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CHAPITRE VI

Posilidiis de l'annOe l'i-aupusc. — Le IH aoùl 1N7Û au malin, rannéo du Illiin formait, sur les collines situées à l'ouest de Metz, une ligne presque droite, s'étendant de Sainte-Rufline à Roncourt. Ses différents corps, disposés du sud au nord dans le sens de l'ordre de bataille, occupaient les positions que voici :

a) !2° (]onps (général Frossard)'. — La V division (Vergé), formée sur deux colonnes d'une brigade chacune, tenait les deux fermes de Hellevue et du Pointdii-Joiir, face à la route de (iravelotte.

La 5° (/yv7Sio/j (P'auvart-Rastoul) avait sa 1" brigade le long de la voie romaine, sa -2" en avant du bois de (^hàlel-Saint-fiermain, face au sud.

La Jjrii/ade Lapusset, tout à fait à l'extrême gauche d(> hi ligne de bataille générale, occupait la pointe ouest de la croupe de Rozérieu/Jes. Elle avait des détachements à Suinle-Rulïine et à Jussy, pour assurer, de ce côté, les communications avec Melz.

1. Officiellement désignée par le maréchal Bazaine sous le nom de " Défende des lignes itAmancillers », la journée du 18 aoùl est appelée par les Allemands « Bataille de Gracelotte-Saint-Privat « . 2. La 3' division du 2° corps (I.aveaucoupot) formait la garnison do Metz.

La division de cavalerie Valahrègue se tenait en arrière, campée dans le ravin de Chàtel.

b) 3° Corps (maréchal Le Bœuf) s'étendait entre le Point-dii-Jour et Moniignyla-Grange. — La 1'" division (Montaudon) occupait la Folie et la partie nord-est du bois des Genivaux.

La 2' division (Nayral) tenait le reste de ce bois par sa 2° brigade et avait sa 1'° brigade en deuxième ligne, à la ferme de Leipsick.

La 3° division (Metman) se déployait sur la crête entre les deux fermes de Leipsick et de Moscou.

La 4° division (Aymard) allait de cette dernière ferme au Point-du-Jour.

La division de cavalerie Clévenibault bivouaquait derrière la crête du ravin de Châtel, à l'est de Leipsick.

c) 4° Corps (général de Ladmirault). — La ^ division (Grenier) était établie entre Montigny-la-Grange et Amanvillers. La i"" division (de Cissey) entre ce dernier village et Saint-P rivât, à l'est et près de la grande route.

La S° division (de Lorencez) campait en deuxième ligne le long de la route de Moulins à Saiut-Prival.

La division de cavalerie était stationnée en arrière à! Amanvillers.

d) 6° Corps (maréchal Canrobert)'. : — La i'" division (Tixier) appuyait sa droite à la foret de Jauniont, sa gauche à Roncourt.

La 2° division (Bisson), qui ne comptait que le 9° de ligne, occupait ce village. La 3° division (Lafont de Villiers) était déployée entre Roncourt et Saint-Privat. La 4" division (Levassor-Sorval) occupait ce village et le hameau de Jérusalem.

e) La Garde impériale, formant réserve, campait au col de Lessy, entre les deux forts de Saint-Quentin et de Plappeville; elle était à 8 kilomètres des positions du 6° corps.

f) La RÉSERVE GÉNÉRALE d'autillerie était à C(Mé de la Garde.

g) La RÉSERVE générale de cavalerie, fractionnée- en deux groupes, se tenait derrière chacune des ailes: la i" division (du Barail)', derrière le (3° corps; la ^° division (de Forton), au moulin de Longeau, derrière le "2°.

h) Enfin, le grand ouartier général était installé à Phippevillc, dans une maison particulière.

Description du champ de bataille. — A ne la considérer qu'au jjoint de vue tactique, et abstraction faite, bien entendu, de toute idée concomitante, la position occupée j)ar l'armée française était réellement très l'oi'te et bien choisie pour)' livrer une bataille défensive. Son flanc gauche se Ironvail alirilé par h's escarpements boisés qui viennent de la Moselle, couxert eu avant ]iar le fossé du ravin de la

1. L'elïoctif du (')<• corps se inontaif, on (ont, au cliinVc de 2l'i,0il() lioniiiies, avec 18 pù'-ces de canon. Il n'y avait pas une seule mitrailleuse à Sainl-PriMit. {J'iocrs Bazaine, Déposition du maréclial Canrobort.)

