‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 186 sur 262 · rbid., page · texte numérisé non relu

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aussi, presque tous ses officiers et était commandé par un lieutenant. Plus à gauche encore, le bataillon de fusiliers du 1" régiment vint prolonger au nord la ligne des deux premiers. « Ses compagnies fondirent à vue d'œil sous le feu meurtrier des chassepots; son chef, dont le cheval avait été tué, était lui-même grièvement blessé, et, peu à peu, ce bataillon perdait, comme les deux autres, tous ses officiers \ »

Cependant, les bataillons de la deuxième ligne voulurent alors tenter de porter secours à la première, si durement éprouvée; ils réussirent à jeter à sa hauteur quelques compagnies; mais décimées à leur tour par la violence de notre feu, que favorisaient à la fois et l'inclinaison et la nudité des pentes, celles-ci durent arrêter leurs débris, complètement à bout de forces, à côté des survivants de cette épouvantable hécatombe. « Toute cette action de la V° brigade de la Garde, dit la Relation allemande, n'avait pas pris plus d'une demi-heure environ. Vers six heures et quart, 4 bataillons et demi de cette brigade (dont quelques-uns, il est vrai, ne comptaient que bien peu d'hommes) étaient en position à une distance de 600 ou 800 pas de la face ouest du point d'attaque ^ »

A ce moment, le général de Pape, voyant la large trouée qui existait entre la 1" et la 4° brigade, venait d'ordonner au 2° régiment à pied, lequel, on s'en souvient, avait suivi les troupes d'attaque à 500 mètres en arrière, de venir la boucher. Le régiment s'avança « tambour battant, sous une pluie de mitraille' ». A peine était-il en vue que le général de Medem, le colonel et le chef du l" bataillon tombaient grièvement blessés; c'est privé de tous ses officiers que les débris de ce bataillon atteignaient la ligne de bataille. Quant aux deux autres, tout aussi maltraités, ils étaient obligés de s'arrêter sur un terrain littéralement couvert de blessés et de morts.

L'élan de cette troupe courageuse était brisé; les magnifiques régiments de la Garde royale, corps d'élite qui ont pour colonels des têtes couronnées et où les princes héritiers de la couronne des Hohenzollern font leur apprentissage du métier des armes, presque complètement anéantis : 0,500 hommes et 240 officiers gisaient à terre, morts ou mourants ; et avec tous les bataillons mélangés dans le plus affreux désordre, il ne restait pas de quoi constituer un régiment! On voyait de loin s'agiter, sur le sol traversé par des chevaux sans cavaliers, des essaims confus et tourbillonnants qui offraient l'image d'une fourmilière dans laquelle on aurait plongé un bàliin; et dans cette masse éparpillée, les balles françaises sifflant sans relâche venaient achever leur œuvre de destruction! Rien ne manquait à l'horreur de ce tableau funèbre, pas même la redoutable menace d'un anéantissement total, car les Allemands devaient s'attendre, à lout instant, « à voir les Français prononcer un vigoureux retour offensif et culbuter sur Sainte-Marie leurs lignes sans consistance' ». Dévorés d'inquiétude, le général de Pape et le prince de Wurtemberg

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