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4. C'étaient fies tniiipes appartenant .ï la divi.slon Gozo (5» cor|)s). On 30 souvient que oetto division, appuyée par un fort dôtaeliement de' cavalerie, avait été laisséi; à Sainl-Di/.ier, pour couvrir rembarquement des derniers corps ralliant le camp de Ctiâlons (voir livre 11, chap. III).
inattendu la situation jusqu'alors fort obscure, et donnait une notion certaine sur la direction suivie par l'armée d'Alsace, ainsi que sur la concentration de forces impoi'tantes à Chàlons. Le contact, perdu depuis Frœscliwiller, était enfin repris. Toutefois, dès le lendemain, les cavaliers prussiens constatèrent avec regret qu'il leur échappait encore, les derniers détachements français chargés de couvrir le mouvement du 5° corps ayant disparu, et la voie ferrée ayant été coupée au-dessus de Saint-Dizier.
Le 19, les corps de première ligne débouchaient sur la Meuse. Le 11° corps bavarois laissa devant Tout, pour l'investir, la 7° brigade, un régiment de chevaulégers et deux batteries; puis, le lendemain, on se porta de la Meuse sur l'Ornain. Voici donc quelle était, le 'K), la position des différents corps de la 111° armée :
4" dJvision de cavalerie, sur la Saulx; un escadron à Blesme, pour garder la bifurcation du chemin de fer. Ses patrouilles allaient jusqu'à Saint-Dizier et à 1-2 kilomètres au nord, sur le flanc droit'. Il" corps bavarois, avant-garde à Ligny-en-Barrois (sur l'Ornain), gros à 20 kilomètres en arrière (Mesnil-la-Horgne).
V" corps, avant-garde à Hévillers, gros à Tréveray, sur l'Ornain. Division wurtemhergeoise, à Houdelaincourt, sur l'Ornain. XI" corps, avant-garde à Mandres, gros à Gondrecourt.
Les corps de deuxième ligne étaient : le /"'■ corps Jjavarois à ^'oid, tout près de la rive gauche de la Meuse, le VP corps à Pagny-la-Blanche-Gôte, sur la Meuse.
Enfin, la 2" division de cavalerie, chargée de protéger le flanc gauche, stationnait à Saint-Élophe (5 kil. nord-est de Xeufchàteau, qu'elle occupait par un détachement), et envoyait îles patrouilles jusqu'à Epinal.
C'est-à-dire que l'armée, répartie sur un front de ;!."> kilomètres, occupait une profondeur de 30 kilomètres environ et était couverte par un service d'exploration qui dépassait 65 kilomètres d'une aile à l'autre. Ces dispositions sont remarquables, parce que les forces étaient assez concentrées pour parer à une attaque imprévue, et possédaicnl d'autre pari assez d'élasticité pour changer de direction, le cas échéant, sans se gèuer mutuellement. 11 est juste d'ajouter que le premiei' inventeur d'une seml)lable tactique n'était pas le prince royal de Prusse, nuiis bien Napoléon I", (jui avait employé la pareille, pendant l'immortelle campagne d'Iéna.
Ce jour-là, "20 août, le Prince royal transporta son quartier général de Nancy à Vaucouleurs. Eu y iU'ri\aiil, il lerut l'ordre expédié par M. de Moltke, le 19 au matin, ordre que nous avons cité i)lus haut, et qui prescrivait à la HT armée de faire halte sur la Meuse, jusqu'à ce qiw la l\'' soit arrivée à sa hauteur. Il se borna donc à faii'c {ontiinier |)ar la cavalerie son sei'vice de riMiseignemenls el d'exploration, mais piescrivil un séjour dans les cantonueuienls pour les 21 et 22. Les
1. Nous voyons ici combien les Allemands poussaient au loin lo'ur service d'exploration. Hlesiiie est à M kilomètres de la Saulx, qui est elle-même à 12 kilomètres de l'Ornain, où se trouvaient les tètes de i-olonne de l'armée. Saint-Dizier est à 32 kilomolros de l'Oiiiain.
Arm<!'i' ;ill('iii.iii(lo : l'ioimicrs de la ( '"anlo.
CoMUATl'ANTS
escadrons se portèrent en avant dès l'aube; un peloton de dragons, détaché de la 4° division, se lança jusqu'à Vitry-le-François (à â8 kilomètres du gros de la division) et fit quelques prisonniers appartenant à la division Goze (;21 août). Puis il essaya de prendre pied dans Vitry, petite place insigniliante et qu'on disait sans garnison. Mais des hommes « à demi vêtus d'uniformes » tirent feu sur lui des faubourgs, et le contraignirent à se retirer. Ce même jour, le reste du régiment de dragons ayant fait sommer la place de capituler, son parlemcnlaire était reçu à coups de fusil et obligé de battre en retraite rapidement.
