‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 177 sur 262 · Ibid., page · texte numérisé non relu

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embusqués dans les trous à gravier, au sud du Point-du-Jour, craignant d'être coupés, disposent une partie de leur monde en repli sur la lisière du couvert; mais le gros de la troupe se maintient néanmoins à son poste. Déjà la grêle des balles qui accompagne le mouvement offensif de l'ennemi arrive jusqu'au point où se tient le commandant en chef de la V° armée. Des officiers, des chevaux de son état-major tombent à ses côtés, morts ou blessés. Le prince Adalbert de Prusse a sa monture tuée sous lui, sur la ligne des batteries du VIP corps '. »

C'est-à-dire que l'atlaque sur laquelle on comptait tant avait complètement échoué. Malheureusement, et quoi qu'en dise la Relation prussienne, aucune offensive ne se produisait de notre côté. Notre infanterie, comme toujours, restait sur place, et usait sa bravoure en une défensive improductive, qui arrêtait l'ennemi, mais n'avançait pas nos affaires. Elle gardait ses positions avec une opiniâtreté admirable, mais personne ne la jetant en avant, elle n'empêchait pas l'adversaire de demeurer sur les siennes. Si les mouvements offensifs dont parlent les Allemands s'étaient produits, ils auraient eu des conséquences autrement graves que l'échec dont il vient d'èlre question, et l'on peut affirmer que le général de Steinme-tz aurait payé cher son indépendance de caractère et les effets de sa trop bouillante ardeur.

Quoi qu'il en soit, le roi Guillaume, M. de Moltke et tout leur état-major, qui formait « une suite nombreuse '», étaient arrivés, vers quatre heures et demie, à Gravelotte. Depuis une heure de l'après-midi, ils recevaient du commandant en chef de la V armée des rapports triomphants, qui peignaient sous des couleurs brillantes la situation des affaires de ce côté : à vrai dire, le dernier de ces rapports, expédié à quatre heures et quart, était beaucoup moins rassurant et ne laissait pressentir rien moins qu'un échec. Mais le grand quartier général n'en avait pas encore connaissance, et il arrivait tout confiant, croyant augmenter l'éclat de la victoire par la présence du roi. (l'était juste l'instant où la 1" division de cavalerie se repliait en désordre, emmenant avec elle les batteries désemparées du VII corps. On peut imaginer que la rencontre entre le général de Steinmetz et ses illustres visiteurs dut être assez froide, en particulier de la part de M. de INIoltke, et que ceux-ci prirent assez mal leur déconvenue. Le commandant de la P" armée avait une revanche à prendre, et il parait y avoir songé sur-le-champ.

Justement, à ce moment, la lutte semlilail près de s'éteindre; nos batteries, à court de munitions et aux trois (piarts démolies, ne tiraient jilns (|u'à de longs intervalles; nos liraillcnrs, imnioliilcs cl n'ayant pins l'icii dcxanl rn\ à bonne portée, cessaient progressivement de faire l'en. Nainrellenient, le général de Steinmetz mettait celte accalmie sur le compte de l'èpaisement, et même, comme nos soldats s'étaient couchés dans les Iranelièes et paraissaient par endroits les avoir désertées, il supposait (in'nne partie de nos forces avait été déplacée pour aller au secours de l'aile droite •\ Il était à ce moment six heures passées; le 11° corps,

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