‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 219 sur 262 · Prince BiBESco, loc. cit., page · texte numérisé non relu

Prince BiBESco, loc. cit., page

apprit que des forces ennemies se montraient autour de Buzancy. Le général de Failly crut prudent de faire occuper par la division l'Abadie d'Aydren les hauteurs qui, au sud de Boult-aux-Bois, dominent la route, et poursuivit son chemin. Presque aussitôt lui arriva une dépêche du maréchal enjoignant de pousser jusqu'à Stenay; cette dépèche était conçue en ces termes :

Le Chesne, 28 août.

« Il est de la plus haute importance que nous traversions la Meuse le plus tôt possible ; poussez donc ce soir, dans la direction de Stenay, aussi loin que vous le pourrez. Le général Douay, qui vous suit, a été invité à suivre votre dernière colonne; il campera au delà de Bar. Si l'ennemi vous force à quitter momentanément la grand' route, faites-le connaître au général Douay pour que sa tête de colonne prenne la même direction. N^ous marchons sur Montmedy pour délivrer le maréchal Bazaine. Attendez-vous à rencontrer une vigoureuse résistance pour enlever Stenay. Faites interroger tous les gens qui viennent de ce côté pour savoir .si f ennemi n'a pas fait .sauter les ponts. Dans le cas où il les aurait fait sauter, faites-le-moi connaître. »

Une autre dépêche, arrivée quelques instants plus tard, informait le général de Failly que le 7' corps était placé, au besoin, à sa disposition, et l'engageait à se mettre en relation avec le général Douay '. A ce moment, des cavaliers ennemis étant signalés en vue des colonnes, la division Goze se déploie à son tour, et il ne reste sur la route que la seule division Guyot de Lespart! Affolement déplorable, qui provient de ce que la cavalerie ne veillait pas plus au service de sûreté qu'au service d'exploration. L'apparition de quelques cavaliers ennemis suftisait à jeter l'émoi dans ce corps d'armée fort de deux divisions et demie, tout simplement parce que ce corps d'armée n'avait devant lui aucun rideau protecteur, et perdait ainsi sa liberté d'action.

Cependant, le général de Failly avait expédié au commandant du 7" .corps un officier chargé de s'entendre avec lui. Celui-ci trouva les troupes du général Douay dans la situation que nous connaissons, et revint annoncer qu'elles ne pouvaient pas dépasser ce jour-là Boult-aux-Bois; c'est-à-dire qu'il ne fallait pas compter sur elles. Dans ces conditions, le général de Failly ne se crut pas en mesure, avec ses forces, de tenir tète aux Allemands, dont il ignorait le nombre, et, au lieu de marcher sur Stenay par Nouart, il préféra remonter au nord et passer par Bois-des-Dames et l^eaufort. 11 espérait trouver là « une bonne position militaire, tourner les corps allemands qui se dii-igeaient de Buzancy sur Nouart, et arriver avant eux à Stenay, ou les arrêter dans leur marche" ». Kirange combinaison, qui n'avait d'ailleurs pas plus de chance de succès que l'auli'c, si l'on songe que déjà de])uis la veille Stenay était occupé par le XII" corps.

La marche du corps d'armée i^sur Bois-des-Danics fut lente et diffuile. Il fallut

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