La Guerre franco-allemande, page
BATAILLE DE BEAl.MONï 503
ment par la route de Mouzon et le il3'' droit sur la face sud-est de notre position, le général de Zychlinski lance ses troupes à l'assaut, sous la protection d'une batterie qui s'est avancée à l'est de Grésil. Le mont de Brune était, on le sait, occupé par la brigade de Villeneuve, gênée dans son déploiement par l'exiguïté du terrain, par le tir des pièces allemandes postées sur le mamelon "205, el par les tentatives faites par la 13" brigade prussienne pour déboucher du bois (îivodeau. l'ne de nos batteries, postée sur la crête sud du plateau, essaya de mitrailler les assaillants ; elle est enlevée brusquement tout entière, avant que ses soutiens aient pu la secourir et malgré le dévouement d'un escadron de la division Braliaut, que le feu de l'infanterie ennemie fait reculer presque aussitôt. Quatre autres pièces (dont 2 mitrailleuses) qui enfilaient la voie romaine sont capturées, tout attelées, un moment après, et les défenseurs du mont de Brune, assaillis de toutes parts, retluent en désordre sur la voie romaine, en proie à une sorte de panique qui montre bien à quel point était déprimé le moral de cette malheureuse armée.
Cependant, le général Lebrun, voyant la position absolument désespérée du o" corps, avait fait repasser sur la rive gauche de la Meuse la brigade Cambriels, déjà renvoyée une première fois par le maréchal. Cette brigade s'avançait a la rencontre des masses prussiennes, qui s'étaient postées à cheval sur la voie romaine, à l'est du mont de Brune, et venaient d'ouvrir sur elle un feu nourri, quand toiil à coup celles-ci virent apparaître sur leur gauche des escadrons de cuirassiei's, qui semblaient se préparer à charger.
Charge du 5° cuirassiers. — On se rappelle, en effet, que la brigade de Béville était restée massée devant le faubourg de Mouzon, attendant l'occasion d'intervenir. \'oyant notre aile droite presque enfoncée, le général de Failly demanda à cette brigade de charger, pour sauver l'infanterie, et adressa d'abord sa requête au colonel du 6' cuirassiers, qui était le plus rapproché de la route. Mais cet officier supérieur répondit qu'il ne s'engagerait que sur un ordre de son chef direct, lequel n'était pas là en ce moment. Immédiatement, et sans nouvelle injonction, le colonel de Conlenson, du 5° cuirassiers, se mit à la lètc de ses escadrons, el les jeta à toute bride, avec une audace magnilii|uc. sur le Hanc gauche de l'ennemi, formé par le "21' prussien.
« Les escadrons français arrivent jusque sur l'infanterie ; mais un feu à volonté, éclatant alors à bout portant, cause dans leurs l'angs d'effroyables ravages. Le colonel de Conlenson et son cheval tombent nioi-lcllement frappés à quinze ]jas de la ligne de tirailleurs ; plusieurs autres ofliciers sont également tués ou blessés. Ceux de ces braves cavaliers qui sont encore debout poursuivent cependant la charge, mais les fusiliers qui les attendent de pied ferme en ont facilement raison. I.'n sous-officier fi-ançais s'était jeté sur le capilaiiie llelmuth el lullait avec lui en combat singulier jusqu'à ce (ju'ii tnmliàl cnlin sous les balles et les baïonnettes '. »