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De la brigade Cainbriels

BATAILLE DE HEAUMONT r>07

victorieux s'arrèlait aux abords de la ferme, sûr de n'avoir pins maintenant de nouvelle lutte à soutenir.

Il était sept heures passées. La bataille, engagée si malheureusement pour nous, finissait par un désastre. Le b" corps était entièrement désorganisé; le 7°, fortement ébranlé, errait encore dans l'angoisse et le désordre. L'armée de Chàlons, entamée et déjà en proie aux affres de la défaite, s'éparpillait sur les deux rives du fleuve qu'elle n'avait pas pu mettre assez tôt entre elle et son redoutable ennemi. Cependant un dernier épisode allait servir d'épilogue à cette journée fatale, et montrer que, dans nos rangs, restaient encore assez de gens de cnMir ])oup laver la souillure que tant de négligence venait d'infliger au drapeau.

Passage de vive force du pont de Monzon par des débris du 88' de ligne. — Le 88° de ligne, de la brigade Maussion, avait été engagé depuis la prise de Beaumont. Après avoir vu son chef, le colonel Gourty, tomber mortellement blessé, il s'était porté à la ferme Givaudeau, sous les ordres du lieutenant-colonel Démange, dans un ordre parfait et un, silence qui témoignaient de la valeur de ses soldats. Longtemps il défendit cette ferme avec le plus grand courage; mais, le soir, il fut, lui aussi, obligé de reculer sous la poussée de forces supérieures, et se dirigea, à la nuit close, sur le pont de Mouzon. Une partie seulement de ses survivants put franchir la rivière; le reste, 22-3 officiers, sous-officiers et soldats, auxquels s'étaient ralliés quelques hommes égarés des 27°, 97° et A" bataillon de chasseurs, avec le lieutenant-colonel Démange, arriva trop tard, et se trouva coupé du reste de l'aiMiiée. Démange ramena alors tout son inonde à la ferme, que les Prussiens n'occupaient pas, et décida que plutôt que de se rendre, on tenterait de s'ouvrir un passage les arnu's à la main.

A minuit, il quittait la ferme et s'approchait du pont pour la seconde fois; puis, s'étant assuré que Mouzon était toujours occupé par nous, il donnait ses instructions et fractionnait sa petite troupe, de façon à agir sur plusieurs points à la fois. Lue heure avant le jour, il se mettait à la tète du détachement, ayant à côté de lui le commandantEscarfail, le capitaine-adjudant-major Lordon el le lieutenauLKelberger, et se dirigeait vers le fauliourg.

« La compagnie prussienne de grand'garde est surprise, refoulée, et le balaillon' auquel elle appartient doit entrer tout entier en ligne. Déjà l'héroïque Démange est tombé grièvement blessé. Il se fait placer sur le bord de la route. — « Ln avant! « s'écrie-t-il, no vous occupez pas do moi! » {llisloriqua du 88" do lii/nc) i;inii)élueuse colonne continue sa ccurst' sous la fusillade, et, suivie de près, arrive au jiontqui est barricadé'. »

« On escalade comme on peut cet obstarlc, el fou se trouve eulin au milieu des Français!!!... On se compte alors, et l'on vérilic que iX) .seulement oui pu passer; le reste est tué, blessé, noyé ou prisonnier''. »

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