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3. A. VON ScHEi.i., major au grand 6lat-niajoi', Opéralions de la I'" armée nous les ordres du général de Steinmetz.
Un défilé dans les Vosges.
mis à la disposition de la F" armée, arrivait de Rezonville aux abords de Gravelolte '. Le jour baissait, et il fallait se bâter, si l'on voulait s'assurer du succès avant la cbute du Jour. Le roi de Prusse, sur les instances du général de Steinmelz, se décida à ordonner une offensive générale, et aussitôt, toutes les dispositions furent prises pour la tenter.
Tout d'abord, une colonne, composée d'un bataillon du 40" et du 7:2° prussiens marcbe contre les tranchées occupées par le 80' de ligue. Elle est repoussée avec pertes. Mais le général Frossard, pressentant alors un nouvel assaut, prend ses précautions pour le recevoir, et quand l'ennemi vient de nouveau escalader les pentes, il est accueilli par nne pluie de projectiles qui rompt ses lignes et détruit sa cohésion. Ici encore nous laisserons la parole aux Allemands :
« Il était sept heures du soir environ, et nos troupes se disposaient à ce dernier effort, quand tout à coup l'adversaire se ranima. Ses lignes se voilent subitement d'un épais nuage de fumée; les batteries françaises encore en état de combattre venaient de reprendre leur feu depuis longtemps interrompu, et criblaient les bois, ainsi que le plateau de (îravelotte, de projectiles de toute espèce, qui portaient jusqu'au point où se tenait Sa Majesté. Sur tout le front du corps Frossard et probablement aussi à l'aile gauche du corps Le Bœuf, tontes les réserves viennent en première ligne... En même temps, des tirailleurs débouchant en lignes épaisses, poussent vers Saint-Hubert et surtout vers le bois au sud de la grande route, chassent devant eux les hommes isolés, les petits groupes, le plus souvent sans chefs, épars en rase campagne, et les culbutent jusque dans le ravin de la Mance; Une batterie, toujours en position derrière le jardin de Saint-Hubert, se voit également menacée par l'attaque de cette infanterie; elle parvient cependant à s'en préserver, et, bien que quelques-unes de ses pièces fussent nn instant entraînées dans le torrent des fuyards, elle tient bon dans cette position si longtemps et si bravement conservée \ »
C'est une panique véritable qui se répercute jusqu'aux derrières de l'.armée. En vain la 32° brigade accourt-elle pour soutenir cette retraite affolée, la crise s'étend « jusqu'aux abords de Gravelotte et de la Malmaison^ ». L'entourage du roi lui-même s'émeut, et l'ordre est envoyé de débarrasser sans délai les ponts d'Ars et de Oorny, pour permettre la retraite sur la rive droite'. L'état-major allemand, (jui, pour coujier les communications de l'armée française, a si aventureusement découvert les siennes, songe au péril qui menace les V et 11° armées si la gauche ennemie profite d(! l'incontestable succès ({u'clle vient d'dblenir. Toules les réserves disponibles sont jetées en a\;uit; le Ib cor|)s, dont les coloniues déliient devant le roi lui-même
1. La .']" division avait quitté PoiU-à-Mousson à deux licuios du matin; la l^ cantonnée au sud de nette ville, s'était vue forcée de partir acatit minuit.