Gùiiùi-al m Faiu-y, loc. cit., pa-e
2. Colonel IîoRiisTAi>T, OpéraUona des armées nllcmanrhs, pairr .'/f.^.
."5. La jjiardc et le IV» corps, avant de se porter aux points ipii leur étaient assignes pour le 28 (voir plus haut), avaient replié les ponts jetés sur la Meuse, et devenus inutiles puisque le mouvement des 11'' et IIl" corps sir Damvillers était contremandé.
y verra quel secours précieux apporte au commandement une exploralion ainsi faite, et combien il est regrettable qu'on n'ait pas employé nos escadrons, sinon à en faire autant, du moins à rendre impossible une surveillance aussi exacte.
Au fur et à mesure qu'ils arrivaient au grand quartier général de Clermont, ^L de Moltke se rendait compte de nos hésitations, de nos changements d'objectif, et de la direction définitivement reprise par le maréchal. Tout d'abord, voyant que l'armée se repliait sur le nord, le chef d'état-major général avait envoyé, à sept heures du soir, l'ordre de nous poursuivre le lendemain dans cette direction. Mais deux heures plus tard, quand lui parvinrent les résultats des reconnaissances opérées dans la matinée, il comprit que la marche vers la Meuse était reprise; il se hâta en conséquence de prescrire des dispositions nouvelles, et lança, à onze heures du soir, le télégramme suivant :
« L apparition de F ennemi à Buzancy dénote le projet de secourir Metz. Il est à supposer qu'à cet effet un ou deux corps suivent la route de Buzancy à Stenay, tandis que Je reste de Farmée défile plus au nord par Beauinont. Afin de ne pas provoquer F offensive des Français avant une concentraticn suffisante de nos propres forces, Je Prince royal de Saxe appréciera s il convient de réunir tout d'abord ses trois corps dans une position défensive, à peu près entre Aincreville et Landres. La 47° brigade, détachée à Stcnay, continuera à être chargée de surveiller la Meuse, entre cette ville et l)un. — Les corps bavarois rompront à 5 heures du matin, le I" p:ir Fléville sur Sommerance, où il devra arriver à iO heures du matin, le IF pur BiunrviUe et Cornay sur Saint-Juvin ; le T" corps viendra par Montclienfin sui- <rr;i/i'/pré. Quant aux autres corps de la IIP armée, le commandant en chef l'cjlcra leur marche de telle sorte que, pour le 30, ils soient en mesure de C(jacourir, s'il le faut, au dénouement. On s'abstiendra jusqu'à nouvel ordre de continuer le mouvement offensif vers la route Vouziers-Buzancy-Stenay ; mais il demeure entendu que l'armée de la Meuse l'occuperait promptement, si elle n'avait (levant elle que des forces insignifiantes. — 6'. M. le liui se l'endra, vers .9 heures du matin, à Varennes. »
Ainsi, yi. de Moltke s'attendait à une affaire décisive pour le r}(), et il pi'cnait ses dispositions pour y faire participer toutes ses forces. (Jiiant à nous, nous allions poursuivre malgré tout une opération condamnée d'avance à l'insuccès, et compliquée parce fait extrêmement grave que déjà nos communications directes avec Paris étaient à peu près interceptées.
Journée du 20. Combat de Xouart. — Le 28 août fut une mauvaisi- journée pour l'armée de C.hàlons. « L'armée n'a point livré de coinhal, pas éprouvé de jjertes, et cependant un grand malaise plane sur elle; chacun a le cœur serré, l'àme remplie d'appréhensions. On a comme le pressentiment que l'ennemi aura
mis à profit nos incertitudes et tout le temps perdu\ » Hélas! la malheureuse armée n'était encore qu'au début de son martyre.
En apprenant que les têtes de colonnes allemandes se montraient déjà sur la route de Buzancy à Stenay, et que, d'autre part, ce dernier point était occupé par l'ennemi, le maréchal se vit forcé de changer encore une fois de direction. Mais persistant cependant dans son projet d'atteindre Montmédy, il résolut de franchir la Meuse plus au nord, à Mouzon et Rémilly, pour se porter ensuite sur Carignan, et de là vers le sud. Les ordres qu'il expédia le 28 au soir portaient donc que : le 1" corps atteindrait le lendemain Raucourt, le 5° Beaumont, le 7" la Besace où il prendrait position, enfin le l^" Mouzon, où se trouvait la division Margueritte. Quant à la division Bonnemains, elle était envoyée sur Raucourt, toujours à l'aile gauche.
Le maréchal espérait ainsi pouvoir effectuer, le 80, le passage de la Meuse.
Le mouvement commença de grand matin. Les 1" et l^" corps et la division Bonnemains, couverts par le reste de l'armée, accomplirent leur étape sans trop de peine. Il y eut bien quelque désordre à la sortie du Chesne (1" corps), dû aux encombrements des voitures et des convois; mais, malgré l'énervement des troupes et les symptômes d'indiscipline qui en étaient la conséquence, les deux corps de gauche arrivèrent dans l'après-midi aux positions qui leur étaient fixées. Pendant toute la marche, la division de Lartigue, arrière-garde du 1" corps, avait été harcelée par les coureurs ennemis \
Quant aux 5° et T corps, les plus menacés, ils ne purent, sans de nombreux incidents, effectuer le mouvement qui avait pour but, dans la pensée du commandant en chef, de les soustraire à la pression de l'ennemi. La cavalerie, qui aurait dû leur procurer l'espace dont ils avaient besoin, n'ayant pas été employée, il leur était désormais impossible de se dérober à l'étreinte d'un adversaire qu'on avait laissé s'avancer jusqu'au milieu de leur zone de marche. Cet oubli des principes fondamentaux de la guerre devait avoir les conséquences les plus désastreuses pour nous.
Le général Douay n'avait quitté Boult-aux-Bois qu'à dix heures du matin, le rassemblement de son corps d'armée, un peu disséminé par suite des aventures de la veille, ayant été fort long. Il marcha très lentement, sur l'avis que les Allemands tenaient déjà Buzancy et la forêt de Dieulet; d'ailleurs des reconnaissances envoyées à l'aube dans la direction du sud s'étaient sabrées avec des patrouilles prussiennes, à une petite distance de Boult-aux-Bois, et l'on voyait distinctement les vedettes ennemies, postées sur les hauteurs, suivre avec attention la marche de nos colonnes^ Bientôt une masse de cavalerie apparut sur nos derrières et obligea, en l'absence de tout service de protection, la division Liébert, qui formait l'arrièregarde, à prendre position. Ce n'était qu'une alerte, car les Allemands ne voulaient