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CHAPITRE PREMIER L'ARMÉE DE CHALONS

Consilitiition de l'armée dite dn (Huilons. — Le premier soin du ministèi'e Palikao, aussitôt après son arrivée au pouvoir, avait été (i'organiser de nouvelles forces pour résister à l'invasion, lu vole i\\\ (lorps législatif, uoiis l'avons vu, appelait sous les drapeaux tous les citoyens de iJ5 à 85 aus, célibataires ou veufs sans enfants ; le gouvernement, de son côté, décréta la création de deux nouveaux corps d'armée, les 12'' et LJ' ' ; la loi'uialiou, à (Ihàlons, d'iuu' deuxième armée, et l'appel à Paris de 100,000 gardes nudiiles des départements.

On disposait, pour la constitution de l'armée de Chàlous, des l"', h" et

1. Les numéros de 8 à 11 étaient réservés pour les formations qu'on entendait faire à Paris, Lyon, Toulouse et Al^er.

1° corps d'armée, un peu ébranlés par la désastreuse campagne d'Alsace et la retraite qui l'avait suivie; des 12' et 13" corps, et d'une division d'infanterie de marine. Les deux corps nouveaux devaient comprendre les régiments de ligne encore disponibles (notamment ceux qui n'avaient pas pu rejoindre le 6" corps à Metz) et des régiments dits de marche que l'on constituait avec les 4''^ bataillons laissés dans les dépôts. En outre, les gardes mobiles de la Seine étaient expédiés au camp de Chàlons, au nombre de 18 bataillons groupés en (3 régiments, sous le commandement du général de division Berthaut.

Mais la tâche déjà si lourtle qui incombait au ministère, et se compliquait de la nécessité de pourvoir à la défense de Paris dans l'éventualité du siège, était rendue plus ardue encore par suite d'un état politique profondément troublé, et de la surexcitation des esprits, portée à son paroxysme par la déception des premiers revers. L'Impératrice régente, en rentrant à Paris, avait, dans une énergique proclamation, fait appel aux bons citoyens pour les adjurer de maintenir l'ordre' ; il fallait malheureusement autre chose que des paroles pour comprimer l'effervescence que déjà on voyait sourdre dans les quartiers excentriques, et dont la première manifestation fut la déplorable affaire de la Villette.

Le 14 août, une bande d'émeutiers, conduite par un personnage qui devait conquérir depuis une fâcheuse célébrité, l'ouvrier Eudes, se rua sur la caserne des pompiers de ce quartier, et chercha, après avoir assommé les soldats qui la défendaient, à s'emparer des armes et des munitions ([u'elle contenait, dette échauffourée put être assez rapidement réprimée, mais sans aucune sanction judiciaire. Elle montra à la fois et l'audace des bas-fonds révolutionnaires et la faiblesse du pouvoir.

Quelques jours auparavant, les mobiles de la Seine, en arrivant au camp de ( Ihâlons, avaient témoigné de la plus complète imliscipline, et outragé le maréchal Canrobert, qui cherchait à les faire rentrer dans le devoir. Ce n'étaient pas là des symptômes rassurants pour l'avenir, et le ministère, comme le souverain luimême, ne pouvait se défendre d'une grave inquiétude au sujet des complicalions qu'un semblable état des esprits risquait d'amener à tout instant.

Conseil de guerre du il non/. — Sur ces cnlrelaitcs, le 1(> udùl, l'Empereur avait rejoint, au camp de (Ihàlons, les troupes qui s'y organisaient; mais il s'en fallait de beaucoup, à cette date, que tous les corps désignés pour former la nouvelle armée s'y Irouvasseut réunis"; ceiicndaul, cdunue le général 'rrochu, coinmaiulant du 12" corps, était ariivé Ir Ki au soir, et le maréclial de Mac-Mahon le 17 au matin, un conseil de guerre fui Icuu ce jour-là, sous la présidence de l'Em|)ereur, pour décider ce (|u'il y a\ai[ a l'aire. Il comprciunt, nuire les liois peisonuages dont il vient d'être questiou, le prince Napoléon, le géiu'i'al l'>eiiliaut et le général Selnuilz, chef d'état-major du 12' corps, 'l'oul d'abord, ou recounul i|ue le (-auiji, iuulilisable en tant que positi(ui défensive, n'était pas un lien |ii'o|)iee pour la léuiiion des li'oii[)es

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