Général VraOY, Le Sl^rje de Paris, pap;e
l'ordre formel et qu'on lui avait rendu compte que tout était prêt. Le général Lebrun affirma qu'on lui avait rapporté le contraire.
« Bref, le maréchal congédia le colonel en lui répétant qu'il fallait absolument faire sauter le pont*... )>
Nous avons vu par suite de quelles circonstances ce pont, dont l'ennemi devait tirer un si grand profit, ne fut pas détruit.
12' Corps. — Il était neuf heures et demie du matin environ, quand les divisions Grandchamp et de Vassoigne, du 12° corps, atteignirent Bazeilles. C'était le moment précis où les deux pièces d'avant-garde du I" corps bavarois ouvraient leur feu, des hauteurs de Wadelincourt, sur les troupes de la division Lacretelle (2° division du 12'= corps) qui débouchaient de Douzy. Immédiatement, le général Lebrun fit dire à cette dernière de quitter la route et de se porter par Lamécourt sur Daigny, pour y passer la Givonne. Puis il ordonna au général de Vassoigne d'occuper Bazeilles, et au général Grandchamp de l'appuyer en se portant à sa gauche ^ Tandis que ces dispositions étaient prises, les chasseurs bavarois se portaient sur le village ; la brigade Cambriels, puis bientôt la brigade Martin des Pallières refoulèrent l'ennemi, ainsi que nous l'avons vu précédemment, mais sans lui reprendre le pont'. Le combat s'éteignit bientôt de lui-même, et les troupes du 12° corps s'installèrent au bivouac ; le village de Bazeilles, dont une partie brûlait, fut organisé défensivement.
J3' Corps. — Il nous reste maintenant à parler du 13° corps, destiné, lui aussi, à prendre part à la lutte suprême, mais que des circonstances spéciales ont soustrait à l'anéantissement et à la honte de la capitulation de Sedan. Ce corps d'armée, confié au général Vinoy, l'un des plus glorieux vétérans de Crimée et d'Italie', avait été hâtivement formé à Paris avec deux régiments réguliers, 35" et 42', provenant du corps d'occupation de Rome, et de quatrièmes bataillons pris un peu partout. Il était loin d'être complet, le 31 août, et cependant le ministre de la guerre venait de l'expédier sur Mézières, avec mission d'inquiéter le flanc gauche de l'armée du prince royal de Prusse. Déjà, le 25, sa V division, commandée par le général d'Exéa, avait été dirigée sur Reims, d'où elle expédiait sur Relhel un bataillon chargé de protéger les communications de l'armée de Chàlons. Quant à sa 3' division (Blanchard), elle avait atteint Mézières, avec le général Vinoy, dans la nuit du 30 au rîl. La 2° division, encore trop incomplète, était restée à Paris".