La Guerre franco-allemande, page
BATAILLE l)K BEAUMONT 501
repoussée avec de grosses perles ', et doit se borner pour le moment à conserver les bois. En même temps, la 14° brigade se dirigeait sur le mamelon 295, et la K° division, ayant dépassé la Harnoterie, s'avançait en arrière, en soutien. Nous verrons tout à l'heure le résultat de ces mouvements; occupons-nous maintenant du corps saxon, qui joignait depuis quelque temps déjà ses efforts à ceux du IV° corps.
La 45' brigade (saxonne) avait été chargée de prolonger, le long do la Meuse, le mouvement de la kf , et la 4(!° la suivait, ayant encore derrière elle la 24° division. L'espace dont disposait le prince Georges de Saxe était tellement restreint qu'il ne pouvait parvenir à déployer son monde; ses troupes massées ne prenaient donc pour ainsi dire point part à l'action qui se prolongeait au nord de Heaumont. Cependant, vers quatre heures et demie, le général d'Alvensleben lit demander aux Saxons un concours plus actif, tandis que le commandant en chef de l'armée de la Meuse leur ordonnait de couper de Mouzon, si c'était possible, les débris du 5° corps français. La 45° brigade essaya donc de se glisser dans la vallée, et de longer le fleuve pour déborder notre gauche ; mais sa longue colonne, prise en tète parles feux des hauteurs de Villemontry, en flanc par ceux de la division Lacrelelle, n'avançait qu'au prix de grosses difficultés et très lentement. Il fallut amener sept batteries, qui couronnèrent le mamelon de Sainte-Hélène, et, grâce à leur protection, les régiments saxons purent arriver à hauteur des troupes prussiennes blotties sur la lisière nord du bois Givodeau. Manquant toujours autant d'espace pour se déployer, ils se mélangèrent en une indescriptible cohue, et demeurèrent impuissants à provoquer la reprise qu'on espérait du mouvement offensif. « Le commandant de la 23° division, général-major de Montbé, et le chef de la 13° brigade, qui étaient tous deux à la Sartelle, ne se dissimulaient pas qu'en présence des fortes positions occupées par l'adversaire et des obstacles apportés au déploiement par la configuration du terrain, une plus grande accumulation de troupes dans la forêt, loin d'amener une solution favorable, ne pourrait au contraire qu'accroître encore le désordre ; ils décidaient donc, d'un commun accord, de se borner à l'occupation du bois, et de rallier aux abords de la Sartelle tous les groupes disséminés sous le couvert ^ » Le mouvement des Saxons était, en conséquence, suspendu.
Là ne se borna pas cependant la part prise par eux à celle douloureuse journée. Le prince Georges de Saxe avait ru, en effet, ipidiiues instants auparavant, l'intention de jeter sur la rive droite; de la Meuse toute la 24' division, qu'il ne savait comment utiliser, pour l'employer contre les troupes françaises dont la présence lui était signalée aux environs d'.Vulréville. L'heure avancée vl l'éloignement du pont de Pouilly lui firent renoncera ce projet; mais il donna l'ordre, vers trois heures, à la 12° division de cavalerie, massée au nord-est de la forêt de Dieulet, d'envoyer le 1N° uhians en reconnaissance sur la rive droite. Puis, dès que
1. Le coloiiol du (jl)" prussien, blesse déjà à l'attaque de Beauinoiit, venait d'être tué.