A ;i kilomètres sud-est do Toul
2. La Guerre franco-allemande, page 917. Les pertes d(!s Allcni.iiids étaient de 2 tués et (S blessés; celles de la garnison, 2 tués et 10 blessés.
Journée du 24 août. — Bombardement de Verdun. — Le mouvement vers l'ouest continua le "24. La III" année alleignit la ligne Vassy, Saint-Dizier, Robert- Espagne, Bar-le-Duc. L'armée de la Meuse arriva sur l'Aii'e avec la (larde, tandis que le IV° corps poussait ses avant-gardes jusqu'à la Meuse, vers (îcnicourt, et que le XIL essayait de s'emparer de Verdun.
Depuis le 18, en effet, les patrouilles de la cavalerie saxonne s'étaient montrées aux environs de la place; dans la journée du "l-i, le prince Georges de Saxe vint en personne en reconnaitre les environs, et clioisii' le point le plus favorable à l'établissement des batteries de bombardement. Le ii, à ilix heures du matin, l'avant-garde de la 'iS" division (saxonne) débouchait à l'ouest du bois situé entre Eix et Verdun, et un bataillon s'avançait justpi'au faubourg Pavé sans rencontrer personne, tandis que les hauteurs de Belrupt se oouvi'aient d'arlillerie. Le faubourg Pavé était environné de vergers, séparés par des murs, de jardins et de vignes qui s'avançaient presque jusqu'au glacis. Ces nombreux abris, pourtant compris dans la zone de la défense de la place, n'avaient pas été détruits, ainsi que le prescrivent les règlements militaires, en sorte que l'ennemi n'éprouva aucune difficulté pour gagner, à leur faveur, le pied des remparts. Mais là, il se. heurta à des murailles entourées d'eau et à une citadelle imposante, et fut accueilli par une fusillade qui l'obligea à s'arrêter et même à utiliser sans larder la protection des maisons.
Le commandant de place, général Ciuérin, avait en effet, aussitôt l'ennemi signalé, fait tirer deux coups de canon d'alarme, et la garnison tout entière s'était portée sur les remparts. Elle comprenait "2,000 gardes mobiles, 1,000 hommes environ provenant des dépôts des 57° et NO" de ligne, 200 cavaliers, 20 sapeurs du génie, 55 gendarmes et 50 artilleurs, enUa l,i()0 gardes nationaux. La place contenait 137 pièces, dont 40 rayées.
Le feu de mousquelerie, engagé instantanément, durait à peine depuis quelques minutes, quand une grêle d'obus s'abattit sur les nuirailles et dans les rues de la cité; l'artillerie de la 24° division avait ouvert le feu, des hauleui's de P>elrupt où elle était postée avec l'artillerie du corps; les batteries de la 2;J° division, plus rapprochées de la place, tiraient des hauteurs d'Haudainville, à 1,500 mètres de distance environ. Tnut d'abord, les pièces de la |jlaee ripostèrent très faiblement, car il fallut un temps assez long pour trouver les clefs des magasins à projectiles', mais quand enfin elles purent faire feu, ce bit avec des résultats appréciables. Un caisson ennemi sauta à (Chamois, et les troupes de soutien, disposées dans les ravins de Belrupt et d'Haudainville, birenl assez sérieusement éprouvées. Au bout de deux heures, le prince de Saxe, essayant de l'intimidation, envoya un parlementaire sommer la ville de capituler; mais celui-ci, d'abord accueilli à coups de fusiP, ne parvint qu'avec peine à pénétrer dans la place. Conduit au général (iuérin, il cssuva un refus formel.
1. Journal du blocus et du. boniharderaenl de Verdun, par l'abl)6 GAniui-.i., page 12.
2. Le ii'oiupette, dont on n'avait |ioiiit entendu la sonnerie, fut tué raide d'une balle.
A peine était-il hors de vue que le feu reprenait; pas pour longtemps cependant, car le prince de Saxe, convaincu, d'après le bon état des ouvrages et l'attitude du commandant, de l'inutilité de ses efforts, se décidait, comme on l'avait fait à Tout, à abandonner l'entreprise et donnait l'ordre de reprendre la marche vers l'ouest. Les troupes saxonnes se mirent donc en retraite, vers midi, « sous le feu extrêmement vif des défenseurs', w Elles se portèrent sur la rive gauche, à Charny, en traversant la rivière sur un pont de bateaux, et ne laissèrent devant Verdun qu'une brigade avec quatre escadrons et une batterie. Ces troupes furent elles-mêmes relevées, quelques jours plus tard, par des détachements de landwehr. La perte des Saxons se montait à 1 officier, 19 hommes et 5 chevaux; la garnison française comptait 7 tués (dont 5 gardes nationaux) et 12 blessés.
C'est dans cette journée du 24 que, pour la première fois, l'état-major allemand eut l'intuition de notre mouvement vers Metz. La cavalerie de la IIP armée, qui marchait toujours loin en avant des colonnes '^ avait lancé ses éclaireurs jusqu'à Chàlons et appris d'une façon certaine que l'armée française avait pris la direction du nord. Déjà, depuis le 23, le grand quartier général, installé à Commercy, était .informé que l'empereur Napoléon se trouvait dans Reims, avec une arm.ée, D'autre part, le prince Frédéric-Charles venait de communiquer à M. de Moltke une lettre interceptée, dans laquelle un officier général de l'armée de Metz exprimait son ferme espoir d'être bientôt secouru par l'armée de Chàlons. Le chef de l'état-major général s'était empressé de communiquer ces renseignements au prince royal de Saxe, en lui recommandant d'exercer la plus active surveillance, non seulement dans la direction de Reims, mais encore sur la voie ferrée de Reims, Longuyon, Thionvillc, et de couper cette ligne sur plusieurs points. En même temps, il invitait le Prince royal à rapprocher son II' corps, placé à l'extrême gauche de la ligne occupée par les deux armées.
Le 24, comme le grand quartier général se transportait de Commercy à Barle-Duc, le roi et M. de Moltke tinrent, chemin faisant, une conférence, à Lignyen-Barrois, avec le commandant en chef de la IIP armée, et le général de Podbielski, ([iiartier maitre général^; celui-ci émit alors l'avis que l'armée de Chàlons pouvait l)ien se préparer à marcher au secours de Bazaine. « Cette tentative, pensait-il, si elh; était difficilement admissible en raison des objections qu'elle soulevait au point
1. La Guerre franco-allemande, page 922. Quelques jours plus tard, une centaine de soldats et de gardes nationaux s'emparaient, dans une sortie, de 85 chevau.x., 50 voitures de vivres, et 50 prisonniers. (Journal de l'abbé Gabriel.)
2. L'exploration de la cavalerie ne se faisait pas sans difficulté ni dangers, s'il faut en croire cette page, instructive à plusieurs égards, de la Relation allemande : • La population des contrées traversées par la III" armée, y est-il dit, et notamment colle du département de la Haute-Marne, se montrait généralement animée des dispositions les plus hostiles à l'égard des troupes allemandes. Une distribution de fusils Minic, faite aux habitants sur l'ordre du gouvernement français, avait eu précisùinenl poui' effet de les pousser à une résistance ouverte; en maints endroits, il fallait recourir à la force pour obtenir la remise de ces armes, souvent cachées. Cette situation ne pouvait aboutir qu'à accroître l'animosité réciproque et à faire peser plus lourdement sur les pays envahis les maux inséparables de la guerre, sans jamais parvenir i\ entraver d'une façon quelconque le cours régulier des opérations. » (Page 921.)