Prince Bibesco, loe. cit., pages 106 et suivantes
3. Nous n'avions que 18 pièces et 12 mitrailleuses, .|ui l'ciisslrcnl pai- nnc -rande mobilité à empêcher longtemps le tir de l'ennemi de se régler d'une la.-on trop pi
IJI'CCISC,
BATAILLE DE BEAUiMONT 499
(le couper celui-ci de la Meuse; mais couime on apercevail de roi'l(>s masses enliv Mouzon et Carignan (c'était le ['2" corps), il envoya au préalable l'ordre à la 12" division de cavalerie de battre l'estrade de ce côté, tandis cpTun ollicier de son élat-major partait en reconnaissance pour voir ce ((u'il était possible de lealer.
La position de nos troupes commençait à deveuir intenalde. Les ballerics de mitrailleuses se retirèrent les premières, en très pileux étal ; puis l'inianlerie alla se poster entre Yoncq et la Sartelle, avec les batteries encon- eu état de tirer, et rarlillerie de réserve \ Là, nos troupes tinrent bon pendant une grautle boure, et ripostèrent avec beaucoup d'énergie au feu violent des pièces allemandes. Lue batterie de mitrailleuses de la division de Lespart, placée au-dessus d'\'oncq, réussit même à jeter du flottement dans les tètes de colonnes du l\' corps qui déboucbaient de Beaumont. Mais nous n'avions plus assez de monde pour interdire à rmuemi de reprendre une offensive à laquelle il était déciilé.
Bientôt on vit la 7' division prussienne se déployer sur deux lignes, au noi'd de Beaumont; en tète marcliaient deux bataillons, déployés en lignes de colonnes de compagnie et suivis d'un troisième; eu queue suivaient deux bataillons et demi. Lette troupe d'attaque, formée par la l-T brigade, appuyait sa gauclie à la roule de Mouzon. Elle était elle-même suivie par la 14° brigade, également sur deux lignes. La X° division était massée au sud de la Ilarnoterie, qu'un de ses régiments venait d'occuper.
Le général de Failly ne crut pas pouvoir subir cet assaut, condiiné d'ailleurs avec le lUDUvcmenl des troupes saxonnes et bavaroises qui cbeminaient à droite et à gaucbe, et il lit reprendre la marche en retraite sur Mouzon. Laissant au 88', commandé par le lieutenant-colonel Démange, le soin de couvrir son mouvement en défendant énergiquement le bois Givodeau, il partagea son corps d'armée eu deux colonnes qui cheminèrent à droite et à gauche de ce bois, et se re|)lièrenl vers le nord, sous la proleclion des batteries de la réserves
Alors se produisit un fait assez bizarre. Quand celles-ci, le mouvement terminé, se mirent en devoir de disparaître à leur tour, les Prussiens, gênés par la configuration du terrain ainsi que par les taillis du bois (ii\odeau, perdirent complètement de vue nos colonnes. Sur la gauche, le canon du I" corps bavarois, i|ui venait de se lancer dans la direction de Raucourt pour talonner les arrièregardes du 7° corps, semblait indiquer que l'action reprenait de ce côté. Devant soi, on n'avait plus rien, et on ne savait si les troupes du général de Failly s'étaient dérobées vers le nord ou vers l'ouest. Le commandant du IV corps ju'ussicn comprit qu'il était de toute nécessité de reprendre le contact, si inopinément perdu, et donna l'ordre aux régiments de cavalerie massés à l'ouest de Beaumont de se porter vers les coteaux d'Yoncq ; en même temps, la 7° division était dirigée en hâte sur la ferme de la Sartelle, tandis que la 8% passant entre la route de Mouzon et la Harnoterie, marchait vers le nord-ouest.
1. L'iic pièce, doul l'avaiit-U'iiiii avait saulo, dut ctru aliaiiduiiiico au sinl du Ijuis du l'ay?^, ei lut • capturée par l'ennemi.
Mais à peine avaient-ils entamé leur mouvement, que les régiments de cavalerie allemande (12° hussards, 7' dragons et un escadron saxon) se trouvaient exposés au feu de trois batteries de la réserve (capitaine ÎSIacé, Deshautchamps et de Teyssières) qui étaient encore sur les hauteurs à Test d'Yoncq (cote 295) avec quelques détachements d'infanterie. Ils durent s'arrêter, ainsi que l'infanterie qui les suivait, et sur laquelle pleuvaient à la fois les obus et les balles partant de la lisière sud du bois Givaudeau. Celle ferme allilude de l'arrière-garde permit au général de Failly de remettre un peu d'ordre dans les troupes débandées, et de leur faire prendre une troisième position entre le mont de Brune et les collines au nord de Villemontry.
A ce moment d'ailleurs, un secours inattendu lui arrivait. Le général Lebrun, dont le corps d'armée avait, on s'en souvient, franchi la Meuse dès la veille et occupait les abords est de Mouzon, avait entendu le fracas de la canonnade et jugé immédiatement de la gravité des choses. En conséquence, il prit sur lui de diriger la division Grandchamp, accompagnée de toute la cavalerie du général de Salignac-Fénelon, sur la rive gauche, et donna l'ordre à l'infanterie de prendre position sur les hauteurs situées au sud de Mouzon, entre le ruisseau d'Yoncq et la route de Beaumont'. En même temps, la division Lacretelle venait, avec deux batteries, se poster sur la lisière ouest des bois des Flaviers et de l'Aima, d'où elle dirigeait sur la 13' brigade, en marche entre la Meuse et la route de Mouzon^ « un tir de flanc très efficace ■ ». La situation du 5° corps était donc un peu moins mauvaise, et l'on pouvait espérer encore contenir l'ennemi jusqu'à la nuit.
Cinq heures venaient de sonner. Après une résistance opiniâtre, le 11° avait dû abandonner le bois Givodeau et se replier sur la ferme du même nom, formant ainsi la droite du 5° corps, établi maintenant sur les hauteurs au nord de Villemontry. La brigade Courson de la Villeneuve (du 12° corps) occupait le mont de Brune, et la brigade de cuirassiers de Béville était massée en arrière, contre le faubourg de Mouzon. Mais notre infanterie, poursuivie de position en position depuis près de cinq heures, n'avait presque plus de cohésion ; notre artillerie, aux trois quarts démontée, commençait à manquer de pièces et de munitions. Cette situation précaire n'échapi)a pas à l'ennemi, qui avait pu reprendre le contact, et le décida à mettre en aciion des forces trop supérieures pour que nous pussions leur résister longlemps.
La 13° brigade lu'ussienne, s'élançant contre le bois Givodeau, refoule les quelques défenseurs que nous y avons encore, s'empare de la Sartelle et pénètre dans les taillis; mais elle est obligée de s'égrener dans les fourrés très épais, et, quand elle veut déboucher, ses efforts décousus échouent devant le feu nourri qui part des hauteurs dominantes, ainsi que de la rive droite de la Meuse. Elle est
1. Mallicuieusoiiicnt le uiaiveliul, prroecupé surtout de liàtor le |)assay;e de la Meuse ol se uièpronaiit sur l'importance do l'affaire de IJeauuioiit, arriva au pont au uiouient où la lirigade Canibriels allait le franchir, et lui donna l'ordre de rétrograder. En sorte que, seules, la brij^ade do la Villeiiouvc et la brigade Béville niarclièrent, avec 3 batteries, pour recueillir le 5'' corps. Ce n'était pas assez.