Ibirl., page S
quence. La retrailt' géiiérak-, pivinalmvineiil onloanée par le maréchal Hazaine, lui évita de recourir encore une fois au s(irt des armes. Celui-ci se hâtait en effet, après avoir laissé écraser sa droite en toute connaissance de cause, de iirofiter du mouvement de recul opéré par celle-ci, pour y associer les autres C(U'ps intacts, et mettre toutes ses forces à l'abri des murailles de Metz, dont l'attraction sui' lui était si puissante. Voici dans quels termes singuliers il rendait compte de ses mouvements à l'Empereur, dans la journée du lU ' :
« L'armée s'est battue hier toute la journée sur les positions de Saint-Privatla-Monlagne à Rozérienlles, et les h conservées. Les 4" et 6'^ corps ont fait, vers 9 heures du soir, un clianyemcnt de front, faile droite en arrière, pour parer à un mouvement tournant par la droite, que des niasses ennemies tentaient d'opérer à l'aide de l'obscurité. Ce matin, j'ai fait descendre de leurs positions les 2' et -y corps, et l'armée est de nouveau groupée sur la rive gauche de la Moselle, de Longeville au Sansonnet, formant une ligne courbe passant derrière les forts de Saint-Quentin et de Plappeville. Les troupes sont fatiguées de ces combats incessants qui ne leur permettent pas les soins matériels et il est indis[)ensable de les laisser reposer deux ou trois jours. Le roi de Prusse était ce matin à Rezonville, avec ^L île Moltke, et tout indique que farinée pi-ussiennc va làlcr la place de Metz. Je com|)te toujouis prendre la direction du nord, et me rabattre ensuite par Moutmédy sui' la route de Sainte-Menehould à Chàlous, si elle n'est pas trop fortement occupée; dans le cas contraire, je cojitiiHU'rai sur Sedan et même Mézières pour gagner Chàlons. ))
Ou Ndit que le maréchal xoulait paraiire ne pas avoir complètement renoncé au mouveuu'ut sui- Chàlous. Kn ce qui concerne la possibilité de son exécution, il était diflicile, comme l'a l'crit M. le colonel (lanonge, de pousser plus loin, volontairement ou non, l'illusion. Condjien malheureusement les Allemands ont eu une plus saine appréciation de la situation générale amenée par la retraite du 19, quand ils ont écrit ces lignes, si terribles dans leur concision, et implacables comme un arrêt de mort :
« Les batailles des l'i, Kl et IS août foi'ment l'éellemenl par leur connexion et par leurs conséquences, comme la préparation, le prologue et le dénouement d'une seule et grande oi)ération iloid le résultai final était d'enfermer la principale armée française dans un cei'cle de fer, qu'elle ne pouvait désormais franchir qu'en mettant bas les armes'. »
Le 19, en effet, nous étions investis. Toute comnnuiicalion avec la P'i'ance était coupée et l'agonie conmiençait avec; ses désespérances, ses angoisses, ses efforts impuissants et convulsifs auxquels devait seule mettre un terme la capitulation fatale qui enlevait à la patrie ses meilleurs défenseurs! Mais il ne l'audrail pas \oir seulement dans ce résultat prodigieux le fruit des savantes ((uidiinaisons de I elat-
1. La ligne télégrapiiique de Metz :i Thionville ayant été coupée, dans la matinée du 18, par la cavalerie allemande, la dépêche du maréclial fut confiée à un courageux émissaire, le garde forestier Braidy, qui la porta à Verdun en traversant les lignes allemandes.