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La Guerre f'ranco-a/l"manfle, i)age (KiS

BATAILLE DE SALNT-PHIVAT 387

il n'aurait pas fallu engager tout de suite l'artillerie de deux corps d'année, car il était dangereux, si on ne voulait pas pousser l'action à fond, de l'entamer avec cette énergie. Or, à une heure à peine de l'après-midi, l'artillerie du VHP corps était venue prendre position au nord de Gravelotte, protégée par des troupes d'infanterie qui, descendant les pentes du ravin de la Mance, entamaient le feu avec nos postes avancés. Il y avait là en tout 18 batteries (108 pièces), en ligne de la Mahnaison à Gravelotte, qui balayaient de leurs projectiles les hauteurs de Moscou, écrasaient les pièces des divisions Vergé et Fauvart-Bastoul, et nécessitaient l'entrée en aclioa de l'artillerie de réserve des "2" et 3' corps '.

Une action aussi énergiquement commencée ne pouvait se borner longtemps à une simple canonnade, et l'infanterie ne tarda pas à s'en mêler, plus tôt certainement que le généralissime allemand ne l'eût désiré ^ Ce fut d'abord la 15° division prussienne qui se lança de l'avant, en se glissant dans le ravin de la Mance. Au sud de la route de Gravelotte, le général-major de Wedell ' réussit à pousser sa brigade (la 29') jusqu'au bord est du ravin ; le SS" gagna même, en repoussant devant lui l&s quelques tirailleurs que nous avions placés, la lisière orientale du bois de Vaux. Mais là, son bataillon de gauche fut accueilli par des feux meurtriers, perdit son chef, la majeure partie de ses officiers, et fui si rapidement et si durement éprouvé qu'il dut se jeter dans les carrières à gravier qui bordent la route en avant de Saint- Hubert; celles des fractions du régiment qui combattaient un peu plus au sud, face au Point-du-Jour, ne réussissaient pas mieux à déboucher du bois et finalement étaient rejetées dans le ravin par le 76° de ligne et le S" bataillon de chasseurs de la division Vergé, inébranlables sous les obus qui les décimaient. « La batterie de mitrailleuses du capitaine Dupré, postée un peu trop en avant sur la route, avait perdu en quelques minutes un grand nombre de canonniers et de chevaux. Un bataillon du 23° et le 12° bataillon de chasseurs, qui l'appuyaient, aidèrent le commandant de cette batterie à la dégager et à ramener ses pièces '' ».

Au nord de la route, la 30" brigade avait gagné, au prix de lourdes pertes, quelque terrain dans les bois qui bordent le ravin ; mais les feux du 1" de ligne et du 1" bataillon de chasseurs, embusqués sur la lisière orientale, réussissaient à le maintenir dans les fourrés.

Le seul résultat obtenu par les assaillants était la retraite de la compagnie du

1. On lit dans lu Relation allemande, page 718 (en noie) : « Depuis le 10, la fei'uie de Mogador avait été convertie en ambulance et un grand drapeau indiquait sa destination. Des olnis français, qui l'atteignirent accidentellement dans ce moment du iromliut, y déterminèrent un incendie et il ne l'ut |)lus possible d'ari'acher aux Hammes les nombreux Ijlessos, tant allemands que t'i'anf;ais, qui y avaient été transportés. " Il est |)ormis de se demandei- si les Allemands n'auraient pas pu éviter cet accident douloureux en adoptant d'autres positions de batterie. Le fait de se poster à proximité d'une ambulance semble établir l'intention de proliter de sa sauvegarde poui- se mettre à l'abri des ripostes de l'ennemi. En tout cas, celui qui agit ainsi assume toute la responsaliilité des malheurs qui peuvent se produire.

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