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La Guerre franco-allemande, page

\. 23 liatteries, dmit une n'avait pu mettre que deux pii'ces en position.

Combattants.

tnjupes ennemies qui occupaient Jérusalem, exécula un changement de front pour se mettre face au nord; mais elle fut obligée, malgré la fermeté de son attitude, de reculer insensiblement jusqu'à la tranchée du chemin de fer en construction. Là, elle continua la résistance dans une obscurité devenue complète et contint par ses feux les tentatives faites par les Prussiens pour la déborder.

A ce moment tardif arrivaient enfin les renforts que le maréchal Canrobert avait demandés avec tant d'insistance, et que le commandant en chef n'avait jamais voulu lui envoyer. C'était une brigade de grenadiers et la réserve d'artillerie de la Garde impériale que le général Bourliaki avait pris sur lui d'expédier en toute hâte vers la droite, quand il avait appris la situation critique du 6" corps. Les batteries avaient, on s'en souvient, devancé l'infanterie, et ouvert le feu, dès sept heures et demie, à l'ouest des carrières d'.Vmanvillers. Quant aux grenadiers, ils se déployèrent au nord de ce village, leur droite à la route de Saint-Privat, et permirent ainsi au & corps d'effectuer sa retraite, ainsi qu'au i' de se replier, suivant l'ordre qu'il venait do recevoir, sur la lisière du bois de Saulny. Quand ces mouvements furent terminés, les grenadiers se replièrent à leur tour, avec l'artillerie de la Garde; les Prussiens entrèrent alors dans Amanvillers évacué par nous et réduit en cendres; mais ils ne poussèrent pas plus loin.

Fin de lu bal/iiUr. — Voyant Amanvillers au pouvoir de la (iarde prussienne, le IX" corps avait essayé, à la faveur de l'obscurité, de s'emparer de JNIontigny-la- (îrange. Mais celles de ses fractions qu'il lança contre les positions furent vigoureusement refoulées par le 41° de ligne (colonel Saussier) qui, aidé d'un bataillon du 15° de ligne (4° corps), et appuyé par deux batteries de la réserve du 3° corps envoyées par le maréchal Le Bœuf, les chargea à la baïonnette et les rejeta jusqu'à la ferme Champenois, s'assurant ainsi la possession des abords de Monligny-la- Grange, au nord et à l'ouest.

Ce fut là le suprême épisode de la iialaille. La nuit était complète, et aux dernières lueurs des incendies, les 2° et 3° corps s'établissaient au bivouac dans leurs positions inviolées, tandis que le 4° se repliait sur Woippy et ijue la brigade de grenadiers de la Garde restait à l'est du village d'Amanvillers. Bientôt le calme et le silence prirent possession de ce champ de bataille, témoin, quelques heures auparavant, de si furieux engagements, et des coups de fusil éclatant inopinément aux avant-postes en lioiihlèrent seuls l'imposante sérénité. Des deux côtés on s'occupa des blessés, qui jonchaient le sol, mais ils étaient en si grand nombre qu'on ur piil, pendant celle nuit, en relever (piiuir uiiuiuu' paitie. Le lendemain malin, (lès l'aube, l'oi'di'e ari'ivait de se melliv m retraite sur Metz, pour venii' occuper les positions qui, h' IX au malin, avaient èlè reconnues par lecolonel Lewal. Ces positions, où l'ai'mée ai'riva ilans raprès-uiidi du 111, l'Iaient les suivantes;

l'niir le -2' cor|)s, Longeville-lès-Metz :

— ;j° — Plappeville;

— 4° — Le Sansonnet ;

Pour le 5° corps, Woippy ;

— la Garde, entre Plappeville et le for[ Saiiil-(Jiienlin ;

— la réserve générale, dans l'ile Cliamliière .

