Coi.MAR VON DKR GoLTZ, La Nation armée, page Uii
3. Il ne faut pas confondre le général de Wedell, commandant la 29" brigade du Vlll» corps, avec son homonyme, commandant la .38"' du X" curps, qui fut si rudement traitée, le Ki, par les troupes de la division de Cissey.
l. Général Frossard, toc. cit., page 108.
80' de ligne primitivement placée en grand'garde entre la ferme de Saint-Hubert et le ravin. Quant au -2' bataillon de ce régiment qui occupait la ferme, il se maintenait toujours dans son poste, et opposait une résistance vigoureuse à toutes les tentatives faites pour le déloger.
Mais la puissance de l'artillerie allemande allait, malheureusement pour nous, sans cesse en croissant. De nouvelles batteries étaient venues renforcer la ligne déjà si formidable de celles qui tiraient sur Moscou et le Point-du-Jour. Grâce à l'occupation du ravin, toute cette masse de bouches à feu avait pu se porter en avant et prendre position, entre deux et trois heures, à l'est de la grande route qui va de Gravelotte à Doncourt, en sorte qu'il y avait là maintenant "22 batteries \ comprenant 132 pièces, qui écrasaient de projectiles nos positions. Quant à notre artillerie, elle comprenait 100 bouches à feu à peine, réparties en groupes divisionnaires et forcées par conséquent de diviser leurs efforts ; un de ces groupes même, placé à l'extrémité de l'éperon de Rozérieulles, occupait une position trop excentrique pour participer avec quelque efficacité à ce grand duel de canons. En outre, la manière vicieuse dont nous avions l'habitude d'utiliser les batteries de réserve, engagées seulement quand les autres ne pouvaient plus tenir, diminuait encore l'intensité et l'efficacité de notre tir. La riposte n'était donc pas à beaucoup près aussi vigoureuse que l'attaque, et, malgré la bravoure éclatante des canonniers français, notre ligne d'artillerie s'affaiblissait peu à peu par le retrait successif de celles de ses batteries qui étaient trop éprouvées pour continuer la lutte.
Or, cette situation ne pouvait échapper longtemps aux Allemands. Jugeant que le feu de nos pièces ne devait plus se prolonger beaucoup, ils prirent pour objectif du leur les quelques points d'appui auxquels s'accrochait notre infanterie et dirigèrent sur les fermes ainsi que sur les tranchées-abris un tir concentrique. La ferme de Moscou prit feu, et les deux compagnies du 59° qui l'occupaient, durent en évacuer en hâte les bâtiments en flammes. A ce moment, toute la 15° division prussienne n'ayant plus même de réserve ^ était blottie dans les fourrés qui bardent le ravin, dans les excavations des carrières, dans les plis du terrain, et chaque fois qu'une de ses fractions apparaissait à découvert, elle était « ravagée à son tour par le l'eu de l'adversaire^ ». La 30° brigade (général de Strubberg) tenta néanmoins de prendre l'offensive et déboucha de la jjartie du bois des (lenivaux qui s'étend à l'ouest de la ferme de Moscou. Ses troupes avaient à peine débordé la lisière que les fusils de la division Metman les contraignaient à y rentrer précipitamment, dans un inexprimable désordre. « Les compagnies, déjà fort affaiblies par des pertes considérables, se confondaient à maintes reprises dans l'épaisseur des bois, et les débris de ces groupes, sans chefs, finissaient par redescendre, çà et là, au fond du riiviii •. )) En même lemj^s, les portions des 29" et 30" brigades (|ui occupaient, au
1. 10 batteries du VU» corps, 11 du VIll", 1 de la 1" division do cavalerie.
2. Le ()()° prussien, d'abord gardé en réserve à Gravelotte, avait du venir s'engager pi'és du poui de la grande route de Gravelotte à Saint-Hubert, pour lima-lier la trouve existant entre les deux brigades de la 15'' division.