Cependant, le lendemain 2"2, des renseignements assez sérieux arrivaient du Xr corps. Une pointe de cavalerie, envoyée par lui sur Joinville, avait découvert le secret de tous les mouvements du 5° corps français, et s'empressait de les communiquer en ces termes : « C'est le 16 août que les premières troupes françaises sont arrivées de Chaumont à Joinville pour y protéger le passage du 5° corps, fort d'une vingtaine de mille hommes. Celui-ci a fait son mouvement en partie à pied, en partie par voie ferrée. D'après les indications du livre de dépêcJies trouvé à la gare, le chemin de fer aurait expédié sur Saint-Dizier et Vitry, dans les journées du IS et du 19, un total de vingt trains militaires, composés d'infanterie des divisions Goze et l'Abadie, tandis que la division de cavalerie Brahaut continuait sur Châlons par les voies de terre. La gare de Joinville aurait été ensuite évacuée, dans la nuit du 19 au :20. »
C'en était assez pour fixer toutes les indécisions, et lever les dernières incertitudes sur l'arrivée du 5" corps au camp de Châlons.
Mouvements de Farmée de la Meuse Jusquau 22 août. — Pendant ce temps, l'armée de la Meuse opérait son déploiement à l'ouest de Metz, face à son objectif. Le 1V° corps, parti le premier, était arrivé le 20 à tlommercy, où il s'arrêta les 21 et 22, formant liaison avec la IIP armée. Du 20 au 22, les autres corps, précédés par la cavalerie, se portèrent au delà de l'Orne et de l'Yron, et occupèrent, à cette dernière date, les positions suivantes :
Garde, à Woel et Hannonville-sous-les-Côtes.
Xir corps, à Jeandelize.
5' division de cavalerie, à Étain. 1 poussant leur
6"° division de cavalerie, à Fresnes-en-Woivre. " f exploration
Division de cavalerie saxonne, kHennemoni. ( jusqu'à la
Division de cavalerie de la Garde, à Saint-Maurice-sous-les-Cùles. ] Meuse.
En résumé, dans la soirée du 22, Ions les corps alh-mands destinés à marcher vers Paris s'élendaicnt à i)('u près à la même hauteur, sur un front de plus de 75 kilomcires. « La droite de cette ligne était formée par les corps de l'armée de la Meuse venant des environs de Metz et couverts à courte dislance par leurs divisions de cavalerie. Au centre était le IV° corps, sur les deux rives de la Meuse, auprès de Commercy, et les fractions de la cavalerie de la Garde jetées en avant
vers l'ouest. L'aile gauche, sur la Meuse supérieure, se composait du I" corps bavarois, du \'l° corps et de la 2" division de cavalerie, tandis que la masse principale de la 111° armée formait un échelon en saillie sur l'Ornain. Au loin, en avant du front de cette dernière armée, les éclaireurs de la 4' division de cavalerie battaient déjà le pays jusqu'à la vallée de la Marne '. »
Sachant que telle serait, le lendemain soir, la situation générale de ses forces, M. de Moltke rédigea, dès le 21, à onze heures du malin, les ordres nécessaires à la reprise du mouvement en avant. Ils étaient datés de Pont-à->!ousson, où s était transporté le grand quartier général, et établissaient en principe que l'aile gauche, c'est-à-dire la IIP armée, « devait, en général, conserver toujours une avance dune marche, de manière à ménager la faculté, dans le cas oîi l'ennemi ferait mine de tenir, de l'attaquer à la fois de front et dans son flanc droit ', afin de le couper de la capitale en le refoulant dans la direction du nord. » L'ordre portait que les mouvements commenceraient le "23 août, et, le ^(î, les avant-gardes de la 111" armée devaient atteindre la ligne Vitry-Saint-Mard; celles de l'armée de. la Meuse, la ligne Givry-en-Argonne-Sainte-MenehoukP. « Cette dernière armée était invitée à tenter un coup de main sur ^'erdun ou à passer au sud de cette place '. »
On remarquera que le chef d'état-major allemand ne donne jamais pour objectif à ses armées une position fixe, mais toujours la masse des forces ennemies; c'est pourquoi ses prescriptions ne dépassent pas ici la date du 26, c'est-à-dire quatre jours. L'objectif, en effet, étant essentiellement mobile, M. de Moltke se réserve la possibilité de modifier les mouvements commencés, si celui-ci vient à se déplacer. On peut aussi constater que, pour la première fois, les lignes assignées à chacune des armées ne sont pas constituées par un cours d'eau, une série de hauteurs, en un mot une ligne défensive sur laquelle on puisse résister en cas de besoin. L'éloignement de l'armée française permettait cette infraction aux prudentes habitudes de l'état-major allemand.
Journée du 2à nuùt. — Boinbardcment de Toul. — Le 23 août, le grand quartier général se transporta de Pont-à-Mousson à ( lommcrcy. Deux corps de l'armée du prince de Saxe (flarde et IV) atteignirent la Meuse"; le XI1° corps était encore à quelques kilomètres à l'ouest" et devait se diriger le lendemain sur Verdun. La cavalerie de cette armée explorait à 24 kilomètres en avant, de Sivry-sur-Meuse à quelques kilomètres au nord de Bar-le-Duc.
Dans la IIP armée, la 4' division de cavalerie atteignit Saint-Dizicr et poussa des détachements sur la route de Vilry-le-P^rançois. Dès la veille, deux escadrons