Per/rs. — Telle fui celle lutte de géants, dans laipielle 1-25, Oi 10 Fraumis soutinrent le choc de -284,001) Allemands '. L'admii'alile hravuure de uns suidais et racharnenieul avec leipiel, malgré le mauipie alisdiu de directiuu d'ensendde, ils avaient défendu leurs positions, se traduisait par di's pei'les sanglanles, mais (pii, j)()ur l'ennemi, étaient bien plus considérables (pu^ [idur nous. Elles atteignaient, chez lui, le cliilTrc éiiurme de 20,159 hommes luu-s de cond)al, se décomposant comme suit :

Tués &2H olliciers, 4,000 honuncs. — Total : 5,2;!7

Blessés. . . . 572 — lrj,858 — — li,4rJ0

Disparus ... » — 40,-{ — — 40,-]

Dans le nombre, la (iardc royale enti'ait à elle seule pour 7,02.'j hommes hors de combat ■ ! Le lendemain, en p:u'courant an pas de soji cheval la mule ipn moule doucement de Saiide-Mai'ie-anx-Ghènes à Saint-Privat, le \ieux roi Guillaume ne j)Ut s'empêcher de laisser couler une larme sur tous les braves qui gisaieid là. de cliaqiie côté ih' cette vuie sucrce. Et plus lard, ijuand on discutail les pi'eliminaires de p;ii\, il exigea de la façon la |ilus lormidle ipie le village de SaiiUe-Marieaux-Ghènes tïd livré à l'Allemague afin ipie le terrain ipi'il appelait « le tombeau de sa garde » restât tout entier sur le territoire allemand ! k Ainsi se soid IrouM's arrachés à la France Sainte-Marie-aux-Ghènes (pii pinte son deuil d'une fat'on si touchante et Saint-Privat-la-M(Udagne qui a |ilns facilement coui'bé la tète''. »

De notre côté, les perles se chilïraieni par I2,27ô hounnes, sni- lesipiids on comptait 4,420 dispai-us '.

Tués 88 ofticiers, 1 .008 hommes. — Total : 1,1 iC.

Blessés, . . . Sm — (i,,-}l;} — — (;,7()0

Disparus. . . 111 — i,80!) — — 4,120

Les 4° et 6'' cim'Iis, les plus (■■pi'ou\('S, coinplaieiil, le pivuiiei', 1,807 Imunnes, le second 4,HH7 hommes hors de combal, f.e 2' coi-|is, embnsi|Me dans des positions l'or^ midablesd'où il avait défié les alhupies de lonle la I" ai'uiée, n'en complail que (')2I.

1. L'année du Rliiu comptait eiiviioii, le IlS anùt, l."iO,()(H) licjuiines ; mais la Garde et la reserve générale n'ayant pas été engagées, on peut défalquer de ce t'ait :i5,(X)() hommes du cliiffrc total. Quant aux Allemands, ils avaient mis eu ligne 73,000 hommes do la I"' armée et S11,000 do la II', soit en tout 2Hi,W) hommes, plus du double de notre elîectiC, Leur artillerie comptait 720 pièces (121 hatteries).

3, Ta<'s : 127 ofticiers et 2,;^13 hommes; blessés: 180 ofliciars et .''),431 hommes; disparu:' : 170 hommes.

3. Colonel Canon(,i:, toc. cit., terne II, pa.ge l")!) len notei.

■i. Le ehilTre élevé des dis|)arus s'expli(iue ici, comme à Rezouvillc, par le mirubre des Idestcs laissés dans les ambulances qui tomliéretit aux mains de l'ennemi. Qiieli(ues-uns aussi étaient des hommes violemment séparés de leur corps pendant la retraite et qui rejoignirent deux ou trois joui s après. De fait, et les Allemands en conviernient, nous n'avons laissé entre leurs mains que très peu de prisonniers non blesses.

iW BATAILLE DE SAINT-PRIVAT

Le total générnl dos perles était donc de 3"2,irU hommes, sensiblement le même que celui (3"2,741li dr la lialaille de Rezonville. (lomme là, comme à Wissembourg, à Fro'scliwilli'i', à Spichcreii, comme dans tuntes U's halaillcs livrées depuis le déliut de cette l'iincsle guerre, nos soldats avaient déployé un héroïsme dont la France a le droit d'être flêre, parce ijn'il laisse à nos drapeaux leur auréole ineffaçable de gloire et à nos cœurs celle suprême consolation que sous un autre chef nous n'eussions pas été vaincus !

