La Guerre frinco-allemande, pajje 102tj
celui-ci eut signalé les positions du 12° corps, il le fil renforcer par le "2° régiment de cavalerie, et bientôt, sur l'ordre du prince royal de Saxe que nous avons relaté plus haut (voir page 499), par le reste de la 1"2° division de cavalerie, avec sa batterie à cheval. Celle-ci essaya de canonner nos positions d'Autreville, sans grand succès, et vers sept heures et demie du soir, la cavalerie saxonne, ijui avait esquissé un mouvement offensif, vint se masser tout entière à Pouilly, d'où elle lança quelques patrouilles sur la route de Carignan.
Cet incident n'exei'ça d'ailleurs aucune influence sur les péripéties de la lutle engagée sur la rive gauche de la Meuse. A l'heure où il avait lieu, les efforts des troupes allemandes contre notre gauche étaient complètement paralysés, et le prince royal de Saxe était obligé de renoncer à son projet de nous couper de Mouzon. Malheureusement la situation n'était pas la même du côté du mont de Brune, et là, l'ennemi remportait des avantages qui devaient décider du sort de la journée.
Nous avons vu plus haut que la 14" brigade prussienne s'était dirigée sur le mamelon -295. Bientôt rejointe par la S° division, elle avait formé avec celle-ci une ligne épaisse, scindée en deux colonnes, l'une, celle de gauche, forte de sept bataillons, l'autre, celle de droite, en comptant quatre ; entre ces deux colonnes marchait l'artillerie ; derrière suivaient un détachement de la 2° division bavaroise, fort de 4 bataillons, 2 escadrons et 2 batteries \ Les corps de tête se portèrent à l'assaut du mamelon 295, où se trouvaient encore quelques pièces avec un soutien d'infanterie, et l'enlevèrent sans grande peine ; « deux pièces, qui avaient continué à tirer jusqu'au dernier moment, furent capturées, malgré les efforts de l'infanterie de soutien ". » Une fois maîtres de cette position, les Prussiens lancèrent à la poursuite des nôtres le 93° régiment (d'Anhalt-Dessau); 10 bouches à feu françaises (6 canons et 4 mitrailleuses) tombèrent encore aux mains de l'ennemi, les unes renversées et abandonnées, les autres défendues jusqu'à la mort par leurs servants, et des feux de salves meurtriers accompagnèrent jusqu'au mont de Brune les survivants de cette lutte désespérée. En même temps, un autre régiment prussien se précipitait sur la fonderie de Grésil, en chassait les rares défenseurs, et s'emparait encore d'un canon. Nous n'avions plus là en effet, le gros du 5° corps s'étant retiré plus au nord, que de faibles soutiens d'artillerie, trop peu nombreux pour résister aux mouvements enveloppants que dessinaient successivement les énormes masses allemandes accumulées de ce côté.
Débarrassés de notre artillerie, les Prussiens se hâtèrent de faire avancer la leur. T^e mamelon 295 fut bient(H garni de 5 batteries qui prirent pour objectif nos malheureux fantassins reculant en désordre, et nos pièces établies sur le mont de Brune. Puis ils se mirent en devoir d'attaquer celui-ci. Dirigeant le 27° régi-
1. Sur l'instanlo demande du commandant du IV-' eDrps, le j;eiicr;il van dei- Tliann, qui dirigeait tout son (îorps d'armée veis la Besace et Roneourt, avait cependant envoyé vers Yoncq un détaclieiiient ciimpicsé comme il est dit ci-dessus, avec ordre do se mettre à la disposition du gènéi'al d'Alvenslelien.