La Guerre franco-allemande, page
major ennemi, et, comme les Allemands le laissent volontiers entendre, un but poursuivi d'avance avec la constante préoccupation de ne jamais s'en écarter. La tecundité des dispositions de M. de Moltke ne saurait assurément être mise en doute, mais il est juste d'ajouter que la fortune a singulièremeid aidé à leur heureuse réalisation. Sans parler en effet de nuire infériorité nuraéri([ue, il est certain que la divergence entre les vues du souverain et du commandant en chef de l'armée, dont l'un considérait comme seule ressource le groupement de toutes les forces à Chàlons, tandis que l'autre ne songeait qu'à se maintenir dans le camp retranché de Metz, a puissannnent favorisé le développement progressif du mouvement enveloppant conçu par le chef detat-major prussien, et singulièrement facilité sa réussite, (lela est si vrai que les Allemands, pénétrés de l'urgence qu'il y avait pour nous à marcher sur Verdun, sont restés convaincus le 16, le 17 et le 18 dans la matinée que les trouijes postées devant eux n'étaient que des masques. Tous leurs efforts tendaient donc non pas à nous refouler sur Metz, mais luen à nous couper la route; et c'est seulement quand ils ont vu que liien décidément l'armée du Rhin restait tout entière crauipunnée à la forteresse, qu'ils se sont décidés à l'y enfermer. Sans cela, leurs erreurs tlu 1(5 et les tâtonnemerds du 18 seraient inexplicables, et en contradiction formelle avec leur horreur habituelle et justifiée des petits paquets.
La cause principale, nn pourrait presque diic l'unique cause de leur triomphe, réside donc, non pas dans la haute valeur de leur stratégie, mais dans la passivité où ont été maintenues nos lignes, par im commandement qui n'avait d'autres vues que l'accomplissement de ses projets ténébreux. Si l'on ajoute à celte attitude inféconde l'effet destructeur d'une artillerie formidable précédant les troupes et to\tjoin's employée par l'ennemi en grandes masses, atin de préparer les attaques de l'infanterie' et d'écraser nos batteries qui ne s'engageaient que les unes après les autres et par groupes insignifiants; si on songe (pie les généraux allemands étaient toujours tenus au courant de la situation générale comme du but poursuivi, et que, par suite, ils pouvaient engager, sous leur responsabilité, une inilialive encouragée d'ailleurs, i)our « l'accomplissement de ce que, à leur point de vue, ils jugeaient le plus utile » ; si enfin on se rappelle que personne, dans notre armée, ne se doutait le moins du monde ni de la position respective des deux adversaires, ni de leui' force, ni des circonstances concomitantes à l'action, ni même du résultat (pi'on voulait obtenir en se battant, on conviendra que la partie n'était pas égale, et que, les Français eussml-ils remporté un succès pai'tiel, celui-ci aurait été annihilé aussitôt par rincoliércnce t\\\ commandemeid qui, pendant cette pi'cmière quinzaine d'août, fut eonslainnieni ou aiïnjr, on coupable.
Ces tristes choses, on ne les verra jilus. Nous sommes heureusemeid revenus, en France, aux saines idées ipii oïd fait autrefois notre [luissance et notre gloire, et nous saxons niainleiiaiil i|U(' pour se défeiKhv, il l'aul, avant toul, saxdii' alla(pier.
1. I>ii s;iil, |i;ir le sinij^laiil ei-hec de la Garde [ll■ll^^ielllle devant Saiiil-1 'tlvat, co (jn'il en a caiito aux .Mleinands pour avoir, une l'ois, iiéjrligé leurs haldtuellcs (irécaulinus.
fc ^-
-"^^^ 4. 4#iÉ?i^^ '-^^^1