‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 168 sur 262 · Ibid., page · texte numérisé non relu

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surprises en flagrant délit de manœuvre, de faire un trou dans la masse des forces ennemies et d'interrompre ainsi l'exécution des combinaisons, savantes assurément, mais étrangement hasardeuses, du grand état-major prussien. On ne fit rien, parce que le commandement supérieur ne voulait rien faire. A proprement parler d'ailleurs, ce commandement n'existait pas.

La lutte continua donc, sans autre but que de garder les positions réciproques. Les batteries du IX° corps, horriblement maltraitées, entretenaient péniblement la canonnade. « Mais la physionomie du combat et la configuration du terrain rendaient difficile de réapprovisionner les pièces en temps utile, de sorte que, vers deux heures, c'était à peine si l'artillerie de corps était encore en mesure de combattre'. » Fort heureusement pour elle, la 25° division (hessoise) débouchait maintenant d'Habonville et allait se déployer face au front de la division de Gissey.

Sur ces entrefaites arrivait au général de Manstein l'ordre dont il a été question ci-dessus (voir page 376), et que le prince Frédéric-Charles avait donné un peu avant midi. D'après ses termes, le IX' corps devait, de concert avec la Garde, attaquer notre droite. Or, le général de Manstein savait maintenant que notre droite n'était pas en face de lui; mais bien plus au nord, et que, par conséquent, il lui fallait faire remonter ses troupes de ce côté, ce qui n'était pas chose facile, étant données la violence de notre feu et la position critique des batteries que le moindre changement de position exposait à une catastrophe. Le commandant du IX° corps se borna donc, pour l'instant, à prolonger sa ligne vers Saint-Ail, en plaçant la division hessoise au nord du bois de la Gusse. En même temps, il disposait les cinq batteries de cette division à l'est d'Habonville, sur la croupe allongée que traverse la tranchée du chemin de fer, et faisait ouvrir le feu sur Amanviljers.

L'entrée en ligne de cette nouvelle artillerie, en obligeant les pièces du général de Gissey à lui répondre, donna un peu de répit à celle qui soutenait la lutte depuis près de deux heures déjà, dans les conditions que l'on sait. Un instant après, l'artillerie du corps de la Garde, devançant son infanterie, arrivait à son tour près de Saint-Ail, et attirait sur elle le feu des batteries du 6° corps, qui abandonnaient par suite leur objectif primitif de Vernéville. La situation générale de l'ennemi s'améliora donc un peu, sans pour cela devenir toutefois très brillante; car si les batteries placées en avant de Vernéville se trouvaient, pour le moment, moins exposées, les progrès de l'infanterie restaient nuls, et la lisière des bois constituait une limite que les Allemands ne réussissaient à dépasser d'aucun côté. Le IX" corps demeurait toujours à la merci d'un mouvement offensif, et le général de Manstein h; comprenait si bien qu'il faisait mettre en état de défense, « à toute éventualité, les bâtiments de Vernéville l(>s plus j)r()pres à la résistance, et surtout le cimetière^ ».

Malheureusement, cette offensive se bornait à des elTorts de détail, absolument

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