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La Guerre franco-allemande y page

2. Les batteries à cheval de la Garde impériale, que le g(MUMnl HourliaKi avait pris sur lui de mettre en marche avec la division do grenadiers, débouchaient à ce moment du bois de Saulny. l'.lles ouviirent aussitôt le feu sur Roncourt et contribuèrent à y maintenir les Saxons.

BATAILLE DE SAINT-PRIVAT 'il5

pied, ses longs cheveux tombant sur le col, et des larmes sillonnant parfois son rude visage, le maréchal Canrobert parcourait les lignes clairsemées de ses soldats, et encourageait leur résistance par un mot, par une poignée de mains, par un geste d'affectueuse protection. 11 était vraiment admirable, cet homme chargé d'honneur, de gloire et de dignités, ce soldat investi de la plus haute dignité militaire, devenu simple combattant pour donner du cœur à tous, et risquant mille fois son existence pour communiquer aux autres sa mâle énergie et son opiniâtreté superbe! Certes, la défense de Saint-Privat est un fait admirable entre tous, une page sublime parmi loutes les pages de l'histoire étincelante de ce pays. Le maréchal Canrobert en fut l'àme irrésistible, et cela seul justitierait l'auréole qui s'attache à son nom respecté. Le terrain qui s'étend à l'ouest de Saint-Privat était coupé de murs en pierres sèches, s'élevant à hauteur d'appui et formant clôture de jardins et de petits vergers. Derrière ces faibles remparts, que les obus rendaient plus précaires de moment en moment, les tirailleurs français s'abritaient tant bien que mal, et dirigeaient de là leur feu sur les assaillants. Ceux-ci étaient obligés d'enlever ces obstacles l'un après l'autre, quand le canon n'avait pas complètement achevé la besogne, et celte série de petits assauts successifs leur coûtait un monde énorme. Renforcés par le 4" régiment de la Garde, qui arrivait de Sainte-Marie, ils réussirent cependant à s'avancer jusqu'à 300 mètres du village en flammes, en sorte qu'à cet instant suprême, nos malheureux soldats se virent assaillir à la fois par le sud, par l'ouest, et par le iionl. (cependant leur courage, exailé i)ar l'exemple de leur commandani en chef et de leurs ofliciers, ne se démentait pas une minute; leur tir, toujours aussi violent, décimait les Saxons dont presque tous les officiers élaieiil hors de combat ', el Saint-Privat ruiné, but de si coûteux efforts, senilihul nue inviolabh^ tVirleresse, dont on ne pouvait approcher sans courir à la mort.

Le lu'ince royal de Saxe, ému de cet affreux carnage, recourut encore une fois à la puissance destructive du canon. 14 batteries vinrent s'établir sur une ligne concave qui, partant de Roncourt, aboutissait à la route de Sainte-Marie à Saint- Prival, et dirigèrent sur le terrible village un feu concentrique qui acheva de le détruire et de l'incendier. Toutes les réserves d'infanterie disponibles furent rapprochées des premières lignes, et la 20° division du X° corps, tenue jus(pu'-là en réserve à Batilly, reyut l'ordre de marcher sur Saint-Privat. Il y avait là 100,000 hommes, aidés ])ar "iO batteries (y compris celles de la Garde en position au sud de la l'oule), ipii se niaienl sur li' corps Canrobert et une fraction de la division (le Cissey, soit "22 ou ■23,000 hommes tout au plus, qui n'avaient plus un canon ! 11 était près de huit heures du soir, et le jour commençait à s'éteindre. Sur le chamj) de liataille, couvei'l de morts et de mourants, les flammes jaillissant des villages jetaient seules leurs sanglantes lueurs, tandis que les points plus éloignés de la foiu'uaise s'estomiiaient dans les ombres étalées peu à peu. Les généraux allenutnds voulurent en finir, et donnèrent l'ordre de l'assaut.

.Vussilùt Prussiens et Saxons « fondent, aux derniers rayons du soleil coueliani,

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