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La Guerre franco-allemande, page OTCi

2. La Relation allemande (page G78) donne à cette occupation une importance qu'elle n'a jamais eue. La ferme de l'Envie n'était pas occupée par nou.s; elle n'a donc pas été défendue, et les prétendues tentatives pour la reprendre, dont parle la narration officielle, n'ont jamais existé que dans l'imagination de son auteur. On n'en trouve trace nulle part dans les historiques des régiments français.

l'extrême gauche de la ligne, plus particulièrement exposée que les autres, voyait tomber en quelques minutes plusieurs officiers, 5 chefs de pièce, 40 canonniers et presque tous ses chevaux; bientôt même il lui fallait cesser son feu et se retirer en toute hâte. Un brave soldat, le nommé Haïuonhmx, de la 2" compagnie du 5° bataillon de chasseurs, s'apercevant que les pièces étaient abandonnées, courut jusqu'à elles, accompagné d'un caporal et d'un clairon du 13° de ligne, et s'assura qu'elles étaient en bon état. Les trois courageux soldats allèrent immédiatement prévenir l'artillerie; un lieutenant, M. Palle, accourut avec des attelages et, un quart d'heure après, deux pièces capturées sous une grêle de balles étaient triomphalement ramenées à Amanvillers'.

Tandis que se passait cet incident glorieux, l'infanterie ennemie avait tenté de progresser vers nos lignes. Les compagnies qui occupaient le bois de la Cusse faisaient de vains efforts pour en déboucher, sans pouvoir y réussir, et les pertes qui leur étaient infligées devenaient très sensibles. A droite, des fractions de la 35° brigade avaient occupé Ghantrenne et envahi la partie du bois des Genivaux qui borde la rive droite du ruisseau de la Mance; mais, arrêtées là par les feux de la brigade Glinchant, elles n'avaient pu franchir celui-ci. Le commandant de la brigade essaya alors d'atlaquer la Folie en partant de Ghantrenne; il échoua complètement, et dut rassembler dans cette dernière ferme tout ce qu'il avait de troupes aux alentours, afin de conserver au moins ce point d'appui. Il était une heure. Sur ce point, les Français ne passant point à l'offensive, et les Allemands demeurant impuissants à déboucher, le combat dégénéra en une « fusillade incessante et opiniâtre" », qui n'amena pas de résultat.

Gar c'est toujours le même et triste refrain. Nous nous défendons avec un grand courage, mais toujours passivement; jamais nous ne profitons du désarroi que produit l'insuccès dans les rangs de l'assaillant pour reprendre à notre tour l'offensive et le culbuter. Quand il s'arrête, nous ne le poursuivons pas, et par suite nous n'ol)lenons jamais que des succès négatifs, ou tout au moins inféconds. Déplorable conséquence de l'oubli des vrais principes de la guerre, et de l'incroyable apathie du temps de paix.

Il est certain qu'à ce moment, et la Relation officielle allemande ne se fait pas faute (le le répéter à plusieurs reprises, la situation de l'artillerie allemande était des plus périlleuses et des plus aventurées; la seule brigade qui fût encore arrivée sur le champ de bataille ne luttait qu'avec peine et sans pouvoir faire le moindre progrès. L'autre brigade de la 18* division se trouvait encore loin en arrière, et ne devait ariiv(;r à Vernéville qu'à deux heures^. La division hessoise (2° du IX" corps), en marche entre Arnoux-la-Grange et Halionville, n'avait encore dans le bois de la Gusse que (luclques troupes d'avant-garde, et, d'ailleurs, elle se trouvait forcée de répondre an feu que dirigeaient sur elle les défenseurs de Saint-Privat. Par conséquent, rien n'eût été plus facile que de jeter le désordre dans toutes ces troupes,

1. M. l'allo (!t le chasseur Hamoniaux furent faits cheval iers do la Lésion d'honneur.

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