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2. Ce n'était mallieuicusciiiciit pas là un fait inhérent :i la situation présente. Celle-ci cnntrihuait cependant à rendre plus illusoire encore un service do sûreté qui, pas une fois, depuis le début do la guerre, n'avait été convonaljlornent assuré.
3. Déposilion du maréchal de Mac-Mahon derant la Commiaslon d'cnqncle, le 1 septembrCt (lajje 3ô.
le 5° corps n'a pas eu de distribution régulière et il est impossible de le remettre en route sans lui avoir donné un peu de repos et des vivres. Or le convoi, laissé au Chesne le :27, va arriver. On fera des distributions, et on partira après pour Mouzon.
Le maréchal s'incline devant ces raisons, et se porte à la rencontre du général Douay, dont le retard l'inquiète; mais son dernier mot est la recommandation itérative de franchir la Meuse aussitôt qu'on le pourra.
A neuf heures, le général de Failly convoquait autour de lui les généraux de division et les différents chefs de service. Il examinait avec eux les rapports des grand'gardes et de la cavalerie, lesquels, naturellement, ne signalaient aucun indice de la présence de l'ennemi, car à la distance où se trouvaient du camp les unités chargées de veiller à sa sécurité, il leur eût été difficile de voir quelque chose ou de gêner l'adversaire en quoi que ce soit. Par suite, le conseil de guerre n'éprouvait, pour le moment, aucune appréhension ; la seule préoccupation immédiate des généraux présents était de resserrer les liens tactiques un peu relâchés dans leurs troupes, de ravitailler celles-ci, de faire nettoyer les armes, passablement détériorées par le rude régime auquel elles venaient d'être soumises, et surtout de prendre des moyens pour rétablir la discipline, à laquelle la maraude, les fatigues, la démoralisation et l'absence de distributions régulières menaçaient de porter bientôt une atteinte irrémédiable. Quant aux positions si hâtivement prises par les ti'oupes, on ne jugeait pas à propos de les rectifier, le départ étant imminent.
Description du cliamp de bataille. — Or ces positions étaient les plus périlleuses que jamais troupe constituée ait occupées, et, pour en juger, il suffira de jeter sur elles un coup d'œil rapide.
Le bourg de Fieaumont, auquel la journée du 30 août a donné une célébrité si douloureuse, est situé au fond d'une sorte de cuvette, bordée vers le sud par les épaisses forêts qui courent de la Wiseppe aux sources du ruisseau de la Bièvre, entre Stenay et Stonne. Une zone très légèrement mamelonnée, mais entièrement découverte s'étend, sur une longueur de 2,500 mètres environ, des dernières maisons de la ville à la lisière nord des fourrés, et renferme quelques fermes, placées beaucoup plus près des seconds que de la première. A l'est et tout près de Beaumont, se dresse un plateau dominant, les Gloricttes, qui commande le bourg et tout l'espace en avant, et surplombe la Meuse, qu'il force à s'inllèchir en se prolongeant plus au nord par la hauteur un peu moindre de Sainte -Hélène.
Par suite de ces dispositions topogi-nphiipies, le o° corps, campé à Beaumont, ne pouvait avoir de sécurité que s'il Ic'uait par tles arrière-gardes les débouchés des bois. Il se savait serré de près par l'ennemi, [luisqu'il avait eu un engagement la veille. Il avait donc un intérêt majeur à être prévenu de l'approche de celui-ci, afin d'éviter une surprise qui ne pouvait être que désastreuse, et, pour cela, il lui fallait laisser sa cavalerie de l'autre côté des bois, vers Belval, Bnis-des-I)ames, [«eaufort. Les avant-postes d'infanterie auraient alors occupé les fermes situées en deçà, et, ainsi protégé et averti, le 5^ corps aurait disposé du temps et de l'espace nécessaires pour se dérober au danger.
Mais là, avec des troupes confusément massées à bonne portée de positions dominantes auxquelles l'ennemi pouvait accéder par les couverts à l'abri de nos vues et de nos coups; avec ses grand'gardes à peine éloignées de quelques centaines de mètres et un service de renseignements nul ; avec ses positions quelconques qui n'étaient même pas susceptibles de défense, puisque ni les Gloriettes, ni Sainte- Hélène n'étaient occupées, il est bien évident qu'une attaque brusque devait avoir pour premier résultat de paralyser dans nos rangs toute liberté d'action et de manœuvre. La faculté de refuser le combat ne devait même pas nous être laissée; et nous étions forcés de subir la volonté de l'ennemi.
Telles furent, en effet, les conséquences fatales de cet oubli complet des règles de la guerre et des précautions auxquelles elle oblige impérieusement. Un corps d'armée presque entièrement désorganisé, un énorme matériel perdu, enfin une tache au drapeau que la bravoure des soldats a été impuissante à effacer complètement, voilà les tristes résultats d'une surprise, qu'il eût été non seulement possible, mais facile d'éviter.
Ordres donnés pour le départ. — En conséquence des dispositions arrêtées dans le conseil de guerre, le général de Failly rédigea donc des inslructions de départ qu'il fit précéder des considérations suivantes :
« Le maréchal de Ma-G-Mahon, commandant en chef de l'armée, a donné la certitude que les vivres étaient assurés pour quatre jours sur la rive droite de la Meuse, sur le chemin de Mouzon à Vaux', pays non dévasté encore.
« Sur la rive gauche, impossible de trouver des vivres; le pays a été épuisé soit par les Français, soit par les Prussiens. Il y a donc urgence d'aller aux vivres, outre la nécessité militaire de rejoindre promptement le maréchal Bazaine et d'éviter, sur ses' derrières, des combats qui arrêteraient la marche sans grands résultats militaires.
« Les officiers et les soldats comprendront la nécessité de partir aujourd'hui même. »
L'ordre de marciie devait être le suivant :
5° lanciers.
Division l'Abadie (avec le parc, les bagages et les voitures d'ambulance).
Division (iuyot de Lespart.
Brigade Nicolas (de la divisimi (iozej.
Artillerie de réserve.
Brigade Saurin.
L'iicui-e li\é(> |)i)ui' le ilépai'l de ravanl-gardc était vers une hwiirc. (Juaiit aux autres groupes, ils devaient Diirc coiiinulrc pur un phuiton riieiirc du départ, qui n'aurait lieu qu'après la souj»' mangée. Un voit combien, à cette époque, on