‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 166 sur 262 · La Guerre franco-alleniamla, pa;'e · texte numérisé non relu

La Guerre franco-alleniamla, pa;'e

DisposilJons prJses par les corps français. — Le 4' corps cependant, dans les rangs duquel étaient tombés les premiers obus, avait cou:u aux armes, en renversant les marmites juste au moment où la soupe allait être mangée. Les régiments, abandonnant instantanément leurs bivouacs qu'ils ne devaient plus revoir', se formèrent avec une régularité et une précision qui montraient bien quelle était la valeur de ces troupes et gagnèrent des positions voisines où ils se déployèrent en formation de combat. La division Grenier, la plus directement en butte aux projectiles ennemis, porta la brigade Bellecourt (r°) au sud-ouest d'Amanvillers; avec celte brigade se trouvait la batterie de mitrailleuses qui prenait ainsi d'écharpe la longue ligne des batteries du LX." corps. La brigade Pradier, précédée d'une ligne de tirailleurs qui ne poussa malheureusement pas jusqu'aux fermes de Champenois et de l'Envie, se déploya entre Montigny-la-Grange et Amanvillers.

La division de Cissey se plaça au nord-ouest d' Amanvillers : le 6' de ligne à eheval sur la tranchée du chemin de fer alors en construction, la 2° brigade à droite de ce régiment. Le 20° bataillon de chasseurs servait de soutien à l'artillerie et formait deux groupes, l'un au sud de la tranchée, l'autre au nord, près de la Mare. Le 1" de ligne (de la l" brigade) formait réser\'e.

Quant à la division Lorencez, elle était placée en réserve générale à Montigny-la- Grange; mais on n'avait pas pris soin de la défiler, en sorte qu'elle était aussi exposée que si elle eût été engagée dès le début.

Voyons maintenant quelles étaient les dispositions prises par les autres corps de l'année du Rhin, sauf le 6% dont il sera question plus loin.

A la gauche du A" corps, la l'" division (Montaudon) du 3° avait en ligne le 18° bataillon de chasseurs, au sud de Montigny, puis le 51° de ligne, disposé de la façon suivante : un bataillon dans la ferme de la Folie, un autre dans les tranchées, le 3° dans le bois de Genivaux. La brigade Glinchant occupait les lisières ouest et nord de ce bois, dans la partie qui s'étend entre les fermes de la Folie et de Chantrenne. Le 62° (de la V brigade) était en réserve derrière.

Continuant la ligne vers la gauche, la 2° division du 3' corps (Nayral) avait le 15° bataillon de chasseurs et le 19° de ligne à hauteur de la ferme de Leipsick dans les trancliées, et le 41° en réserve derrière; la 2° brigade (69° et 90°) occupait les parcelles de bois qui longent la rive gauche du vallon venant de la Folie.

La 3° division (Metman) avait placé sa l" brigade" entre les fermes de Leipsick et de Moscou. Toutefois, on avait envoyé dans le bois dont il vient d'être question le 7° bataillon de chasseurs, un bataillon du 29° et une compagnie du 7° de ligne^ Dans la 2° brigade, deux compagnies du 59° occupaient la ferme de Moscou, tandis que le reste du régiment se tenait dans les tranchées construites au nord de celte ferme. Le 71° formait la réserve de la division.

1. Cps troupes, |)0!iclant les trois journées des 10, 17 et 18 août, no purent manger la soupe c|u'uiie fuis, le 17 au soii-. Après la bataille du 18, les bivouacs avant été abandonnés dans la retraite, elles ])ei'direiil tous leurs bagages, et rentrèrent à Metz, le 1!), sans auoiin objet rie campenient. Les oflicieis avaient également perdu tout ('e (|ui leur appartenait.

:;i. (Uîs li'iiupos lo.^terent sur lu lisière du bni-. Seules, deux compagnies (uiio de rliasseurs et une du 1" de ligne) desocndircni jusqu'au ruisseau.

BATAILLE DE SAIM-PRIVAT ;i79

La 4° division (Aymard) était la plus au sud du 3° corps; sur la lisière du bois des Genivaux, au pied des pentes du ravin, elle avait sa T" brigade, un bataillon du 60° à droite et le 44' à gauche. Un autre bataillon du 60' occupait la ferme, autour de laquelle se trouvait l'artillerie; le 3' bataillon formait une seconde ligne à 300 mètres en arrière. La 'T brigade était postée dans des tranchées-abris à cheval sur la voie romaine; un bataillon du 80" occupait depuis la veille l'auberge de Saint-Hubert, avec une grand'garde au pont sur lequel la route de (Iravelotte franchit le ravin de la Mance. Un autre bataillon de ce régiment tenait par deux compagnies l'auberge du Point-du-Jour. Au sud de cette auberge, la division \'ergé (du "2® corps) avait sa 2° brigade (76° et 77°) déployée le long de la route, dans les fossés, avec des tirailleurs dans les carrières en avant, et sa l'" brigade en seconde ligne. La division Bataille était formée sur deux lignes, dont la première occupait des tranchées. Entin, la brigade Lapasset, déployée à l'extrême gauche, avait envoyé des compagnies de grand'garde dans Rozérieulles et Sainte-Ruffine.

Nos batteries, restées avec leurs divisions respectives, avaient pris position autour des différentes fermes qui jalonnaient la ligne ; quant a la réserve générale d'artillerie, elle n'avait pas quitté Plappeville, oîi la maintenait le maréchal.

La rapidité avec laquelle toutes ces troupes avaient gagné leurs emplacements de combat plaçait les batteries du IX° corps, si aventurées, dans une situation critique. Bien que leur feu ait rapidement atteint un degré formidable d'intensité, et qu'elles aient pu, comme dans les affaires précédentes, prendre presque tout de suite le dessus dans la lutte directe d'artillerie, le tir meurtrier de notre infanterie ne tarda pas à leur infliger des pertes considérables. Dirigé de haut en bas, sur des pentes légèrement inclinées, par de vigoureux soldats pourvus d'une arme excellente, il était d'une efficacité complète, qui mettait « les servants allemands à une rude épreuve' ». En même temps, nos batteries, placées dans une situation dominante et généralement abritées derrière des murs, prenaient d'écharpe les pièces ennemies et suppléaient au défaut de précision par un tir rapide et continu. Le général de Manstein, justement inquiet, voulut faire soutenir ses pièces par deux escadrons de dragons; ceux-ci ne purent pas tenir. Il lança alors sur la ferme de l'Envie deux compagnies qui y pénétrèrent sans difficulté, aucune force française ne s'y trouvant, et la mirent aussitôt en état de défense'. Puis, au fur et à mesure de l'arrivée à Vernéville des divers éléments de la 1S° division, il envoya des troupes pour garnir le bois de la (lusse, afin de protéger le flanc gauche de sa ligne d'artillerie. . .

Cependant la fusillade dirigée sur celle-ci par les fantassins des généraux Grenier et de Gissey continuait avec une violence extrême. Exposés à des feux croisés, pris à revers par le tir de la batterie de mitrailleuses dont il a été question plus haut, les canonniers ennemis subissaient des pertes énormes; la batterie qui tirait à

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