La Guerre francn-aUemande, page
CounAlTANIS
qu'elle cherchât à se prolonger vers Longuyon'. Les événements rendirent cette prévoyance inutile, mais elle est à noter cependant, ne fût-ce que pour montrer combien peu M. de Moltke s'abandonnait au hasard.
Cependant, la cavalerie des deux années allemandes avait continué son exploration à grandes distances. La o" division envoyait à Lamouillv" un de ses régiments, qui incendiait, dans la nuit du "25 au :26, le pont de bois sur lequel la voie ferrée traverse la Ghiers. Les autres régiments poussaient jusqu'à Sainte-Menehould et Valmy ; la division saxonne arrivait à Clermont-en-Argonne et Varennes. La G" division vint cantonner, vers midi, à Vieil-Dampierre.
Elle était en train de s'y installer quand l'escadron d'avant-garde signala, vers Epense, un bataillon de mobiles en marche sur Sainte-Menellould^ Aussitôt toute la division se mobilisa. La batterie à cheval vint prendre position entre Épense et Vieil-Dampierre, et ouvrit le feu, tandis que les deux brigades chargeaient les malheureux mobiles l'une par devant, l'autre par derrière. Désorienté par cette brusque attaque, sachant à peine se servir de ses armes et manœuvrer, le bataillon essaya de se former en carré, mais en vain; il perdit 4 ofticiers, 18 hommes; et tout ce qui restait debout, "27 officiers et 1,000 hommes, fut fait prisonnier. Les Prussiens, qui n'avaient que 8 tués^ et 3 blessés, emmenèrent à Vieil-Dampierre cette cohue d'hommes affolés, puis les mirent en route vers l'arrière sous la surveillance d'une escorte prise dans le 15° uldans et le 16° hussards. Mais voici qui est plus grave. « En traversant le village de Passavant, un mobile quitta les rangs pour aller boire au ruisseau. Un Prussien tira sur lui, croyant qu'il se sauvait. Ce coup de feu, donnant partout l'alarme, amena une terrible confusion et fut le signal d'un honteux massacre. Trente-deux de ces malheureux furent tués sur place, quatre-vingt-douze mutilés'\ « Ce fait si douloureux montre bien avec quelle brutalité nos ennemis entendaient faire la guerre, et combien peu leur répugnait une sauvagerie si éloignée cependant de la civilisation dont ils ne cessent de se larguer.
Le 25 au soir, les différents corps aUemands occupaient les positions suivantes :
( 5° et 6° divisions de cavalerie, aux points que nous venons de voir.
ARMEE \ Cavalerie de la Garde, en arrièn^ de la 0° divisidn.
DELA < XI r coi-ps, enlvc \i'V(\yi\\ ri ( llcrmoni-on-Argoiiiic.
Meuse. / ^^i'i'de, à Triaucourt.
\ I V' corps, à Laheycourt.