2. La Ijrigade Margueritte avait été remplacée dan.s celle division par la brigade de lirncliard (dn H" corps! et le 2° chasseurs d'Afrique.

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Combattants

Mance et protégé en arrière par les grosses pièces du fort Saint-Quentin. Son front possédait des vues étendues, dominait assez fortement le terrain des attaques et donnait à l'infanterie et à l'artillerie, vers le nord et vers l'ouest, des champs de tir exceptionnellement favorables. D'une longueur totale de 1-2 kilomètres, elle concordait bieii avec l'effectif de l'armée qui l'occupait, et son seul défaut était de ne pas offrit- à nos lignes, resserrées en arrière par des hauteurs boisées ou des ravins abrupts, une profondeur tout à fait suffisante. Mais sa force avait été encore augmentée, sur le front des 2' et 3' corps, par une série d'ouvrages de campagne et des travaux d'appropriation qui faisaient des fermes du Point-du-Jour, de Saint- Hubert, de Moscou, de Leipsick et de la Folie de véritables petites forte^esses^

Quant à la position de notre droite, son importance capitale et l'impérissable souvenir qui s'attache à son nom méritent une description spéciale. Le village de Saint-Privat, immortalisé par une des plus glorieuses défenses qu'enregistre notre histoire, forme le point culminant d'une région découverte qui s'étend à plusieurs kilomètres vers l'ouest et le nord et comprend les villages d'Amanvillers, Saint-Ail, Sainte-Marie-aux-Ghênes, Montois et Roncourt. Il est bâti sur le côté droit de la route de Metz à Briey et possède une annexe, dite Jérusalem, qui borde cette route, à la croisée de celle qui vient de Moulins; sa lisière ouest est formée de jardins clos de murs qui lui constituent une sorte d'enceinte, excellente au point de vue défensif. A trois ou quatre cents mètres à l'ouest, se trouve une crête, véritable rebord de plateau, d'où descerident des pentes douces, allongées et nues qui courent jusqu'à Un long ravin peu profond, serpentant à travers la plaine, d'Amanvillers à Auboué. Crète et pentes douces constituaient pour nos troupes un avantage précieux, car si à la faveur du ravin l'ennetni pouvait s'avancer à couvert, il lui fallait, pour aborder ensuite la position, franchir de longs espaces en glacis, balayés par nos projectiles. En outre, les villages de Sainte-Marie, Saint-Ail, Habonville constituaient Une avant-ligne, où des postes avancés avaient chance de tenir longtemps tête aux colonnes assaillantes. La position du & corps eût donc été particulièrement forte si sa droite se fût trouvée mieux appuyée. Mais là était le village de Roncourt, qui n'offre par lui-même aucune force de résistance et peut être aisément tourné à l'abri des couverts dont il est entouré vers le nord; le faible effectif du (T corps ne lUi permettait pas de pousser jusqu'à Montois, afin de parer à un semblable danger. En outre, les troupes du maréchal Canrobert ne possédaient pas un outil, point de parc ni de compagnie du génie, et, bien entendu, le commandant en chef n'avait pas songé à suppléer à cette situation défectueuse au moyen du grand parc d'armée ou de la réserve du génie; en sorte qu'aucun ouvrage ne protégeait le flanc découvert de notre ligne. Enfin, le 6° corps était, de tous, le plus faible en artillerie, alors qu'en raison de sa situation à l'aile de bataille, il aurait dû être le plus fort. Toutes ces circonstances diminuaient sensibicmeni la valmu- de ses positions dominantes et rendaicul sa mission d'autant plus périlleuse, l'ai' suite, il semble que c'est doi'rièrc lui i|n'auraient dû èlre i)huées les réserves tactiques; lonle l'artillerie

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