‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 220 sur 262 · Ibid · texte numérisé non relu

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donner au général de l'Abadie le temps de rejoindre, et par suite on ne se remit en route qu'à trois heures. « Ce mouvement tardif se trouva encore ralenti et par le mauvais élat des routes, qu'une pluie incessante rendait presque impraticables, et par une côte rapide que les troupes eurent à gravir avant d'atteindre Bois-des-Dames. La division Guyot de Lespart ne parvint à son campement sur le plateau qu'à huit heures du soir, le reste du corps d'armée campa dans la plaine de Belval \ »

La brigade Nicolas (de la division Goze) avait été laissée en arrière, avec le 4° bataillon de chasseurs et 2 batteries, pour couvrir le mouvement. Elle rejoignit Belval à minuit. Quant à la division Guyot de Lespart, elle rencontra en entrant dans Bois-des-Dames un détachement ennemi envoyé en réquisition, le refoula, et lui reprit une partie de son butin '. Preuve que nos soldats, malgré leur fatigue et leur découragement, savaient encore se retrouver quand il s'agissait de combattre.

Ajoutons que le maréchal, prévenu de la décision prise par le général de Failly, envova à Bois-des-Dames un officier chargé de faire connaître qu'il l'approuvait.

Les positions occupées par l'armée de Chàlons, le 28 au soir, étaient donc les suivantes :

Quartier général, à Stonne.

1" corps, au Chesne; — L2' corps, à la Besace; — 7" corps, à Boult~aux-Bois;

5= corps, à Bois-des-Dames et Belval.

Division Bonnemains, à Stonne; — division Margueritte, à Mouzon.

Fendant ce temps, les corps allemands avaient marché conformément aux insliuclions données la veille par M. de MoUke, et les plus avancés d'entre eux tenaient déjà la ligne Stenay-Grandpré^ La cavalerie d'exploration, redoublant d'activité, harcelait sans relâche nos colonnes que pas un escadron ne protégeait, de sorte qu'après une série d'escarmouches, on finissait, du côté de l'ennemi, par lire ouvertement dans nos projets. Près de Vouziers, les patrouilles du 15" uhlans {(? division de cavalerie) se heurtaient contre l'arrière-garde du 7° corps, qui d'ailleurs se bornait à les contenir. Le régiment pénétra dans la ville, àla suite de nos troupes, et poussa des reconnaissances jusqu'à Attigny, c'est-à-dire sur notre ligne même de communications, qu'aucun poste ne gardait.

De même, près de Buzancy, les patrouilles du 4" uhlans de la Garde avaient produit dans le 5° corps l'émoi que nous avons relaté. Partout, à une distance insi"nifianle des colonnes françaises, la cavalerie allemande apparaissait, et telle était la facilité qui lui était laissée de pénétrer le secret de nos mouvements et de nos forces, qu'elle pouvait envoyer à M. de Moltke des rapports qu'on aurait dit copiés dans nos ordres de mouvement. Ces rapports ont été donnés intégralement par la Rclntion allemande (supplément XXXV) et nous y renvoyons le lecteur. Il

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