Résul/a/s. — (Jnant aux résultats, ils étiiicnt immenses pour les Allemands, mais à l'heure où pii-nail Un la halaillc, ceux-ci n'en connaissaient pas eux-mêmes toute l'étendue. Les làlnuneiueids prulnngés anx([uels ils s'élaient liM'és avant desavoir oîi se trouvait l'exacte position de notre droite, le fi'actionnement de Icui's forces en deux grandes masses, livrant deux batailles distinctes, l'une à gauche, l'autre à droite, avec un seul corps d'armée au cciilrc, le IX°, pour opérer la liaison, entin l'elTacement forcé ampiel a\ail clé l'édiiil, dans ces conditions, leur commandement sui)érieur, tout cela axait donné à leurs allaipies un tel décousu ipic, devant Sainl- Privat, le prince Fr(''déric-(;harles ignorait l'échec de la 1'" arm('e, tandis ijiic M. de Moltke el le roi de Prusse ne coiniaissaient l'ien, à ( ira\clo||c, lUi triomj)he si chèrement payé de la \V. La llclaliou allemande ne laisse aucun doute à cet égard : « On ignorait encoi'c dans la soirée, dil-elle, le succès de la IF armée; c'est seulement pendant la nuit et dans la matinée du lendemain (pi'arrixaient de tous côtés des indications plus précises. Dans la matinée du 19, la situation étant parfaitement tirée au clair, on s'occupait des dispositions à prendre '. « L'élat-major allenuuid élail d'auhuil plus in([uiet (pi'il se rendait parfaitcmeiil compte de ce (pie le inoii\eincnl ilc flanc exécuté par son iirméc avait de hasardeux, (lerles, il ne pou\ail suppose!' ipie le maréchal lia/.aine non seulemeiil n'essayerai! pas de l'cn- Iraxcr, nuiis ne se préoccuperait même pas tle souleuii' sa pr(qM'c droite; en outre, il connaissait l'espril d'initiative de ses généraux et la Judicieuse utilisation des dirrérenles armes ipii élail dans les habitudes de chefs en pleine possession de la >eieiice de la v,iierre. Il ne pouvait l'cpcndanl se dissimuler ipi'une tiffensive hardie i|o l'ariuiM' rraiii;aise aurai! iiii> les Allemamls dans une silualioii presipu' désespérée, el la ri'd;ie|ioii de |;i ri'hiJKui oftii'ielle eu a l'ail l'aNeu explicite... une l'ois le dani^er passé : « // e.s7 ccrhuii nur le li, cniiinii' le Kl udùI, des iiiiiniriils Se pi'oduisivcnt, un cuiirs i/ii cdiiilinl, mi, dit ci'itc f/e.s /■'/■unrnis, ii/ic voloiitc fcrtiir, prnétvce de la sj'/uii/jDii cl i/n-ii/i';iii/ ;ivrc cusciiihic. aiirail |iu .--e ménager bien des siu'cès. Ces cDiKlilidiis sr rcjircsnilri-ciil rl'aillciirs duiis /,i /(iiiriwe di/ 1S-. x

<Juoi (|iril en s(ul, M. i\r Mollkc s'alleiidail a livrer, le lit, une iHnixelle bataille, el, mak'.iM' I opiiisemenl de ses troupes, il preiiail déjà des dispositions en consé-

1. /m (iiirrre Jrniifo-aJ/cminiilp, |l,■l^■e W.'i. Ccno partiriihirité est, assez clraiigc, surtout si l'on so rappello i|ue (l(^s ot'licici's su|)orieiii's du grand clal-iuajor avaient été détachés auprès de cha()ue conimandant do (uirps d'armée pour maintenir, dit la Relation allemande, le giand i|uartier général en rapport constant avec ceux-ci, et lui l'aire connaitrc iniinédiateinent tout événement important.

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