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La Guerre, franco-allemande, page

la Meuse ou celle de la Givonne, et se terminant, au sud, par des prairies basses et marécageuses, qui s'élcndent de Sedan à Bazeilles, entre la Meuse et la grande route de Carignan. Au i)ied de ces plateaux, et dominée de toutes parts par des coteaux boisés, la place étendait ses vieilles murailles, appuyées à une petite citadelle, d'un modèle absolument suranné. Les fortifications, arrêtées au nord juste au pied des pentes, se pi'olongeaient du côté de Givonne par un ancien camp retranché, sans valeur aucune, le Vieux-Camp ; sur la rive gauche de la Meuse, par la tète de pont de Torcy, qui englobait le faubourg de ce nom. Somme toute, au point de vue défensif, la place ne présentait pas la moindre force de résistance; en outre, elle n'était approvisionnée ni en vivres ni en munitions et ses pièces ne possédaient même pas les armements nécessaires pour être utilisées'. Au sud, dans la vallée même et sur la grande route, se trouve le faubourg de Balan, dont les dernières maisons se joignent aux premières constructions du village de Bazeilles, bâti entre la route et la Meuse. Ces points sont entièrement dominés par les hauteurs de Rémilly et de Wadelincourt. A l'est de la route, le terrain, fortement accidenté, se relève pour former un plateau, allongé du nord au sud, et terminé par des pentes très raides sur la vallée de la Givonne. Ce plateau se ramifie, au nord de la route de Sedan à Bouillon, aux hauteurs boisées de la Garenne, de Fleigneux, d'IUy et de Saint-Menges, hauteurs profondément tourmentées, ravinées, creusées de dépressions profondes, qui se perdent au nord dans les bois, et descendent à l'ouest, en des pentes semées de ressauts brusques, jusqu'à la boucle de la Meuse, entre Saint-Menges et Gazai. La vallée delà Meuse est extrêmement étroite; seule, la partie qui s'étend sur la rive droite entre la voie ferrée et Sedan, a une largeur moyenne de 1,500 mètres; encore avait-elle été inondée le 30 août et demeurait-elle impraticable à nos soldats. Le triangle formé par la Meuse, la Givonne et le ruisseau de Floing, où se trouvait massée l'armée de Chàlons tout entière, était donc à peu près exclusif de toute facilité de manœuvre et condamnait nos troupes à défendre sur place leurs positions. Cl'est là, en effet, la caractéristique de la bataille du l" septembre, et une des causes qui ont facilité l'exéculion de l'envelojjpement tactique que les Allemands n'espéraient certes pas si complètement réussir.

Comment une position aussi défectueuse avait-elle donc été choisie, et par quelle suite de circonstances cet entonnoir véritable allait-il servir de théâtre à la lutte décisive où devait se dénouer la sombre destinée de la dernière armée française? En la désignant, le 30, comme objectif à ses troupes épuisées, le maréchal de Mac-Mahon n'envisageait assurément pas comme iinmiiienle la perspective d'une bataille, et son intention n'était nullement de pnuidre autour de Sedan une position tactique. Il pensait vraisemblablcnienl n'y demeurer que le temps nécessaire pour refaire les forces de ses soldats et procéder aux distributions dont le besoin s'imposait. Comprenant que la route de Montmédy était barrée, il n'évaluait cependant qu'à 60 ou 70,000 hommes le chiffre des troupes ennemies massées sur la rive gauche de la Meuse, et par suite était sans inquiétude pour ses derrières,

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