ui l'enserrait au nord et à l'ouest, la brigade de uhlans bavarois la canonnait de l)uinniartin avec sa batterie à chevaP. Cependant, aucun sym[)lùme de lassitude ne se inanih^siait parmi les défenseurs.

1. Une batterie était placée à 1,000 mètres de l'enceinte, sur une hauteur à l'est de la route de Pout-à-Mousson; l'autre était dans les vignes, sur les pentes sud du Mont-Saint-Micliel ; enfin la troisième n'engageait que deux pièces, placées auprès de la précédente.

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