DROITE. CENTRE. GAUCHE
21 août : Suippes; Sommepy; Bctheniville.
22 août : Sainte-Menehould ; Ville-sur-Tourbe; Vouziers.
23 août : (llermonl-en-Argonne; Sainte-Menehould; Grandpré.
24 août : Verdun ; Glermont-en-Argonne ; Varennes.
25 août : Concentration, autour de Verdun, de l'armée prête à livrer bataille.
(l'était, pour la droite, une moyenne de 19 kihtniètres ; pour le centre et la gauche, une moyenne de 21 kilomètres à parcourir par jour. Un pareil effort n'avait rien d'excessif, à la condition qu'on y apportât une énergie constante et une activité qui ne comportait aucune perte de temps. L'armée de Chàlons, composée d'éléments si disparates, en était-elle capable? Voilà la question.
A la date du 25, l'armée du Prince royal se trouvait tout entière au sud de la ligne Saint-Dizier-\'itry-le-François, c'est-à-dire trop loin pour arriver en temps oppor-
1. Après lu (li')l'aili' de Frœschwiller, duMl l'opinidii |iubli(iui' i'ciid:iil en .urandi' |i;uli<> rospoiisiililc le général de Failly, le reinplaceinent de celui-ci à la této du 5° corps .avait été décidé on principe. Dès son arrivée au pouvoir, lo j.'étiéral do Palikao proposa pourson succosseurlo général de WiuipfTcu, alors couiniandanl de la division d'Oran.
tun au secours de celle du prince de Saxe ', qui, ce jour-là précisément, occupait les environs de Verdun. 11 est vrai d'ajouter que M. de Moltke, avisé à temps du péril, avait pris pour y parer des dispositions spéciales, dont il sera question plus loin. Mais on peut voir par là, sans rien préjuger des résultats subséquents, que le projet du général de Palikao n'était nullement chimérique, et que son auteur se trouvait en droit de fonder sur lui quelque espoir.
Les circonstances relatées plus haut modifièrent malheureusement le [ilan primitif à ce point que, lorsqu'il fut mis à exécution, il n'en restait plus rien que l'idée fondamentale de secourir l'armée de Metz. Au lieu de partir du camp de Ghàlons, on partit de Reims ; au lieu de se diriger sur Verdun, on marcha sur Monlmédy. La situation était donc bien différente, et les chances de succès réduites considérablement. Car on prenait ainsi une route beaucoup plus longue, qui |)réscntait le grave danger d'amener l'armée de Chàlons en un point très rapproché de la frontière de Belgique, pays neutre, et par suite interdit à toute espèce d'opération. Si donc la réussite d'un mouvement de Chàlons sur Metz était subordonnée à une activité dont on n'était pas assuré que l'armée de Chàlons fût capable, combien le succès d'une marche de Reims sur Montmédy était-il plus aléatoire encore, puisqu'il aurait fallu, pour l'exécuter dans le même temps, une rapidité presque double? De fait, l'armée de Ghàlons allait entreprendre une marche de flanc, à deux journées de marche environ de masses allemandes importantes (l'armée du prince de Saxe). Celles-ci, occupant par rapport à elle une position centrale, avaient la faculté, soit de se porter rapidement sur un des points de son parcours, soit de la devancer, soit de menacer ses lignes de communication avec Paris, que la marche en avant découvrait cha(|ue jour davantage, sans pour cela menacer celles de l'ennemi -. Enhn, la plus petite perle de temps permettait à la IIP armée d'accourir, et de joindre ses efforts, pour nous accabler, à celle du prince royal de Saxe. C'est, hélas! ce qui devait se produire à bref délai.
La dépêche du 20 août. — Nous venons de voir le maréchal de Mac-Malion poussé à cette détermination si grave par la conviction que Bazaine ne devait pas tarder à quitter Metz pour marcher vers Montmédy. La dépèche qu'il avait reçue de celui-ci, dans la journée du '2'2, paraissait tellement affirmative à cet égard, {jue dans sa loyauté le duc de Magenta dut considérer l'apport de son concours, si problématique qu'il pût être, comme un impérieux devoir. Cne circonstance mystérieuse et absolument insolite venait en effet de le priver du seul document qui aurait pu jeter dans son esprit (piplque doute sur la siiu'érité des intentions de son chef.
En effet, le lenfleiii;iiii du joui' où il cNix^liail à l'Iùnpereur la ilèpèclic |)récitée sur la bataille de Saint-Pi'ivat, c'est-à-dire le "21) aoiil, le maréchal liazaiiie avail rédigé les trois autres télégrammes ({ue voici :
1. Formée, ;i|jrcs la capitiiiatiuii de Met/., avec les élèiiieiiU di' la 11" armée. Le ileiail île .-^a coiislitution sei'a donné plus loin.
2. Celle de l'arméo de la Meuse (prince royal de .Saxe) passait, comme celle de la 11° armée, par Pont-à-Moussoii. Celle de la 111° armée passait par Nanev.
1. Générril Diiplessis. — 2. Général Legrand. — 3. Général Muntaudon. 4. Général Raoult.
Combattants
434 L'ARMEE DE CHALOiNS