‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 248 sur 262 · Prince Bibesco, loc. cit., page · texte numérisé non relu

Prince Bibesco, loc. cit., page

chef ne parut pas les partager complètement. — « Je ne veux pas m'enfermer dans des lignes, répondit-il; je veux être libre de manœuvrer. » — « Monsieur le maréchal, riposta le général Douay, demain l'ennemi ne vous en laissera pas le

temps \ »

Hélas! il ne disait que trop vrai. Malheureusement le maréchal, obsédé d'espérances chimériques, semblait non seulement croire qu'il avait encore une journée à lui, mais encore qu'il pouvait attendre l'ennemi à Sedan et même y accepter la bataille au besoin'-. Et cependant de graves rumeurs commençaient à circuler.

A cinq heures et demie, dans le cours de la conférence dont il a été question plus haut, le commandant Seigland prit la parole. « 11 donna quelques détails signalés parle général Douay au maréchal, dans un billet apporté, peu auparavant, par le capitaine de Fayet. Vers quatre heures, un ancien militaire, habitant du pays, était venu informer le général Douay que l'ennemi se préparait à passer la Meuse à Donchery, et qu'il y avait là ioiile une année. Nous avions, en effet, distingué au loin, sur la rive gauche de la Meuse, les colonnes prussiennes se dirigeant sur ce point. Alors le général s'était décidé à faire lever son camp établi sur le plateau de Y Algérie, pour le transporter en face de Floing et d'Illy, sur des positions qu'il pressentait devoir être attaquées le lendemain, et il se hâtait de prévenir le maréchal de ses nouvelles dispositions. Toutefois, il faisait observer au commandant en chef de l'armée que sa 1'= division était fort réduite (par suite de la participation qu'elle avait eue à la journée du 30, et de la fausse direction suivie, depuis, par deux de ses bataillons); le 7^ corps allait avoir à occuper une bien grande étendue de terrain pour se relier au reste de l'armée.

« Le maréchal répondit qu'il ne pouvait pas envoyer de troupes au 7° corps et que le général Douay devait prendre des mesures pour occuper tout le plateau, y compris les bois situés au nord-est. Au surplus, il laissait au général toute liberté de se retrancher dans ses positions. — « Telle est l'intention du général, dit l'aide de camp, et s'il n'a pas fait commencer plus tôt les travaux nécessaires, c'est que ses troupes sont arrivées le matin, exténuées par les marches incessantes des jours précédents et de cette nuit. »

« Le maréchal réfléchit alors pendant un instant ; puis, s'adressant au général de Wimpffen dont le corps devait être tenu en réserve sous les murs de Sedan, il lui demanda s'il ne pouvait pas disposer de quelques troupes. Sur la réponse affirmative du général, il fut décidé que la 1™ brigade de la division l'Abadie serait envoyée le lendemain matin, pour relier solidement la droite du 7' corps à la gauche du 1".

« On levait la séance quand arriva un colonel d'infanterie de marine; son régiment occupait Bazeilles, et il venait demander s'il fallait faire sauter le pont. — « Certainement! et tout de suite! » s'écria le maréchal. Alors fut soulevée la question do savoir si les fourneaux de mine avaient ou non été chargés. Le colonel crut pouvoir affirmer qu'ils ne l'étaient pas. Le maréchal dit qu'il en avait donné

\. Prince Bibesco, loe. cit., page 124.

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